Déclaration du POCIM N°001/08/2020 : Sur le retour à la normalité Constitutionnelle en République du Mali

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Les organisations de la société civile malienne, membres du Pool d’Observation Citoyenne du Mali (POCIM) expriment leurs vives préoccupations face aux derniers développements de la crise sociopolitique du Mali remettant en cause la maturité démocratique du Mali et pouvant conduire à un impact négatif sur la paix et la stabilité du pays et de toute la sous-région ouest africaine.

Le POCIM prend acte de la démission du Président de la République avec ses conséquences de droit, en date du 18 août 2020. Il réaffirme son attachement à la Constitution du Mali du25 février 1992, à la Déclaration de Bamako de 2000, au Protocole additionnel de la CEDEAO de 2001 sur la Démocratie et la Bonne Gouvernance et à tous les autres instruments juridiques nationaux et internationaux auxquels le Mali a souscrit.

Le POCIM, dans son rôle de contrôle citoyen, d’alerte et d’observation, n’a jamais cessé de produire des recommandations sur les faiblesses des Institutions de la République, les manquements à la gouvernance démocratique et les insuffisances des élections inclusives et crédibles, notamment :

le prolongement, depuis 2012, des mandats du Haut conseil des collectivités territoriales, des conseils de cercles et des conseils régionaux, au détriment de l’alternance politique ;

le renouvèlement du mandat des conseillers communaux en novembre 2016 au lieu du mois d’avril 2014, au détriment du respect des élections à date,

la non tenue, depuis 2016, des élections communes dans plus de 50 localités du Nord ;

la prolongation par deux fois du mandat des députés au Mali en 2018 et 2019, en violation flagrante de la Constitution;

l’immixtion du pouvoir exécutif dans le choix des organes dirigeants du pouvoir législatif en 2020, en violation des principes de l’Etat de droit et de la séparation des pouvoirs.

Le POCIM invite tous les acteurs politiques, civils, religieux et traditionnels à privilégier le dialogue, l’échange et la concertation inclusive et responsable comme mode de règlement pacifique du retour à la normalité constitutionnelle autour d’un consensus politique.

Le POCIM incite le Comité National de Salut du Peuple à la libération sans délai du Président Ibrahim Boubacar KEITA, du Premier ministre, des ministres et autres hauts gradés.

Le POCIM exhorte le Comité National de Salut du Peuple à transférer, dans les plus brefs délais, le pouvoir aux civils en créant un cadre de concertation à travers lequel seront désignés le Président de la transition, un premier Ministre de consensus et un Gouvernement, formé majoritairement de technocrates, pour conduire les réformes électorales et institutionnelles appropriées.

Le POCIM encourage l’ensemble des parties prenantes à tout mettre en œuvre pourla libération immédiate de l’honorable Soumaila Cissé et de toutes les personnes aux mains des groupes armées terroristes, la sécurisation pleine et entière du territoire malien par les Forces armées et de sécurité et le retour de l’administration dans toutes les localités où elle est absente.

Le POCIM est disposé à mettre son expertise politique et institutionnelle en gouvernance, démocratie et élections afin de trouver une issue aux réformes combien importantes pour la paix, la démocratie, la gouvernance et la stabilité du Mali et de la sous-région.

Enfin, le POCIM demeure mobilisé pour suivre l’évolution du contexte politique, social, sécuritaire et économique à travers ses observateurs déployés sur l’ensemble du territoire national.

Bamako, le 19 août 2020

Le Chef de mission

Dr Ibrahima SANGHO

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7 COMMENTAIRES

  1. Merci Sangho. Pocim et COMED oeuvrent a la réussite des élections au Mali depuis des années. CEDEAO au nom de sa crédibilité doit rétablir IBK car démission sous menace. Ces mutins populistes et officiers félons sont une honte pour le Mali. Point.

  2. La Cedeao doit rétablir IBK si elle est crédible. Cat IBK n’a pas démissionné. Il a été menacé. Ces mutins sont la honte du Mali. Point.

  3. La cedeao doit rétablir ibk à son poste.cail ête forcé de démissionner. Point. Ces militaires populistes sont la honte du Mali.

  4. Merci au POCIM mais, pour le moment, nous n’avons pas besoin d’eux. A peine 1 jour, vous commencez à vous ne manifestez rien que pour avoir des postes. Autant tout ce que vous dites est vrai, autant il faut laisser le temps de réflexion à nos militaires pour prendre des décisions irréprochables. Le vent du changement a changé et nous n’avons pas besoin davantage de demandeurs d’emploi ou de position. Merci POCIM. Point final.

  5. C’est quoi encore cette association où je ne sais quoi de merde appelée POCIM. Ils n’ont qu’à monter à Kati pour aller dire ça aux militaires s’ils ont des couilles. C’est plus court comme chemin et direct d’aller voir les militaires et leur faire vos revendications.

    • Démission forcée ou volontaire, sale temps.
      Les retombées seront très dures sur le plan juridique et économique.

      Let’s wait and see.

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