Transition et perspectives électorales : Tour de chauffe des acteurs politiques à la veille de 2023 ?

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Fortement discréditée depuis le début de cette transition en cours, la classe politique malienne tente, depuis plusieurs mois, de s’organiser pour relever la tête et se lancer dans les futures hostilités électorales.

-maliweb.net- Comme sentant les échéances électorales s’approcher à grand pas (si le pouvoir de Transition veut véritablement tenir parole et respecter l’agenda défini avec les partenaires internationaux du pays), la classe politique malienne commence à se rapprocher du starting block. Ce qui ressemble à une phase d’échauffement des états-majors politiques dans la perspective des élections à venir. Car, en principe, 2023 sera l’année de veille de décisives compétitions électorales prévues en 2024 devant sanctionner cette période transitoire au Mali.

C’est pourquoi, le week-end dernier encore, Bamako a été marqué par la tenue de la conférence nationale de l’ADEMA-PASJ et par le 3ème congrès ordinaire de la CODEM. Par ces assises, ces deux formations politiques d’envergure du microcosme national ont voulu manifesté leur engagement à respecter leurs textes respectifs et alerter les Maliens sur leur volonté à compter dans la gestion du pays, dans les prochaines années. « Malgré le contexte difficile au plan socio-économique, nous voulons marquer notre territoire et nos ambitions », a confié un haut responsable de l’ADEMA-PASJ.  Ce parti, faut-il le rappeler, siège au sein du Conseil national de Transition (CNT) et à des postes clés de cet organe, notamment à travers son président, Marimanthia Diarra et Assarid Ag Imbarcaouane. Ce dernier est même le 1er vice-président du CNT et remplace régulièrement le président du parlement de Transition, le Colonel Malick Diaw lors de plusieurs séances plénières. Ce qui atteste que l’ADEMA-PASJ ne lésinera pas sur les moyens pour adouber le pouvoir militaire de cette transition, afin de se lier dans une alliance devant compter politiquement lors des prochaines échéances électorales. N’est-ce pas cette lecture du contexte politique qui a fait que le parti de l’abeille a pris ses distances du Cadres des partis politiques qui faisait office d’opposition à la transition ? Tout semble l’indiquer. Car l’ADEMA-PASJ s’est toujours affiché comme un parti de pouvoir, qui n’a jamais voulu s’assumer dans une posture de contre-pouvoir ou d’opposition.

Idem pour la CODEM de l’ancien ministre Housseini Amion Guindo dit Poulo, qui a tenu son 3ème congrès ordinaire pour, visiblement attirer l’attention du pouvoir militaire sur sa « force de frappe ». Faut-il rappeler qu’au début de la Transition, le leader de la CODEM s’était fait remarquer par des prises de positions fermes sur un « retour rapide à l’ordre constitutionnel » ? N’avait-il pas été l’un des jeunes leaders à exiger le respect strict du premier chronogramme de 18 mois convenu avec la CEDEAO ? Poulo ne s’était-il pas inscrit dans la posture de la « transition  courte qui est dans l’intérêt même des militaires putschistes » ? Ne sont-ce pas ces prises de positions qui ont pu lui valoir ce qu’il a appelé une tentative d’enlèvement, dont  n’a plus eu de suite judiciaires annoncées ?

Ce qui est sûr, c’est le jeune leader leader du parti de la quenouille tient à montrer aux yeux des populations qu’il est une « alternative crédible » pour la conquête du pouvoir ? Ce qui motive son discours sur les réalités des populations confrontées aux effets pervers de la crise sécuritaire surtout dans la Mali profond.

Par ailleurs, le niveau du thermomètre politique monte dans le pays avec d’autres rencontres dont les visées politiques ne font l’objet d’aucun doute. L’on parle ainsi de tentatives de constitutions de regroupements ou d’alliances électoralistes, dont certaines autour de Moussa Mara de YELEMA, d’Aliou Boubacar Diallo de l’ADP-Maliba, de Modibo Sidibé des FARE Anka Wuli, etc.

Au même moment, les leaders du Cadre des partis et regroupements politiques pour un retour à l’ordre constitutionnel s’active dans des concertations tous azimuts pour mettre sur pied une plateforme de vigilance et de défense des intérêts du peuple malien. C’est dans ce sens que des réunions politiques de jour que de nuit se multiplient pour occuper le terrain et se préparer dans la perspective des prochaines élections générales.

Donc, après l’accalmie des deux premières années de cette Transition, le réveil semble sonner pour le landernau politique en vue du positionnement pour la conquête du pouvoir. Une équation qui ne sera pas facile à résoudre, tant les nouvelles autorités voudraient influer d’une manière ou d’une autre sur les prochains scrutins décisifs, comme l’élection présidentielle de février 2024.

Boubou SIDIBE/ maliweb.net

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