Aide à la presse : Les responsables de la faîtière sur leur pied de guerre

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Les responsables des faîtières de la presse ont organisé une assemblée générale mercredi dernier (29 septembre 2021) pour dénoncer sa marginalisation par les pouvoirs publics. C’était à la Maison de la presse.

Deux cents à 300 millions de F CFA ! La portion congrue réservée à la presse par les dirigeants du pays en guise d’aide. Une somme modeste que devaient se partager 210 organes de presse en 2019 par exemple. Sauf que cela fait trois ans que l’Etat n’honore pas cet engagement. «Depuis 3 ans aucune aide n’a été octroyée à la presse par les autorités publiques…», a dénoncé Boubacar Kanté, vice-président de l’Association des éditeurs de presse privée du Mali (ASSEP).

Et cela au moment où les médias privés subissent de plein fouet les effets de la triple crise sécuritaire, sanitaire et politique. Et malgré tout, ces organes doivent aussi faire face à la redevance audiovisuelle, du payement du droit d’auteur… C’est donc un véritable cri de cœur que les organisations professionnelles ont lancé mercredi dernier autour du président de la Maison de la presse, Bandiougou Danté. Aujourd’hui, la presse malienne est confrontée à d’énormes difficultés, selon ses responsables qui ont mis en évidence des préoccupations comme le non renouvellement du bureau de la Haute autorité de la communication (HAC)…

«La presse fait face à de multiples difficultés dont la Covid-19 qui fait que les radios et les télévisions ont du mal à engendrer des recettes. Au même moment, il leur est exigé de payer des taxes, des redevances, des impôts. Il est donc capital que les autorités trouvent des mesures politiques pour permettre à la presse de survivre», a martelé  le président de la Maison de la presse. «L’audiovisuel fait face à trois contraintes. Le processus de Transition vers le numérique pour les télévisions et les radios est interrompu. Des dispositions avaient été prises pour aller vers le numérique et abandonner l’analogique et permettre à ces entités de vivre. Parmi ces dispositions figure le droit d’auteur qui réclame 5 millions de F Cfa aux télévisions alors qu’il y a des chaînes qui ont des thématiques différentes. Elles ne diffusent ni musique ni film. Alors pourquoi leur envoyer des factures ?», s’est interrogé Almamy Samory Touré, représentant des diffuseurs télévisuels.

«La survie de la presse est aujourd’hui menacée»,  a alerté Boubacar Kanté de l’ASSEP. «Les médias souffrent des effets néfastes de la Covid-19, de la crise sécuritaire, de la vie chère…», a-t-il ajouté. «La qualité et l’objectivité de l’information reflètent aujourd’hui les conditions précaires dans lesquelles le métier est pratiqué au Mali», a déploré Mme Ramata Dia de Finza Radio. Si elle a invité ses confrères et ses consoeurs à plus de professionnalisme, elle a également réclamé à l’Etat des mesures d’accompagnement comme la baisse des tarifs d’électricité.

Quant à Chahana Takiou du Groupe patronal de la presse écrite (GROUPE), il a plaidé pour que l’aide à la presse soit indirecte. «Cette aide indirecte pourrait être une baisse des tarifs de la connexion Internet (750 mille Fcfa/mois en moyenne pour une rédaction) et bien d’autres», a précisé Modibo Fofana de l’Association professionnelle de la presse en ligne. Il a aussi insisté sur la nécessité de définir un modèle économique pour la presse en ligne à l’instar des pays de la sous-région. Jugée liberticide par certains professionnels des médias, la loi sur la cybercriminalité était aussi au cœur des échanges.

Au cours de l’Assemblée générale du mercredi dernier, Bandiougou Danté a annoncé la mise en place prochaine d’une Convention collective qui doit unir un organe et son journaliste afin de bénéficier de la protection sociale. La fameuse Convention collective ! Toujours annoncée, mais jamais mise en œuvre parce qu’ils sont nombreux ceux qui n’y gagnent pas leur compte !

Abdoulaye Maïga

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