Sécurité ou élections ? Les Chefs coutumiers optent pour la sécurité !

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Face aux difficultés que connait actuellement le Mali au plan sécuritaire et dans ses relations avec certains Etats et organismes de la communauté internationale, en l’occurrence la France, la CEDEAO, l’UA, l’UE et l’ONU, à cause du report à une date ultérieure les élections générales pour des motifs d’ordre sécuritaire, les Chefs coutumiers et traditionnels de tout pays étaient, courant cette semaine, ici à Bamako pour apporter leur soutien en bloc aux Autorités de la transition politique en place. Au Centre international de conférences de Bamako (CICB), ils se sont concertés avec le Chef du Gouvernement, Dr Choguel Kokalla Maïga, avant d’être reçus en audience au palais Koulouba par le Chef de l’Etat, le Colonel Assimi Goïta.

 

Les mercredi 10 et jeudi 11 novembre 2021, les Chefs coutumiers, traditionnels et religieux, venus de tous les quartiers et villages de Bamako et de l’intérieur du pays ont été reçus en audience par les plus Hautes Autorités de la transition. A savoir les Chefs de l’Etat et du Gouvernement de la transition, Colonel Assimi Goïta et Dr Choguel Kokalla Maïga.

Ce sont, respectivement, le Centre international de Conférences de Bamako (CICB) et le palais de Koulouba qui ont servi de cadre de l’événement.

En effet, au CICB, le mercredi dernier, le Premier Ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga, et au palais de Koulouba, a eu des échanges avec les Chefs coutumiers, traditionnels et religieux au tour de la prolongation de la période de transition avec le report des élections pour des motifs d’ordre sécuritaire, de l’attitude de la France et de la CEDEAO à l’égard du Mali en cette période d’exception.

Venus de tous les horizons de Bamako et de l’intérieur du pays, les Autorités coutumières, traditionnelles et religieuses ont témoigné à vive voix leur accompagnement à la tradition. Face aux menaces et agissements des organismes de la Communauté internationale et de certains pays, les Autorités coutumières ont exprimé leur soutien unanime aux Autorités de la transition et ont pris fait et cause pour la prolongation de la transition avec le report des élections présidentielles et législatives initialement prévues pour le mois de février 2021.

Sans ambages, les Dépositaires authentiques du pouvoir local de la Nation malienne ont donné leur quitus aux plus hautes Autorités du pays de procéder à la prolongation de la transition pour rétablir le climat sécuritaire afin d’organiser des élections générales libres, transparentes et inclusives sur toute l’étendue du territoire national.

Dans son traditionnel mot de bienvenue à l’adresse de ses homologues régionaux et Chef coutumier de la famille Niaré de Bamako, M. Niaré, s’est félicité de l’initiative et a témoigné l’adhésion totale des familles fondatrices de Bamako à la politique générale de la IVe transition politico-militaire en place.

Ensuite, c’est au Coordinateur Général des Chefs de quartier de la capitale, Bamako, Bamoussa Touré, d’intervenir. En substance, M. Touré a invité le Peuple malien dans toutes ses composantes à un sursaut national, à une prise de conscience collective en acceptant de se défaire de leurs différences au profit du Mali, la chère patrie à tous et toutes. Il a promis solennellement devant l’assistance l’accompagnement total des Détenteurs de la légitimité coutumière et traditionnelle aux actuelles Autorités politiques nationales.

Dans le même ordre d’idées, les messagers des Chefs coutumiers du Mali profond venus des Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao, Kidal, Taoudéni, Ménaka, Nioro du Sahel, Kita, Dioïla, Nara, Bougouni, Koutiala, San, Douentza et Bandiagara ont tous exprimé leur soutien aux Autorités de la transition et manifesté leur adhésion à la politique générale du Gouvernement en place.

Comme il fallait s’y attendre en pareilles circonstances, au nom de leurs populations, les Chefs coutumiers et traditionnels venus de ces Régions, se sont félicités des efforts fournis par les plus hautes Autorités de la transition et leur ont rassuré solennellement et ont adhéré à l’idée prônant le report de la date du double scrutin présidentiel et législatif devant boucler le mandat du pouvoir d’exception en cours depuis août 2020. Sur un ton frisant le Nationalisme d’antan, le Vieux Djibril Diarra de Koulikoro enfonce le clou : “C’est aux Maliens de mettre fin à cette transition ; donc, du courage aux Autorités de la transition qui ne cèdent point devant l’impérialisme”. C’est le même son de cloche du côté des Patriarches de Nara, Ségou, de Ménaka et ceux des autres Régions, tous favorables priorisant la stabilisation du pays sur la tenue des élections à tout prix.

En réponse, le Premier Ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga, au nom de Président de la transition, s’est félicité du soutien total des Chefs coutumiers et traditionnels du pays tout entier et leur rassuré de l’engagement du Régime d’exception et de rupture en place de conduire cette transition au bon port et d’œuvrer à l’avènement d’un Mali nouveau mener une transition de rupture pour instaurer le nouveau Mali comme annoncé dans le Programme d’Action du Gouvernement (PAG). Il a insisté que la contribution des Autorités coutumières, traditionnelles et religieuses doit être de mise en vulgarisant auprès des populations locales la vision politique des Autorités de la transition.

Enfin, les Autorités coutumières, traditionnelles et religieuses, venus des désormais 19 Régions du Mali ont été reçues en audience, le vendredi 12 novembre, au palais de Koulouba, par le Président de la transition, le Colonel Assimi Goïta. Dans leur message à l’adresse du Président de la transition, les Autorités coutumières ont fait savoir que «la prolongation de la Transition est une logique qui s’impose de facto aux Maliens au regard du contexte socio-politique, sécuritaire et humanitaire difficile que vit le pays ». A cet effet, ils sollicitent d’être associés aux futures rencontres avec les émissaires de la CEDEAO.

A l’instar de son Premier Ministre, le Chef de l’Etat, très satisfait apparemment, fera savoir à ses hôtes que leur présent engagement aux côtés de la transition est « une chance énorme pour l’équilibre social qui est un facteur déterminant au sein de toute collectivité ». Pour leur motiver dans leur mission officielle au service de l’Etat, le Président de la transition révèle qu’un macaron leur est offert avec, à l’appui, le drapeau devant flotter officiellement sur les frontons de leurs demeures. Certes, symbolique, mais il s’agit d’un cadeau ayant suscité des applaudissements nourris dans la salle.

C’est sur cette note de satisfaction réciproque qu’a pris fin cette série de rencontres inédites entre Autorités de la transition en perpétuelle quête de légitimité et d’accompagnement populaire et Dépositaires du pouvoir coutumier et traditionnel du pays.

Djankourou

 

 

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2 COMMENTAIRES

  1. “Sécurité ou élection ? Les chefs coutumiers optent pour la sécurité !”

    Qui sont ces chefs coutumiers qui nous donnent conseil sur ce que eux-mêmes ne maîtrisent pas ? En matière de sécurité qu’est-ce que cette transition a fait depuis qu’elle est là pour que des flagorneurs s’affichent derrière elle ?

    Les choses sont simples, la France, l’UA, la CEDEAO n’imposent rien au Mali. Ils disent ce qui ne les plaît pas, si le Mali croît qu’il ne doit pas les respecter, qu’il prenne son destin en main !

    À ces fameux chefs coutumiers je dirais que les autres chefs d’états de la CEDEAO n’ont pas affaire à des farfelus chefs coutumiers, ils ont des Rois chez eux. Ce n’est pas vos acrobaties d’opportunistes qui les impressionnent.

  2. Nos ancetres ne faisaient pas d elections et nous etions pourtant la , de ce meme monde avec les autres meme plus prosperes et heureux que d autres!

    Dans beaucoup de pays on ne parle pas d elections, pourtant ceux la progressent et et prosperent a une vitesse vertigineuse…

    C est quoi cette democratie religieusement utile et imposee de maniere criminelle ”ou vous votez-ou vous mourez!”…

    Les maliens ne sont pas des idiots pour vouloir des elections au lieu de la securitee, nous chions sur les politiciens qui se foutent de la securitee primaire aux elections.

    Des pouvoirs elus nous en avions eu depuis trente ans , ca n a jamais resolu la situation securitaire.

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