Pôle national de lutte contre la cybercriminalité : La Prison ajoutée au CV politique de Moussa Mara

Vendredi en fin d’après-midi, l’ancien Premier ministre et député de la Commune 4 du District de Bamako, Moussa Mara a été placé sous Mandat de dépôt par le Procureur du Pôle national de lutte contre la Cybercriminalité pour plusieurs motifs, notamment « l’atteinte au crédit de l’État ». Son jugement est prévu pour le 29 septembre prochain.

04 Août 2025 - 01:21
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Pôle national de lutte contre la cybercriminalité : La Prison ajoutée au CV politique de Moussa Mara

Atteinte au crédit de l’État, opposition à l’autorité légitime, incitation au trouble à l’ordre public et publication et diffusion de fausses informations susceptibles de troubler la paix publique… telles sont les charges retenues contre l’ancien Maire et député de la Commune 4 du District de Bamako, Moussa Mara. Cette arrestation intervient après deux séances d’audition de l’intéressé, les 15 et 16 juillet devant la Brigade d’investigation judiciaire, à cause d’un message publié le 4 juillet 2025, dans lequel il exprimait sa solidarité envers des « détenus d’opinion » auxquels il avait rendu visite. Et le 29 juillet, un nouveau post de lui sur Twitter critiquant une opération de levée de fonds d’État, évoquant un « endettement intérieur masqué » a déclenché une nouvelle interpellation du Pôle national de de la Cybercriminalité. Et après avoir été entendu par ledit pôle au premier jour, il était rentré chez lui et le lendemain interpellé et placé sous mandat de dépôt.

 Pour rappel, on lui avait été interdit de quitter le territoire malien le 21 juillet dernier alors qu’il devait se rendre dans la capitale sénégalaise pour animer une conférence. Il faut noter que son jugement est prévu le 29 septembre prochain, soit dans deux mois.

Son avocat, l’ancien ministre, Me Mountaga Tall, a dans un communiqué, contesté cette décision du Procureur du Pôle national de la Cybercriminalité ainsi que les chefs d’inculpation retenus à l’encontre de son client. D’ailleurs, il se dit rester déterminé à faire triompher le droit.

En attendant son jugement, le nombre de motions de soutien à l’endroit de l’ancien PM Mara s’accroit sur les réseaux sociaux. Ils sont nombreux à exprimer leur soutien à l’endroit de Moussa Mara avec des mots d’encouragement et de vœu de rayonnement de la justice pour lui. Et certains, sans retenue ont même eu à dénoncer cette arrestation qu’ils jugent ‘’arbitraire’’, qui n’a pour but, selon eux, que de le réduire au silence.

En conclusion, ce qu’on peut dire, en période de régime d’exception, trois options s’offrent aux hommes politiques : participer à la gestion des affaires et se taire, s’exiler hors du pays ou dénoncer. Moussa Mara, en sa qualité d’homme d’État aurait opté pour la troisième posture en acceptant de payer le prix fort. En retour, la prison a été inscrite sur son CV politique. La seule chose qui manquait d’ailleurs à ce CV luisant d’un parcours politique atypique auréolé d’une probité morale sans pareille. En attendant son jugement prévu le 29 septembre prochain, l’ancien PM séjourne désormais à la Maison Centrale d’arrêt de Bamako avec un capital de sympathie qui a fait grimper sa cote de popularité.                            

Adama Tounkara

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Commentaires (2)

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Matt
Matt 1 an
Ainsi va le mali de goita. Soit tu es un beni oui oui soit la prison. Typical failed state.
Fanga
Fanga 1 an
"En retour, la prison a été inscrite sur son CV politique. La seule chose qui manquait d’ailleurs à ce CV luisant d’un parcours politique atypique auréolé d’une probité morale sans pareille." / Une "probité morale sans pareille", pour quelqu'un qui a passé son temps à dénigrer son pays dans les médias étrangers français et algériens notoirement connus pour leurs soutiens au terrorisme et à la déstabilisation du Mali. / Adama Tounkara, un peu de "probité morale" aussi du côté du journalisme. / Le Mali a été divisé en deux puis occupé par les forces étrangères, et des dizaines de milliers de nos concitoyens Maliens sont morts, à cause aussi de cette caste pourrie de politiciens, caste incapable ne serait-ce que de comprendre ce qu'il arrive à leur pays. / Le sort en prison au cœur de Bamako de l'ancien premier ministre est insignifiant en comparaison avec la souffrance des milliers de militaires, de fonctionnaires de l'Etat et de nos concitoyens du Mali aux mains des terroristes dans le sable brûlant du désert du Sahara, et à la souffrance des centaines de milliers de Maliens qui ont perdu des membres de leurs familles et leurs biens dans cette guerre impérialiste imposée au Mali de l'étranger. / Il faut donc qu'on se respecte au Mali et que nos journalistes de la capitale bamakoise soient sensibles à la situation collective des Maliens le plus en difficulté à l'intérieur du pays. La situation personnelle d'un nombre extrêmement réduit de riches politiciens à qui la nation à tout donné et qui font les yogoro à Bamako, Dakar et Paris n'intéresse pas le peuple en réalité. / Ces videomen qu'on voit en ce moment sur internet sont ridicules dans leurs réactions et très loin de ce que pense le bas peuple. / Le "Mali-Kura" n'est pas une pure abstraction, mais un réalité concrète. Il est impossible qu'advienne le Mali-Kura si la situation personnelle des politiciens maliens bourgeois n'est pas rapprochée au maximum de la situation collective du peuple en souffrance. C'est pourquoi il est normal qu'un politicien qui a fauté politiquement et pénalement dans les affaires publiques soit envoyé en prison par la justice de son pays, notamment pour lui donner l'occasion de sentir ce que c'est réellement de vivre dans la détention et la privation matérielle, qui est le quotidien de beaucoup de citoyens et de militaires maliens sur le front dans la boue et le sable. Il est aussi normal que même le politicien qui n'a pas fauté soit envoyé sur le front en particulier dans les régions du nord et du centre, et qu'il soit désormais interdit au Mali de faire de la politique si on n'a pas validé un stage militaire de quelques mois dans les régions les plus reculées et dangereuses du pays. / Ceux qui n'ont pas l'esprit de servir le pays avec dévouement et qui sont habitués à se servir de l’État ne sont pas obligés ni de se taire ni de quitter le Mali. Ils peuvent très bien aller bavarder et exercer leur "art" dans le privé.
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