Lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle : 204,84 millions d’Euros pour juguler le phénomène dans le Sahel

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Le ministère du développement rural a organisé, le mercredi 16 décembre 2015 au CICB, l’atelier de lancement du Projet 1 du programme de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au sahel (P2RS). Le programme est financé à hauteur de 204,84 millions d’Euros. La cérémonie d’ouverture était présidée par Dr. Bocary Tréta, le ministre du Développement Rural, en présence du ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique, de la représentante résidente de la Banque Africaine pour le Développement (BAD), Mme Ganga Hélène N’Garnim.

Le but de ce projet est d’éradiquer les causes structurelles des crises  alimentaires et nutritionnelles aigues et chroniques en aidant les ménages vulnérables à accroitre leurs revenus, à accéder aux infrastructures et aux services sociaux de base, et à construire un patrimoine permettant de renforcer durablement leurs moyens d’existence. Ainsi, il concerne l’ensemble des pays membres du CILSS et sera mis en œuvre en quatre phases de cinq ans. La première phase du programme concernera, en termes d’investissement, les sept pays sahéliens les plus affectés par les dernières crises(le Mali, Burkina, Gambie, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad). Cependant, la composante régionale bénéficiera aux 13 pays membres du CILSS. Dans son discours, le ministre du Développement a déclaré que le projet a pour objectif de contribuer à la réduction de la pauvreté et à l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel et que son objectif spécifique est d’accroître, sur une base durable, la productivité et les productions agro-sylvo-pastorales et halieutiques au Sahel. Le coût total du projet 1 du P2RS, est estimé à environ 204,84 millions d’Euros, son financement sera assuré respectivement par le FAD XIII sous la forme de dons et de prêts, à hauteur de 85 % du coût du programme ; les gouvernements des sept pays, le CILSS et les populations bénéficiaires à 15 %. Les ressources du FAD financeront plus de 90 % des dépenses d’investissement (Travaux, Biens, Services) et des charges de fonctionnement. Pour le Mali, le coût du Projet est estimé à 31,94 milliards de F Cfa. Ce coût est reparti entre un prêt et un don FAD soit au total 27,15 milliards de F Cfa soit (85 %), le Gouvernement du Mali pour 4,14 milliards de FCfa soit (13 %) et les bénéficiaires 650 millions de F Cfa soit 2 %. La mise en œuvre du projet permettra à terme de réduire le taux de prévalence de la malnutrition aigüe et de la ramener à 9 %, de même que les taux de malnutrition chronique et d’insuffisance pondérale pour les réduire respectivement à 25 % et 16 %. Le projet va également permettre d‘améliorer les conditions de vie de plus de 600 000 personnes dont 51 % de femmes et prendra en compte les systèmes endogènes de solidarité et des dispositifs de protection sociale qui seront renforcés par l’Etat et les autres partenaires. La Représentante résidente de la BAD, Mme Ganga Hélènee N’Garnim a souligné que la contribution de la BAD dénote, une fois de plus, son engagement en faveur du développement économique et social du Mali en général et à la transformation de l’Agriculture en particulier. Selon la représentante, la récurrence des crises alimentaires dans le sahel invite à investir plus et mieux dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle pour renforcer la résilience des ménages vulnérables.

Ousmane Baba Dramé

 

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