Droit de l’Internet : l’Histoire du courrier électronique en hommage à Ray Tomlinson

0

Mieux vaut tard que jamais. Le samedi 5 mars 2016 mourrait à l’âge de 74 ans à la  suite d’une  crise cardiaque le père du « @ » et du courrier  électronique qui a tant révolutionné aujourd’hui  notre vie et  notre façon de travailler et de communiquer. Il s’appelait Raymond Samuel Tomlinson, ingénieur américain  né le 23 avril 1941. La rédaction de votre journal qui se veut par moment spécialisé sur les questions de nouvelles technologies lui rend un dernier hommage à travers ce papier sur l’histoire du courrier électronique.

 

C’est en 1971 ou en mars 1972 selon les versions, que  Ray Tomlinson, ingénieur de la société BBN, qui est alors sous contrat avec le gouvernement américain pour le projet Arpanet, l’ancêtre de l’Internet, mettait au point 2 programmes. Le premier, SNDMSG pour Send Message associé à un autre logiciel baptisé READMAIL permis pour la première fois  et ce qui était tout à fait révolutionnaire à l’époque à  plusieurs personnes qui partagent le même ordinateur de s’y laisser des messages. Le second, CPYNET, permettait quant à lui de copier simultanément un fichier sur toutes les 15 machines ordinatrices d’Arpanet. Une idée traverse alors l’esprit de l’ingénieur Tomlinson Ray : pourquoi ne pas associer les 2 programmes pour échanger des messages d’un ordinateur à un autre ? Ni une ni deux, l’ingénieur aménage le programme SNDMSG/READMAIL et écrit 200 lignes de code. Il se crée 2 boîtes aux lettres électroniques différentes sur 2 ordinateurs situés côte-à-côte et réussit à envoyer un message d’un ordinateur à un autre. Le courrier électronique était né.  On ne l’appelle pas encore e-mail mais Netmail pour Network Mail. A l’occasion, M Tomlinson se doit de définir une adresse électronique. Il décide alors par un autre coup de génie de séparer l’adresse en 2 parties. D’un côté, le nom de l’utilisateur et, de l’autre, le nom de l’ordinateur sur lequel se trouve la boîte de réception. D’imagination à imagination, le choix de l’ingénieur se porte sur l’arobase, « @ ». Pourquoi ce signe plutôt qu’un autre ? L’@ ne fait pas partie des noms communs ou propres donc pour lui il n’y avait pas de risque de confusion et avait l’avantage en anglais de se prononcer “at”, c’est-à-dire “chez” ou “à” en français. La première adresse électronique de l’histoire sera donc [email protected] (BBN pour le nom de l’employeur de Tomlinson et tenexa le système d’exploitation utilisé, Tenex). C’est donc grâce à ce grand serviteur de l’Humanité que toutes les nations qui utilisent le courrier électronique devraient décorer pour services rendus et qui est parti le samedi 5 mars 2016 à la suite d’une crise cardiaque à l’âge de 74 ans.  Lui il est parti. Mais on a le temps de rendre hommage pendant qu’il est encore en vie un autre grand qui travailla sur le courrier électronique en même temps que lui pour lui donner les commodités que nous avons aujourd’hui. Il s’agit de Larry Roberts, l’un des directeurs de la DARPA, l’organisme gouvernemental américain de tutelle d’Arpanet, qui a écrit le RD, un  successeur à READMAIL, en 1972 et qui nous permet aujourd’hui de  classer les messages par objet ou par date et de les lire dans l’ordre de notre choix. De nombreux programmes suivront, écrits par d’autres ingénieurs  tels que le NRD, WRD, le premier logiciel à combiner les fonctions d’envoi et de lecture des messages, BANANARD, HG, MAILSYS, ou XMAIL. Ce sont donc les chercheurs et les universitaires qui seront les premiers à adopter le courrier électronique pour communiquer entre eux. Déjà depuis 1973, une étude révélait que le courrier électronique représentait  75 % du trafic sur Arpanet. Combien est-il aujourd’hui sur Internet ?

 

Dans nos prochaines livraisons nous donnerons quelques dates qui ont scellé l’histoire du courrier électronique. Mais en attendant, les spécialistes peuvent déjà revisiter la “RFC 733 de l’IETF (Internet Engineering Task Force) qui parle des spécifications techniques de l’email et qui en a normalisé les protocoles.

 

O’BAMBA

[email protected]

Commentaires via Facebook :

PARTAGER