La colère du président du CNPM, Mamadou Sinsy Coulibaly, contre « les 1600 fonctionnaires qui ont pris le Mali en otage» :

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«Je préfère parfois même être en face d’Amadou Kouffa que d’être devant ces fonctionnaires malpropres…»

Dans une interview accordée au correspondant de VOA Afrique à Bamako, Kassim Traoré, le président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), Mamadou Sinsy  Coulibaly, a dénoncé la prise en otage de tout le Mali par certains fonctionnaires. Au nombre de 1600, ces fonctionnaires sont, selon lui, à bannir.

Le président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM) est très remonté contre certains fonctionnaires qui sont, selon lui, à la base de tous les problèmes de ce pays. D’un ton très serré, il fustige le comportement de ces agents de l’État. «Les fonctionnaires ont pris en otage le secteur privé. Donc du coup, on est sous la coupe d’un certain nombre de fonctionnaires véreux, des fonctionnaires malpropres, des fonctionnaires qui ne pensent qu’à eux-mêmes», a-t-il déclaré au micro de Kassim Traoré.

Pour le président du patronat du Mali, ce sont 1 600 sur les 16 000 fonctionnaires qui prennent en otage le Mali. «Sur les 16 000, nous, nous pensons qu’il y’a 1 600 fonctionnaires qui sont des gens à bannir du secteur public, des gens qui doivent disparaître de la sphère publique», dit-il avant d’ajouter : «Ces 1 600 personnes, c’est eux qui ont pris en otage la population malienne. Ils ont pris en otage le secteur privé».

Mamadou Sinsy Coulibaly ne cache pas sa colère contre ces fonctionnaires «malpropres». Pour lui, ces personnes sont les pires des maux. «Moi je préfère parfois même être en face de Amadou Kouffa que d’être devant ces fonctionnaires malpropres qui sont en train de gérer la vie publique», laisse-t-il entendre. À l’en croire, le secteur privé joue son rôle. Désormais, il luttera pour que les gouvernants de ce pays prennent des décisions pour leur débarrasser de ces «1600 fonctionnaires qui ont pris en  otage» l’État malien. «On ne dit pas de les renvoyer, de les mettre dans la rue, mais qu’ils n’exercent plus de fonctions de responsabilité», sollicite le président du Conseil national du patronat du Mali auprès du gouvernement.

Le secteur privé menace de prendre des dispositions si le gouvernement  ne met pas à l’écart ces 1600 fonctionnaires. Le premier acte que compte poser le secteur privé, s’il n’est pas écouté, c’est de suspendre le paiement des impôts et taxes dans les jours à venir. Ensuite, M. Coulibaly menace de dire à tous les partenaires au développement du Mali, à tous ceux qui sont là pour le développement de ce pays : «voilà un certain nombre de fonctionnaires dont l’obtention de leur visa dans les chancelleries est conditionnée à la justification de l’origine des fonds qui vont servir à acheter le billet, et à payer les frais d’hôtellerie et de restauration en Occident».

Aussi, menace-t-il, en troisième point, de demander à ces chancelleries que si les fonctionnaires maliens envoient leurs enfants étudier, il faudrait qu’ils justifient la provenance des fonds et comment ces fonds ont été acquis. «On va demander à ce que tous les  fonctionnaires dont les enfants sont scolarisés dans les lycées français ou les lycées américains justifient l’origine de leurs fonds».

Une autre action que le secteur privé malien prévoit, c’est de passer dans chaque assemblée nationale de l’Occident, écrire à tout le monde, pour leur dire ce qu’on fait avec les fonds qu’ils distribuent au Mali pour un certain nombre de projets. «On a tellement de choses à faire qu’on peut débarrasser ce pays de ces 1600 fonctionnaires qui sont malhonnêtes vis-à-vis de leurs populations, qui sont malhonnêtes vis-à-vis des gens qui les ont nommés à leurs postes».

Pour le président du Conseil national du patronat du Mali, il faut dire merci à ces fonctionnaires pour que la jeunesse puisse trouver sa voie. «Ils sont même plus aptes à travailler. Ils ont aujourd’hui plus de 55 ans», crache-t-il. Pis, ces fonctionnaires ne pourront rien faire dans une administration digitalisée, selon lui.

«C’est eux qui empêchent la digitalisation de l’administration publique. Ils ne savent pas utiliser l’outil numérique, et si on l’utilise, ils ne pourront plus voler et ne pourront plus prendre en otage la population», dévoile-t-il au micro du correspondant de VOA Afrique au Mali, Kassim Traoré. Avant de terminer, M. Coulibaly appelle la jeunesse à s’ajouter au secteur privé pour la promotion de l’emploi.

«Il faut qu’on agisse. Il faut que la jeunesse s’adjoigne au secteur privé pour dire : ça suffit», sollicite-t-il avant de conclure : «C’est les jeunes qui doivent gouverner aujourd’hui. C’est les jeunes qui connaissent l’outil numérique, c’est eux qui savent comment on fait avec ces outils. Ce n’est pas nous, vieux, qui allons faire cela».

Boureima GUINDO

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