Turban ou Anadiade dans la société touarègue : Le passage à l’étape d’homme

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Le turban est plus qu’une parure dans la société touarègue. Il y est attaché des valeurs et des vertus qui vont au-delà de la symbolique.

 

Appelé turban en français, Etal, Alacho en tamasheq, Fatala en sonrhaï, dialamougou en bambara, Filcol en peulh, bien que porté par tout le monde, au-delà de son rôle ou usage au quotidien pour se protéger des intempéries (vent, soleil) ; le turban joue un rôle et a une signification dans les us et coutumes dans la communauté touarègue. Il constitue un passage très important dans la vie des jeunes garçons. D’ailleurs, pour concrétiser ou officialiser ce passage, une cérémonie est organisée à cet effet. Passer de l’adolescence à l’âge adulte c’est-à-dire devenir un homme, rejoindre le cercle des hommes.

Ce morceau de tissu est une école de sagesse pour les jeunes, les vieux des communautés maures, touaregs, songhaïs, peuls, … Il doit être porté par un jeune garçon à l’âge de 18 ans.

Le turban est un masque, démasqué on ne vous reconnaît pas, non masqué aussi on ne vous reconnaît pas.

La cérémonie de prise de turban est appelée chez les Touaregs « Anadiade ». C’est une cérémonie au cours de laquelle est noué le turban sur la tête du jeune garçon chez les touaregs. Dans les contrées, cette cérémonie est faite à l’âge de 17, 18 ans.

« C’est l’âge idéal car à partir de 18 ans, un homme doit porter le turban. Mais en ville, l’on voit plus cette cérémonie se faire le soir des mariages. Vu l’importance de ce passage, le port du turban, fait l’objet d’un cérémonial, il faut des marabouts, des personnes âgées, tout le monde doit prodiguer des bénédictions au nouveau turbané ».

Le turban est le gardien des différents organes (les sens de l’homme) qui sont sur la tête (l’ouïe, la vue, le goût, l’odorat).

Alacho, une sorte de turban très chère, est utilisée lors des grands jours tels que le mariage par ceux qui ont les moyens de se l’offrir. Cette étape ou passage dans la vie du jeune garçon nécessite un cérémonial.

Cette cérémonie est dirigée par un imam car la lecture du coran est indispensable et les grands patriarches conseillent au jeune ou nouveau marié ses rôles d’homme, ses responsabilités. Tout le monde peut prendre part à cette cérémonie. Chaque fois que l’on fait passer une bande du tissu sur un des organes de la tête a un sens et porte un message. Une fois le turban est noué, vous agrandissez le rang des hommes. Cela signifie que vous êtes devenu homme.

Le turban passe sur les oreilles pour vous faire savoir qu’un homme doit savoir raison garder,  ne pas dire tout ce que vous entendez, ne pas dire tout ce que vous voyez, savoir s’abstenir, observer.
C’est une école de la sagesse, de l’honneur, de la grandeur. Après cette cérémonie, l’homme doit porter le turban dans les cérémonies.

Aminata Agaly Yattara

 

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