US-RDA : Les conservateurs persistent et signent

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Lors d’un point de presse, des anciens dignitaires de l’Union soudanaise RDA ont réitéré leur opposition à la fusion de mai 2010 ayant donné naissance à l’UM-RDA, et ont exprimé leur fidélité aux idéaux des devanciers Modibo Keïta et Mamadou Konaté.

On se rappelle de ce 2 mai 2010, où d’anciens membres du bureau national de l’US-RDA, du BDIA Faso Jigui, du MJT et de l’UDC, ont décidé de fondre leurs partis pour donner naissance à l’UM-RDA Faso Jigui.

L’aventure, qui n’était pas du goût d’une importante partie des cadres et membres du parti de l’indépendance, avait créé un vif débat dans les milieux politiques. Plus d’un an après, les conservateurs ne semblent pas lâcher leur position. Et pour eux « l’US-RDA reste et restera ». Ils l’ont fait savoir ce samedi au Carrefour des jeunes de Bamako à la faveur d’un déjeuner presse qui a regroupé plusieurs « anciens » de l’US-RDA.

Dans une déclaration rendue publique, les conservateurs estiment que le processus qui a conduit à la création de l’UM-RDA est « une violation flagrante des textes et principes qui régissent le parti. En clair, « le bureau de l’UM-RDA, mis en place à l’issue des assises de mai 2010, est illégal et illégitime », a assené Drissa Diarra, membre de la section US-RDA de la commune IV et du bureau national. D’entrée de jeu, le responsable politique a déclaré à la presse que « cette situation a été fomentée pour liquider le parti, et a occasionné une paralysie dans le fonctionnement normal des structures ». Cependant, révèle la déclaration lue par ce dernier, l’US-RDA reste grâce à « la loyauté, à la fidélité et au dévouement » à l’esprit du parti conçu et défendu par les devanciers Modibo Keïta et Mamadou Konaté. Appelant à la vigilance au seuil des échéances électorales à venir dans notre pays, les conservateurs diront que l’UM-RDA Faso Jigui ne peut agir au nom de l’US-RDA. « Il faut être atteint de cécité politique pour imaginer la disparition de l’US-RDA. Ce grand parti, qui a donné à ce pays son indépendance, demeurera historiquement et politiquement pour le passé, le présent et le futur » a déclaré Drissa Diarra.

 

« …Nous attirons l’attention des autorités en charge de la gestion des partis politiques sur ces quelques aspects contraignants afin qu’elles puissent éviter de tomber dans le piège qui sous-tend ce simulacre de création » assène la déclaration.  Les autorités sont invitées à n’être pas « les complices » d’une situation qu’ils jugent décrédibilisant pour les principes démocratiques dans notre pays ». « Le RDA n’est pas à partager et ne saurait être partagé » précisent les conservateurs. Qui rappellent que le parti  « ne peut être dissout que par le congrès convoqué à cet effet en session extraordinaire ». « La dissolution, stipule le dernier article des statuts et règlements du parti, est prononcée à la majorité des deux tiers des membres du bureau national et des deux tiers des sections du parti ». « En cas de dissolution, les biens de l’US-RDA sont dévolus à un organisme ou toute autre structure poursuivant les mêmes objectifs. Cette structure sera désignée par le congrès qui aura décidé de la dissolution. Aucun congrès n’ayant été tenu à cet effet, le parti n’est pas dissout et aucun bien n’a été dévolu. En clair, tranche les conservateurs, les textes issus du 9ème congrès ordinaire tenu en 2006 demeurent en vigueur ».

Le déjeuner de presse du samedi a été l’occasion pour les conservateurs d’annoncer la prochaine conférence nationale, devant préparer le 10ème congrès du parti prévu très prochainement. Comme pour dire que le projet de reconstitution de la « grande famille US-RDA » reste une utopie.

 

Issa Fakaba Sissoko

 

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