Djibril Diallo à propos de la dépravation des mœurs: «On assiste à du laisser aller dans l’éducation des enfants»

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Notre pays vit actuellement au rythme de la 17e édition du Mois de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion. Au programme de cette année plusieurs programmes de sensibilisation et des conférences sur des thèmes aussi divers que variés. Hier, mercredi, les organisateurs du mois avaient initié une importante causerie sur un thème d’actualité, à savoir «la dépravation des meurs». Cette causerie était un espace d’échange et de dialogue entre les anciens et la jeune génération. Au cours de la rencontre, nous avons tendu notre micro à un vieux du nom de Djibril Diallo, qui a été on ne peut plus clair.

De nos jours, la dépravation des mœurs est un phénomène très préoccupant dans notre pays. C’est l’une des raisons pour laquelle les organisateurs du Mois de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion ont tenu à la mettre parmi les thèmes à débattre au cours de cette 17e édition.

En effet, les parents, incapables de subvenir convenablement aux besoins élémentaires de leurs enfants, assistent, impuissants, à leur perte de moralité. Actuellement, les jeunes gens assoiffés de biens matériels s’adonnent à des pratiques tout à fait anormales. Les uns choisissent la prostitution ou la drogue, tandis que les jeunes filles, pour la plupart, préfèrent entretenir des relations coupables avec des hommes mariés, auprès desquels elles bénéficient de certaines largesses.

Une femme mariée ayant requis l’anonymat témoigne: «à l’âge de 18 ans, j’ai été la maîtresse d’un haut cadre de la République. En fait, je ne le voulais pas, c’était vraiment malgré moi. Nous étions une famille démunie et l’offre de ce monsieur ne pouvait que rencontrer l’approbation des parents, qui m’ont presque forcée à obtempérer. Avec le temps, j’ai dû accepter mon nouveau titre de maîtresse et ma famille en a largement bénéficié». Comme on le voit, plusieurs facteurs sont à la base de cette dépravation de nos mœurs. Il s’agit notamment de la prolifération des bars à Bamako, du phénomène des enfants de la rue, de la démission des parents et surtout de la crise économique. Conséquence, la multiplication des filles-mères, la prostitution et certains jeunes s’adonnent à cœurs à la  prise de la drogue.

Pour le vieux Djibril Diallo, il y a une différence radicale entre l’éducation d’aujourd’hui et celle d’antan. «Nous sommes loin de l’époque où l’enfant était éduqué par l’ensemble de la famille. Il était même corrigé dans la rue. Mais, aujourd’hui, l’éducation de l’enfant est laissée aux seuls parents. Et, pire, on ne peut plus frapper ou critiquer un enfant dans la rue. On assiste à du laisser aller», a-t-il regretté, avant d’appeler les gens à être francs.

Ainsi, il invite les hommes à être fort face aux femmes, car il croit savoir que si l’homme est faible devant sa femme, l’enfant n’aura jamais une bonne éducation. Du coup, l’enfant va s’adonner à des comportements indignes. «Si l’éducation des enfants est laissée entre les mains des femmes, soyez sûrs qu’ils n’auront jamais une bonne éducation, parce que les femmes ne font que les yeux doux aux enfants », a-t-il déclaré. Le vieux Diallo dénonce également l’habillement actuel des jeunes filles, qui laissent entrevoir tout leur corps. Ce qui, à ses yeux, constitue un comportement provocateur. Cela, contrairement à nos habitudes anciennes, où les filles s’habillaient convenablement, en tenue complète et correcte.
Youssouf Diallo

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