La sommation de « ANTE ABANNA » expire ce mardi à minuit : Koulouba face à son coup bas !

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Le Mali est, depuis quelques mois déjà, dans une spirale de contestations, avec plusieurs modes opératoires utilisés par des partisans d’un NON catégorique face à des défenseurs d’un OUI conjoncturel. Des sporadiques réactions de compatriotes, engagés pour un referendum dont tout le processus a été mal ficelé. C’est une pilule indigeste qui ne passe pas d’où ce vif climat de révolte que tout le monde n’avait pas vu venir.

Dans la journée d’hier lundi 14 Aout, les patriarches Niaré ont rencontré la plateforme « An tè Abanna » pour lui demander de sursoir à ses activités sous prétexte que le chef de l’Etat s’est engagé à mettre de côté ce projet. Pas question selon un responsable de la plateforme, toutes les activités programmées seront intensément menées jusqu’à la sortie officiellement mettant à ce processus.

En route pour le déclenchement d’un ultime et contraignant message

Est-il nécessaire de rappeler les actions que les adversaires du projet de révision constitutionnelle ont menées pour se faire entendre ? Avec deux gigantesques marches et deux meetings d’informations ayant tous connu de fortes mobilisations, l’ultime décision a été prise, le 7 Aout 2017 par le directoire de la plateforme « Antè Abanna, Touche pas à ma constitution »

Avec des responsables, acteurs et témoins de la chute du général Moussa Traoré, on peut citer Tiebilé Dramé, Nouhoum Togo, Alhousseini Abba Maïga, Pr Bréhima Fomba, Etienne Fakaba Sissoko, Yehia Ag Ali et bien d’autres maliens décidés à faire plier le chef de l’Etat dans son ambition « démesurée » d’organiser son referendum.

Les premiers mots étaient de Nouhoum Togo, acteur influent du mouvement démocratique : « Nous sommes ici pour exprimer officiellement notre détermination afin de résoudre définitivement le problème. Dans quelques jours, nous mettrons fin à l’arrogance et au mépris. » Il a en conséquence effleuré les conditions dans lesquelles a eu lieu la chute de Moussa Traoré en 1991 avant de marteler que tous ceux qui ont menacé les maliens ont fini par le regretter puisqu’ils ont mal fini.

Le présidium était occupé par Amadou Thiam, assurant la présidence de la plateforme,  Madame Diakité Kadidia Fofana, Mr Kalapo de la CSTM, Pr Bréhima Fomba, constitutionnaliste, Master Soumi, acteur culturel et Ras Bath, chroniqueur et porte-parole du CDR.

Pour les organisateurs, ce qui est clair, c’est un combat du peuple contre le régime qui s’annonce. C’est par l’intonation de l’hymne national et l’observation d’une minute de silence que l’assemblée générale, couplée à la conférence de presse, s’est tenue le jeudi dernier.

Après lecture de leur lettre ouverte au Chef de l’Etat par Kadidia Fofana, l’objet était devenu immaculé : il s’agit du retrait pur et simple du projet. C’est avec un ton moins conciliant qu’Amadou Thiam, Président de séance, a réaffirmé le délai exécutoire lancé à Ibrahim Boubacar Kéita et à toute sa horde de complices dans cette aventure « illégale ». Il s’agit plus que de cela : c’est une sommation qui fait songer aux premières heures de la décadence du règne d’un chef plus fort et plus craint à l’époque.

La convocation de la conférence de presse a été motivée surtout par la sortie télévisée du Président IBK avec deux  tons discordants. Le premier faisant référence à un apaisement et à un consensus, tandis que le second, excluant toute intolérance à ce qui tenteront de priver les maliens de leur vote.

Le contrecoup de la plateforme est simple : ce referendum est une initiative d’IBK, s’il était tenu le 9 juillet passé, il aurait privé des maliens de leur droit de vote. « Tenir ce référendum, c’est trahir l’accord pour la paix et la réconciliation », dira l’honorable Thiam.

Que dire d’un Président qui a été saisi d’une lettre de cette même plateforme le depuis le 11 Juin et qui est restée jusqu’à présent sans réponse. Cela est assimilable à un mépris. Le Président est un homme difficile et compliqué, pensent les responsables de la plateforme.

Aussi, ils ont affirmé qu’après l’annonce de l’ultimatum, le ministre, secrétaire général de la Présidence Soumeylou Boubèye Maïga a contacté le directoire de la plateforme pour un dialogue.  Là également, les responsables de la contestation ont exigé que tout soit formalisé afin de leur permettre de soumettre la question à leur assemblée.

S’agissant du soutien visible de l’autre plateforme « AW SONNA », l’honorable dira qu’IBK est devant l’histoire : « Qu’il écoute le peuple !, c’est le conseil que je peux lui donner. »

Sans oser s’en prendre à la France, partenaire et complice dans les agissements du chef de l’Etat, ils estiment que c’est IBK qui a été élu par les maliens. Pour la France et la communauté internationale, ils continueront à sensibiliser pour leur faire encore comprendre la situation qui prévaut.

Les animateurs de la plateforme ante Abanna, à travers Master Soumi, sont déterminés puisque c’est cela leur force. « Je pense qu’IBK a entendu mais il n’a pas compris, il faut qu’il comprenne avant que le peuple ne lui rende visite. »

Ce mardi, le chef de l’Etat rencontrera les frondeurs malgré lui-même. C’est sous la pression d’une partie importante du peuple qu’il ouvre les portes de Koulouba. C’est un plan longtemps réfléchi et qui devraient justifier l’annulation du referendum.

Il a fallu deux heures de temps à Boubeye et la première dame pour convaincre IBK d’accepter. L’annonce de la rencontre a pour but de déstabiliser la plateforme du NON dans ses prises de décisions après ce jour de grâce.

C’est aussi une manière de montrer aux populations la volonté du chef d’Etat d’aller vers un dialogue. Même si une annulation est possible, aucun signal n’est encore envisageable à Koulouba. La rencontre consistera également à charmer les jeunes leaders de promesses.

Le chef de l’Etat a exprimé clairement à son cabinet son hostilité de rencontrer Etienne Fakaba Sissoko, Boubacar Karamako Coulibaly, Soumana Sako, Nouhoum Togo, Me Demba et Madame Sy Kadiatou Sow. Ceux-ci, pour lui, souhaitent renverser son pouvoir.

En revanche, il est d’accord pour accueillir Ras Bath, Amadou Thiam, Djimé Kanté et d’autres jeunes meneurs. Ce qui irrite encore plus IBK, c’est les présences du Pr Ali Nouhoum Diallo. Le vendredi dernier, Soumeylou Boubèye Maïga était absent de ses bureaux pour rencontrer deux amies de la maman de Ras Bath afin de pousser sa mère faire pression sur son fils.

Secrets d’un palais de Koulouba dominé par la trouille

La retrouvaille du Président avec les religieux et les familles fondatrices a révélé bien de choses allant de la sincérité à l’hypocrisie. Après avoir souhaité la bienvenue à ses convives, IBK a exprimé les problèmes du moment. De l’insécurité au Referendum, en passant par son désir de nomination au sénat, les manifestations contre la France, les problèmes de l’accord.

A leur tour, les représentants des leaders religieux, au nombre de (2), Haidara et Dicko, ceux des familles fondatrices (3) et les chefs de quartiers (1) ont demandé timidement à IBK de surseoir momentanément à la tenue du référendum et qu’il a néanmoins leur soutien quoiqu’il fasse contrairement aux deux tendances de l’église qui ont évoqué clairement la suspension dudit référendum pour  une bonne cohésion nationale en ces temps difficiles sous le regard médusé des autres intervenants. A la fin de la rencontre, le Président a dit à Haidara au moment de son départ qu’il le soutient vis à vis de ses détracteurs et qu’il aura tout l’accompagnement de l’État dans ses activités.

En outre, il a chuchoté à deux reprises à l’oreille de Dicko. Enfin, il a demandé aux hôtes de prier pour le Mali et qu’il se confie à eux. La présence de la cellule de communication de la Présidence était centrale afin qu’elle puisse filmer l’intégralité des discussions.

Les journalistes de l’ORTM étaient priés de rester à distance et ont juste filmé la salle. Cependant à la fin, plusieurs visiteurs ont donné leurs impressions au micro de l’ORTM. L’utilisation des téléphones portables n’était pas autorisée, les invités avaient été préalablement informés.

Entre une histoire d’homme et celle d’une partie du peuple, qui aura le dernier mot ? Entre un entêté artisan de la paix et les récidivistes d’une révolution démocratique, quelle sera l’issue ?

Les signes de  détresse du secrétaire général de la Présidence

L’unité centrale de la Présidence, Soumeylou Boubèye Maïga, a clairement dit que l’histoire ne répètera pas : «L’Etat a tous les moyens d’assurer la sécurité des citoyens. » Avec la démagogie qui le caractérise, il ne s’est pas hasardé à tout remettre sur IBK dont les prérogatives et la légitimité  sont reconnues. Un Etat qui voit ses enfants tomber chaque jour ne peut se targuer aux yeux du monde de parler de protection.

Si c’est une question de répression, l’histoire ne se répétera pas, car la contraignante sagesse du Président et sa peur insurmontable de vivre l’expérience idiote de Moussa Traoré  déboucheront à coup sûr le plan parfait élaboré par l’éternel espion, le stratège attiré et patenté, Soumeylou Boubèye Maïga qui apparait comme le dénominateur commun des trois Présidents démocratiquement élus (Alpha, ATT et IBK.)

En précisant que la lettre ouverte de la plateforme n’est pas signée, il se met lui dans le doute. Comment a-t-il pu les joindre et pourquoi a-t-il convaincu le chef de l’Etat à rencontrer des gens qui ne sont pas connus. Cette fois-ci, il l’a affirmé : « Nous sommes vraiment avec IBK.»

Ammi Baba Cissé

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1 commentaire

  1. Le peuple qui a élu IBK le fera partir de force s’il ne l’écoute pas.
    Le peuple malien n’a pas de leçon à apprendre de la France.

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