Le Mali face au COVID 19 : Sommes-nous à la hauteur ?

09 Avr 2020 - 07:56
Mis à jour: 7 ans
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Le Mali face au COVID 19 : Sommes-nous à la hauteur ?
Moussa Mara
Dernier Chapitre : Volets économique, institutionnel et politique La riposte face au coronavirus COVID 19 nous impose de changer de paradigme car la menace est d’une dimension non égalée jusqu’à présent. Il n’est pas possible d’aborder la question avec les outils du passé et selon une organisation classique. C’est pourquoi il est impératif que nos moyens institutionnels soient revus. La lutte doit avoir un visage et une voix et ne peut être portée que par les premiers responsables de l’Etat. Le Chef de l’Etat et son Premier ministre doivent être à l’avant-garde de la guerre. La menace n’est pas seulement sanitaire. Elle impacte notre économie, nos modes de vie, nos relations socioculturelles et les fondements même du pays comme cela est visible ailleurs. Les premiers responsables doivent occuper le front de la lutte et engager ainsi l’ensemble des moyens administratifs, logistiques, financiers disponibles pour y faire face. Ils doivent reconfigurer l’appareil étatique pour le mettre selon un mode permettant une réponse multidimensionnelle face à la pandémie. Aucun secteur ni domaine ne sortira indemne de la situation actuelle. Les responsables publics, au-delà des questions urgentes, doivent s’organiser, au niveau de leur périmètre, pour répondre aux défis à moyen et long terme auxquels il faudra faire face dans les mois et années à venir du fait de cette crise. Par exemple, un Ministre sectoriel, outre la mise en place de dispositifs de protection et de riposte propres à son secteur, doit d’ores et déjà anticiper les impacts de cette crise sur ses politiques, stratégies, projets et programmes sectoriels et organiser les inflexions indispensables à apporter. Chaque responsable public doit se convaincre de mener cet exercice. De manière fonctionnelle, pour des besoins de coordination, il est souhaitable qu’une instance appropriée, représentative, dotée des moyens institutionnels appropriés, soit mise en place. Elle doit bénéficier des éclairages scientifiques indispensables d’experts aux compétences variées (santé, économie, société…) et à l’indépendance incontestable. Elle doit également se fonder sur une stratégie de communication cohérente, véridique et appropriée. La reconfiguration du sommet de l’Etat créera un mouvement de fond qui irriguera l’ensemble du pays et pourra gérer toutes les dimensions de la riposte telles que présentées dans les deux précédents chapitres de la présente contribution. Il devra également accorder la plus grande attention à la dimension économique de la crise et mettre urgemment en place, comme sous d’autres cieux, des mesures significatives de soutien aux acteurs économiques. Le soutien aux entreprises est incontournable pour éviter aux pays un désastre économique en écho aux difficultés sanitaires. Ces mesures peuvent porter sur le report des échéances fiscales, des aides ciblées aux secteurs les plus fragiles ou encore le versement de subventions orientées afin de donner de l’oxygène aux entreprises et leur permettre de fonctionner. Les autorités doivent travailler de concert avec le patronat qui a déjà formulé des propositions dans ces sens. Les mesures économiques compléteront les initiatives sanitaires ou sociales pour donner un contenu à un véritable « Plan Marshall » pour le Mali face à la crise du COVID 19. Des pays voisins nous ont déjà devancés en la matière. Il est impératif de produire ce plan, lui trouver les financements appropriés et le conduire de manière diligente et dans une transparence absolue. 2   Nos autorités doivent apprécier la possibilité de mutualiser les besoins des pays africains à l’échelle de l’UEMOA, de la CEDAO voire de l’Union africaine pour en rechercher le financement. Cela facilitera les négociations avec les partenaires afin d’obtenir les subsides, qu’ils soient sur une base bilatérale ou à l’échelle multilatérale (la Banque Mondiale, la Banque Africaine de Développement qui a levé un emprunt de 3 milliards de dollars pour aider l’Afrique ou encore l’Union européenne, etc.). Ensemble, nous serons plus efficaces pour négocier la possibilité d’orienter les fonds disponibles vers l’urgence liée au COVID 19. En tout état de cause, le Mali doit se situer à l’avant-garde de ce processus tout en engageant des initiatives bilatérales vers toutes les options disponibles. Notre plan doit être exhaustif dans l’identification des besoins immédiats, à court et moyen terme du pays. Ce qui lui permettra de résister et d’être ensuite en mesure de relancer l’économie vers la fin de l’année 2020. Le Secrétaire Général des Nations Unies estime qu’un plan de cette nature devrait atteindre 10% du PIB pour être véritablement efficace. A notre échelle, cela se traduira par un besoin global d’au moins 1000 milliards de FCFA, soit très loin des 6 milliards de FCFA dégagés par l’Etat ! Il nous faut urgemment changer de dimension et nous organiser en conséquence. De manière tout aussi urgente, à l’instar des Seychelles, un collectif budgétaire pour adapter les prévisions de 2020 paraît incontournable. Nous devons impérativement revoir les dépenses à la baisse, scruter tous les postes pour faire des économies en ne sanctuarisant que la sécurité et la santé. Les économies réalisées pourront servir la cause de la riposte et convaincre nos partenaires des efforts que nous faisons sur nous-mêmes d’abord avant de leur demander d’en faire pour nous assister. La baisse importante des cours du pétrole fera réaliser des économies importantes pour les finances publiques maliennes qu’il convient d’orienter vers la lutte contre les effets du COVID 19. Compte tenu du caractère exceptionnel de la situation, les autorités doivent apprécier la prise de mesures institutionnelles pour accompagner les changements importants à l’organisation et au fonctionnement de l’Etat. Il existe la possibilité d’utiliser les dispositions des articles 49 ou 50 de la Constitution, prolongées par la Loi 2017 055 du 6 novembre 2017 et le décret qui institue l’Etat d’urgence, pour mettre en évidence la menace existentielle que cette pandémie constitue pour le pays afin de mobiliser toutes nos énergies. Nous pouvons également relire le décret qui instaure l’Etat d’urgence afin de le renforcer et faire les adaptations législatives et règlementaires nécessaires pour orienter le Mali entier contre ce mal et ses conséquences. Il apparaît évident dans ce contexte que le processus des élections législatives devrait être suspendu en attendant des moments plus favorables. Il n’est pas cohérent d’envisager des mesures urgentes et de laisser se dérouler des élections comme si de rien n’était. Le chef de l’Etat et son équipe doivent engager l’ensemble national dans la riposte multidimensionnelle face au nouveau coronavirus. Ils en ont les moyens. La question essentielle est de savoir s’ils ont mesuré l’ampleur des défis ou encore la profondeur de la menace. L’histoire nous le dira. Moussa MARA www.moussamara.com

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Commentaires (12)

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kabako12
kabako12 7 ans
QUE DEVONS NOUS FAIRE ? 1. On aurait pu savoir que, comme d'habitude, nous nous réfugions très souvent, derrière la pauvreté pour justifier l'incapacité de nos dirigeants. 2. On aurait pu anticiper en mettant en quarantaine, tous voyageurs rentrés au Mali, en provenance des pays à risques, dès le début de la pandémie. Mais qu'est-ce que nos autorités ont dit pour cela ? Qu’ils n’ont pas les moyens de mettre en quarantaine (14 jours), une quarantaine de milliers de personne. 3. On aurait pu estimer, à combien ça coûte, la prise en charge des malades de Covid-19 et les conséquences économiques que cette épidémie va demander comme ressources financières ? Si jamais, la maladie devrait s’installer durablement, Que Dieu nous en garde. Amin ! 4. On se rappelle que, le Président de la république (IBK) a déjà promis 6 milliards f CFA. On aurait pu savoir que ce montant aurait suffi pour mettre en quarantaine les quelques voyageurs et traités éventuellement les cas qui seraient rentrées à partir des frontières poreuses. 5. On aurait pu se rappeler que, malheureusement, nos dirigeants sont atteints d'une épidémie de complexe d'infériorité, vis à vis du colonisateur, qui frappe leur système humanitaire de gestion, les obligeants à ne pas adopter une mesure que l'occident n'a pas appliquée. 6. On aurait pu savoir l'erreur fatale commise par l’occident qui n’est autre que, le manque de solidarité envers la chine et surtout le rappel de leurs ressortissants de Wuhan (zone infectée), dans leur pays respectifs, sans prendre des dispositions sanitaires contre l'arrivée de ces personnes. Et aujourd’hui, l’humanité est en train de payer à coût de vie humaine cette mesure inappropriée. C’est malheureux. 7. On aurait pu savoir que, nos dirigeants ont suivi les mesures, appliquées par l’occident sans chercher à comprendre si elles sont adaptées à nos réalités. tout simplement, parce qu’ils sont incapables de réfléchir par eux-mêmes pour apporter des solutions innovantes et adaptées aux conditions de vie de notre société. 8. On aurait pu savoir que nous n’avons pas les moyens de gérer les conséquences économiques d’une telle crise si elle devrait durée dans le temps. Alors, nous devons redoubler d’efforts pour la prévention. 9. On aurait pu savoir que toute crise est douloureuse surtout une crise sanitaire qui occasionne des pertes en vie humaine telle Covid-19. Mais, à côté de ces pertes, on peut être pragmatique et travailler à transformer cela en avantage. En analysant les échecs pour améliorer les points faibles et combler le vide. 10. On aurait pu savoir qu’une chose est sûre, c’est que la maladie à Covid-19, a relevé la nécessité d’une expression de solidarité entre Pays développés et pays pauvres, entre riches et pauvres, entre dirigeant et dirigés, etc… 11. On aurait pu savoir que, le sentiment de peur, d’angoisse, d’inquiétude, est le bien le plus partagé entre les citoyens du monde quel que soit son rang social. Aucun lieu où Pays n’est plus sûr qu’un autre. Cela pourrait offrir une opportunité à nos dirigeants (Maliens) d’investir l’argent public dans le développement des infrastructures sanitaires, éducatives …. Pour le bien-être collectif. 12. On aurait pu savoir que, soixante ans d’indépendance dont les trente dernières années ont été marqués par la mauvaise gouvernance, les détournements des deniers publics, le népotisme, le clientélisme, la précarisation et l’appauvrissement de la population par ses dirigeants, l’absence des soins de santé de qualité, aux populations défavorisées, le manque ou la destruction du système éducatif du fait de l’application des mauvaises politiques publiques sectorielles. 13. On aurait pu savoir que pendant l’ère démocratique, la conquête et l’exercice du pouvoir ont été placés sous la vocation d’assouplir les désirs des politiciens, qui pensent que le développement personnel passe avant celui du Pays. 14. On aurait pu savoir que les démocrates Maliens pillent les ressources financières du pays pour envoyer leurs enfants étudiés à l’étranger et pendant ce temps, ils empêchent les enfants de ceux-là mêmes qui les font élire, d’étudier dans le pays, en privant les pauvres enseignants des droits élémentaires pour l’exercice de leur fonction, les obligent d’aller en grève, parfois sans limite. 15. On aurait pu savoir que les démocrates Maliens et les membres de leur famille, quand ils tombent malade, partent se soigner à l’étranger et pendant ce temps, les citoyens lambda qui tombent malades dans le pays, meurent dans des maisons closes érigées en hôpitaux dépourvus de tous les moyens (humains et matériels). 16. On aurait pu savoir qu’aujourd’hui, la maladie à coronavirus est venue rappeler, la nécessité de changer de paradigme, d’adopter une gouvernance transversale donnant à chaque citoyen les mêmes droits vis-à-vis du bien commun. 17. En fin, il ne me reste plus qu’à demander aux populations Maliennes, malgré nos connaissances sur l’incapacité et l’incompétence
KONE31
KONE31 7 ans
....Aucun état n'est à la hauteur mêmes les grandes puissances. La seule solution est le respect des consignes. Restez à la maison reste le meilleur remède.
KONE31
KONE31 7 ans
....Aucun état n'est à la hauteur mêmes les grandes puissances. La seule solution est de restez à la maison.
LE ROI BITON DE SEGOU
LE ROI BITON DE SEGOU 7 ans
Pkagame, je suis d'accord avec vous pour dire qu'il faut donner de la nourriture et de l'argent aux maliennes et aux maliens. Cependant, il faut trouver la reponse a' chacune des questions suivantes: 1- Quels sont les mecanismes qui permettront l'existence d'un fonds specialde lutte contre corona virus? En d'autres termes, d'ou' viendra l'argent? Le Mali appartient a' la zone FCFA. Les pays de cette zone et la France doivent donc faire des negociations qui aboutiront a' l'existence d'un fonds special pour lutter contre coronavirus! Je tends a' croire qu'on parle de plusieurs milliers de milliards de FCFA!!!!!! 2- Comment allez-vous determiner la part de chaque famille malienne. En d'autres termes, est-ce qu'une famille pauvre qui a 12 enfants aura le meme montant d'argent qu'une famille riche qui a 12 enfants? 3- Est-ce que les etrangers qui vivent au Mali recevront la meme aide que les nationaux maliens? 4- Allez-vous creer un autre fonds special qui permettra aux petites entreprises de reprendre normalement leurs activite's apres la pandemie? 5- Est-ce que les fonctionnaires de l'etat qui beneficient normalement de leurs salaires, doivent aussi beneficier du fonds special? 6- Qui seront responsables de la bonne gestion du fonds special? Un conseil d'administration compose' de personnes tres honnetes ou des fonctionnaires corrompus? 7- Quel departement ministeriel supervisera le tout? IL FAUT ABSOLUMENT FERMER TOUS LES ETABLISSEMENTS SCOLAIRES JUSQU'A' LA FIN DE LA PANDEMIE!!!!!! Avez-vous pense' a' mettre a' la disposition de chaque enfant les materiels scolaires dont il/elle a besoin pour le reste de l'annee' academique? LES AGENTS DE LA SANTE' SONT LES SOLDATS DE CETTE GUERRE!!!!! Qu'avez-vous fait pour les preparer sur tous les plans a' lutter contre cette pandemie? En d'autres termes, ont-ils tous les equipements necessaires pour accomplir leur mission? QUELS MARCHE'S SERONT OUVERTS POUR QUE LES GENS PUISSENT FAIRE LEURS ACHATS? COMMENT LESDITS MARCHE'S SERONT ORGANISE'S? QUEL EST LE PLAN POUR LES POPULATIONS INNOCENTES QUI VIVENT DANS LE NORD ET LE CENTRE DU MALI ET QUI FONT FACE AU TERRORISME EN CE MOMENT MEME? EN D'AUTRES TERMES, QUEL EST LE PLAN POUR LUTTER CONTRE CORONA VIRUS AU NORD ET AU CENTRE DU MALI? Pkagame, les choses sont un peu plus complique'es qu'on ne les pense. Je vis aux USA depuis plus de 30 ans, JE N'AI JAMAIS VU UNE SITUATION COMPARABLE A' CELLE QUE NOUS VIVONS AUJOURD'HUI. L'AMERIQUE A LES MOYENS POUR S'EN SORTIR ET JE SUIS CONFIANT QUE DANS PEU DE TEMPS, CORONAVIRUS SERA VAINCU DANS MON PAYS D'ADOPTION! JE M' INQUIETE BEAUCOUP POUR LES PAYS AFRICAINS PARCE QUE JE SAIS QUE LEURS MOYENS SONT TRES LIMITE'S!!!! ALLAH KA BE' KISSI!!!
COCO
COCO 7 ans
?????????????????????????? ECHOS MEDIAS N 053 DU JEUDI 9 AVRIL 2020 —AFFAIRE BMS ACI —–VERIFICATEUR —–S.I.C.G MALI L AFFAIRE DU CORBEAU REFAIT SURFACE APRES 15 ANS … ARTICLE ! ! ! ???????????????????
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