Détention du général Sidi Alassane Touré : Le ministre de la Justice s’oppose à sa libération provisoire

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Mohamed A Bathily, ministre de la Justice, Garde des sceaux
Mohamed A Bathily, ministre de la Justice, Garde des sceaux

L’empressement du ministre de la Justice à mettre en prison le général Sidi Alassane Touré, ex-directeur général de la Sécurité d’Etat, commence à montrer ses failles. Mais le sulfureux Bathily demeure coi.

C’est le président IBK qui l’a promu au grade de général avant de le remplacer à la tête de la Sécurité d’Etat par Moussa Diawara.  Le général Sidi Alassane Touré, ex-directeur général de la Sécurité d’Etat, a été  inculpé et placé en détention par le juge d’instruction Yaya Karembé. Depuis le mois de février 2014.  À la lumière des investigations que nous avons menées auprès de sources proches du dossier, les réactions de la plupart des médias à cette arrestation paraissent rétrospectivement bien excessives, voire carrément hors sujet. Car, tout au long des multiples interrogatoires, aucun accusé n’a chargé le général Touré qui se trouve en prison à travers un coup monté par le ministre de la Justice, Mohamed Aly Bathily. Le même ministre s’oppose à toute liberté provisoire dont le général Touré aurait dû bénéficier en avril dernier.

Mohamed Aly Bathily a monté de toutes pièces une accusation contre le général Touré, qui serait à la base de l’élaboration d’une loi d’amnistie pour le général Haya et compagnons accusés dans l’affaire des bérets rouges. Mais le ministre défenseur des bérets rouges veut simplement se venger du général Sidi Alassane Touré. De mensonge en mensonge, de montage en montage, il se rend compte qu’il a emballé toutes les autorités dans cette affaire.

Des raisons qui ne tiennent plus 

Aux premières heures de son arrestation, on disait que le général Sidi Touré était mis en cause par le magistrat à cause de son implication supposée dans les deux conflits majeurs survenus entre militaires depuis le coup d’Etat du 22 mars. Il s’agit de la tentative de contre-coup d’Etat du 30 avril 2012, perpétrée par des soldats bérets rouges, et la mutinerie du 30 septembre 2013, imputée à des militaires proches de la junte. Aujourd’hui, tout le monde voit la réalité. Les faits sont têtus, mais ce sont les faits.

Mais, avant de revenir aux supputations et conjectures sur l’implication ou non de l’officier général dans ces événements regrettables, il importe de souligner que sous la transition et en raison de l’occupation jihadiste du pays, les missions de la Sécurité d’Etat n’avaient qu’un lointain rapport avec les luttes de pouvoir qui sévissaient à Bamako. Elles étaient tournées vers la coopération avec les pays voisins et étrangers, en particulier ceux du «Champ», pour juguler les menaces afin de réaliser les deux objectifs prioritaires alors fixés par les autorités : rétablir l’intégrité territoriale et réussir l’organisation d’élections libres et démocratiques pour le retour à l’ordre constitutionnel.

De fait, l’agenda du général Sidi Alassane Touré suffit amplement à battre en brèche la thèse de son éventuelle implication dans les affrontements militaires précités. D’abord les événements du 30 avril 2012. À cette date, le général Sidi Alassane Touré participait à Alger à une réunion de responsables et experts du renseignement sur la sécurité dans les pays du «Champ», c’est-à-dire ceux qui sont directement exposés au terrorisme dans la zone sahélo-saharienne. Le haut gradé était arrivé la veille dans la capitale algérienne en provenance de Bamako. Il ne reviendra à Bamako que plusieurs jours plus tard, via Paris.

La mutinerie du 30 septembre 2013

Convaincu qu’il n’a rien à voir ni avec les crimes commis au lendemain du 30 avril 2012, ni avec la mutinerie du 30 septembre 2013 et que l’instruction donnera au magistrat instructeur de se faire rapidement une religion sur cette question, le général Touré a d’ailleurs récusé l’un de ses  avocats, qui s’était également constitué pour d’autres personnalités poursuivies dans le cadre de ces deux affaires. La raison de cette décision est simple : l’ancien directeur de la Sécurité d’Etat, estimant que sa situation personnelle est foncièrement différente de celle de certains protagonistes des situations de crise précitées, a tenu à remettre les pendules à l’heure. En décidant de se séparer de cet avocat, l’officier général avait à cœur d’éviter tout amalgame et de dissiper tout malentendu. Son cas n’est en effet ni comparable ni semblable  à ceux des accusés plus directement concernés par le déroulement des faits ayant motivé les poursuites pénales actuelles. On ne saurait lui donner tort : car le fait d’être défendu par le même avocat que des accusés plus directement concernés par la gestion des événements précités reviendrait pour Sidi Touré à participer à la confusion ambiante qui s’est installée à propos de son arrestation. Nul doute que les interrogatoires de fond à venir permettront au juge en charge du dossier de se rendre compte de l’évidence, et de prendre en la faveur de cet officier discret et méritant les mesures qui s’imposent.

Magistrat réputé pour sa quête de vérité et son souci du respect scrupuleux du droit, le juge Karembé saura certainement rendre à César ce qui appartient à César, en mettant définitivement hors de cause l’ancien directeur général de la Sécurité d’Etat.

Sinaly KEÏTA

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6 COMMENTAIRES

  1. Les familles des victimes en colères ,cactussien je te rappel que les familles des inculpés sont aussi en colère . Cet dossier est une vrai poudrière !

  2. Monsieur sinaly keita allez y savoir dans le dossier si le capitaine konare a quelque chose a voir avec les crimes commis au lendemain du 30 avril 2012 , et les événements du 30 septembre 2013. Et il n’est chargé par qui que se soit dans le dossier . Si vous êtes réellement un journaliste allez y le savoir. ( proche du dossier ) 💡 💡

  3. Monsieur sinaly keita allez y savoir dans le dossier si le capitaine konare a quelque chose a voir avec les crimes commis au lendemain du 30 avril 2012 , et les événements du 30 septembre 2013. Et il n’est chargé par qui que se soit dans le dossier . Si vous êtes réellement un journaliste allez y le savoir. ( proche du dossier )

  4. Monsieur le journaliste, je vous conseille de ne pas ouvrir les pots pourris. Il ya des non-dits dans cette affaire et ne defendez pas aveuglement quelqu’un sans les preuves de son innocence. Savez vous que certaines victimes du 30 septembre ont transité par la SE avant d’être cuisinées à d’autre niveau d’investigation? Par contre d’autres chefs de service en responsable se sont assumés en refusant les clients de la SE parcequ’ils savaient que leur vie ne tennait qu’à un bout de fils. D’ailleurs le corps de certains de ces clients a été retrouvé à la morgue de Kati. Alors chutttttttt et on attend la fin de l’instruction. A bon entendeur salut!!! VIVE LA REPUBLIQUE.

  5. Keïta , arrête de fantasmer. Le général Toure était sous les ordres de Aya même s’il n’est pas chargé directement il y’a la complicité passive et non assistance à personne en danger. De son haut poste d’espion il pouvait mettre beaucoup à l’abri mais bien au contraire il fait des enquêtes pour servir son mentor. Il faut retenir qu’il s’agît d’un dossier explosif et ton ami Touré est peut être en sécurité en prison en attendant dénouement.Avec les militaires tout est imprévisible . La vie du juge est constamment menacée, les familles de victimes en colère, et chaque inculpé a ses complices et partisans dehors donc les mettre en liberté dans cette instabilité serait une autre poudrière à gérer par les maliens. Retiens au moins qu’en plus du travail du juge d’instruction il y’a le parquet qui veille. Bathily ne fait que jouer son rôle mais ce n’est pas lui qui gère le dossier et de plus son Procureur Général Tessoughe ne joue pas de jeux politiques.Et Karembe ne crée pas d’infractions

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