Positionnement politique : Modibo Sidibé doit clarifier…

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Le comportement du parti de Modibo Sidibé prête à confusion. Pendant que Modibo Sidibé semble flirter avec l’ADEMA/PASJ de la majorité présidentielle,  au point d’en être présenté comme le potentiel candidat en 2018, son vice-président, Souleymane Koné, avec ses chroniques intitulées “Mali-Niaiseries” se situe carrément  du côté de l’opposition. Une clarification  est nécessaire pour ce grand commis  de l’Etat qu’est Modibo Sidibé.

Trop d’ambiguïtés tuent l’ambigüité

En Afrique en général, et au Mali en particulier, savoir se positionner de façon à prétendre être à la fois à droite et à gauche, selon la tendance du vent, est considéré comme une intelligence politique.  Cela doit cesser, car il s’assimile à de la malhonnêteté. Disons-nous la vérité. Dans les grandes démocraties reconnues, même en France qui nous sert de modèle, il est rare de voir un homme politique changer de bord du jour au lendemain. Mais au Mali, les plus forts dans cet exercice sont appréciés, et même admirés. C’est ainsi que nous voyons des politiciens qui, il y a peu,  critiquaient de façon acerbe l’actuel président de la République quand il était premier ministre, devinrent ses laudateurs fieffés, avec comme récompense un poste ministériel, sans aucune gêne. Maitre Tall, Choguel, j’en passe. Cela à mon avis ne relève point de l’opportunisme politique, mais plutôt de l’indignité comportementale, qui doit être désormais bannie de notre environnement politique. Les hommes politiques doivent donner l’exemple de probité  et de droiture, s’ils veulent à l’avenir diriger notre pays tant martyrisé.

Modibo Sidibé : un homme d’honneur !

Pour revenir à Modibo Sidibé, pour lequel  j’ai par ailleurs un grand respect, je reste  confus. Comment parvient-il  à la fois à entretenir de bons rapports avec l’ADEMA, normal me direz-vous, mais aussi avec le parti SADI de Oumar Mariko, celui-là même qui a applaudi des pieds et des mains le coup d’Etat contre le Président ATT ? Pour rappel, Modibo Sidibé fut  le directeur de cabinet pendant la transition de 1991 d’ATT, puis ministre. Ministre sous le régime d’Alpha et puis  premier ministre d’ATT. Cela n’est pas normal. Le soutien de Modibo Sidibé au président ATT ne doit à mon avis souffrir d’aucun doute, et doit se manifester ouvertement contre le régime en place, dès lors que ce dernier accuse ATT de haute trahison. La morale politique voudrait, selon mon analyse que lui et son parti, aient  une position claire de soutien à ce dernier, surtout par rapport à l’accusation qui lui est faite d’avoir hautement trahi l’Etat malien. Car  si trahison il y a eu, elle a eu lieu au moment où lui, Modibo,  occupait le poste de premier ministre, donc conducteur de l’action gouvernementale du président ATT. Un peu de gratitude.

Modibo saura clarifier sa position

Mais, depuis un certain temps, surtout après sa prestation à la conférence nationale de l’ADEMA tenue le 27 mars passé, des rumeurs de plus en plus persistantes, l’annoncent encore comme proche de l’ADEMA. Son discours qui fait mention de liens spéciaux entre lui et ce parti de la majorité, est interprété comme  un appel du pied, pour faire de lui tantôt candidat potentiel de ce parti par anticipation, tantôt initiateur d’un pôle de gauche en gestation.  Vrai ou faux ? Cela n’a pas d’importance.  C’est plutôt l’ambiguïté de sa position qui est inquiétante. Modibo Sidibé, à mon avis, doit aujourd’hui se situer du côté de l’opposition qu’anime du reste le vice-président de son parti, Souleymane Koné, ancien ambassadeur en Mauritanie. Il est trop grand pour qu’on ne puisse pas le situer soit dans la majorité ou dans l’opposition. Modibo ne doit pas jouer certains hommes politiques en quête permanente d’opportunité. Il vaut mieux que cela. Modibo Capitaine Sidibé. Il doit en plus montrer un soutien sans faille à l’ancien Président, Amadou Toumani Touré qui lui a permis de gravir  les échelons de la haute administration. La frivolité et le positionnement ambivalent, loin d’être de l’intelligence, sont  plutôt une dépravation de mœurs politiques  qui nous mettent  en retard, car ils  permettent  aux hommes de souffler à droite ou à gauche, le chaud et le froid,  au gré de leurs intérêts personnels. A ce titre,  ils doivent être combattus par les textes qui régissent les partis et la morale politiques au Mali. Et les Fares Anka Wili doivent s’assumer de façon à ce que nous puissions clairement les situer.

Kalifa Gadiaga

Professeur d’Enseignement Secondaire

Columbus Ohio – USA

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3 COMMENTAIRES

  1. Bonjour Monsieur Gadiaga, c’est seulement la preuve que Modibo SIDIBE est un facteur de rassemblement, UN RASEMBLEUR. Chose dont nous avons temps besoins aujourd’hui au Mali.

  2. MONSIEUR GADIAGA, COCERNANT MODIBO SIDIBÉ ET LE SADI,
    ALLEZ VOIR SUR AFRICABLE A L’ÉMISSION** POLITIK** AVEC LE JOURNALISTE BARRY.

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