Des anciennes gloires du djoliba Ac de Bamako écrivent à Karounga Keïta : «On ne construit pas un grand club en privant des générations successives d’acteurs de l’initiative et de la responsabilité»

0

Devant la déliquescence dans laquelle se trouve plongé aujourd’hui le  Djoliba AC,une situation sanctionnée par des contreperformances à tous les niveaux imputables, à leurs yeux à une gestion paternaliste et clanique, d’anciennes gloires de ce club naguère prestigieux, à l’image de Kidian Diallo, Bréhima Traoré, Soumaïla Diarra, Kolo et Amadou Sidibé dit Decoster tire la sonnette d’alarme. Nous vous proposons le texte qu’ils ont élaboré pour ce faire.

e 29 mars 2009, l’Assemblée Générale (AG) du Djoliba A.C, tenue sur fond de crise, recommanda à Monsieur Karounga KEÏTA ( président réélu ) de soumettre au CA, pour nomination, un bureau de consensus et cela dans un délai de 15 jours. Elle insista également sur la tenue régulière des réunions statutaires (Réunions du Comité Exécutif, du Conseil d’Administration, Assemblées Générales ordinaires et extraordinaires).

Si quinze jours après l’A.G., aucun bureau ne fut formé, une multitude de bureaux, au contraire, virent le jour dans les semaines qui suivirent, souvent en raison de deux par mois, voire par semaine, en violation des statuts du club attestant le désarroi et l’incapacité du Président de tenir les promesses qui devaient endiguer la crise.

A titre d’exemple : du 28 mars 2009 (veille de l’AG) au 30 juillet 2009 il y a eu 5 compositions differentes du bureau du CE.

Le premier acte officiel posé par Monsieur Karounga Kéïta, après l’AG, a été de retirer (et de quelle manière) la gestion de l’Ecole de Football aux anciens footballeurs pour la confier à Monsieur Aly KOITA alias Faye qui était, à l’époque, Directeur des Installations du Djoliba A.C.

Comment peut-on préférer une gestion impersonnelle à une gestion collégiale de l’Ecole de football. ?

Comment peut-on préférer une gestion à la Faye à une gestion à la Kidian Diallo, cadre national du sport et particulièrement du football et dont les références font autorité dans ce domaine?

Aussi, deux ans après cette décision inique et anachronique, l’Ecole de Football, qui faisait des jaloux au Mali et dans la sous-région, est tombée en décrépitude, avec comme conséquence le départ pour d’autres Ecoles et Centres de Formation de dizaines de talents dont les primes de formation n’iront, sans doute, plus jamais dans les caisses du Djoliba.

Malgré ce comportement injurieux du Président à l’endroit des anciens sportifs, nous sommes venus exprimer à Karounga Kéïta notre disponibilité à l’aider à remettre le Djoliba sur les rails et cela quelles que soient les tâches qu’il nous confierait même en dehors de tout bureau.

Faisant écho à cela, le Présent Karounga Kéïta demanda en juillet 2010 à notre camarade Kidian Diallo de mettre son expérience à la disposition des jeunes entraîneurs Arouna Macalou et Biramablen Traoré pour  les matches de la Coupe C.A.F. Kidian s’est acquitté de cette mission, nonobstant les nombreuses difficultés rencontrées dans la collaboration avec "ses fistons".

Nous pensons que c’est parce que Kidian a réussi cette mission que le C.E du Djoliba, réuni le 26 Septembre 2010, a décidé à l’unanimité de lui confier la direction de l’équipe 1ère de football. A cause du respect dû à ses aillés (Abdoulaye Diawara dit Blocus, Lamine Do, Touré Boubacar, Cheickna Traoré dit Colo National) Kidian accepta cette nouvelle responsabilité sans aucune exigence financière. Mais notre camarade n’aura jamais la possibilité de diriger en tant qu’entraîneur en chef cette équipe pour les raisons suivantes :

– on lui demanda de laisser Arouna Macalou et Biramablen Traoré, hostiles à sa nomination, manager l’équipe pour les deux derniers matches de la Coupe CAF ;

– aucun acte officiel ne fut pris pour lui permettre de prendre en main l’équipe.

Le 4 Novembre 2010, en présence de Modibo Kouyaté dit Zoba et Kassim Koïta dit Champion, KK propose à Kindia le poste de Directeur Technique.

Le 6 Novembre 2010, le nouvel entraineur est présenté aux supporteurs du Djoliba : il s’appelle Ahcène Art Abdel Malick.

Nommé Directeur Technique, Kidian a aussitôt présenté un projet de fonctionnement de la Direction Technique du Djoliba que le Président Karounga KEITA a approuvé en présence de Laïs, Sadia et Champion. Mais sur la décision d’application, presque tout a été changé notamment en ce qui concerne la composition et les membres de la Direction Technique. Encore une fois, ce qui a été arrêté n’a pas été exécuté et KK, encore une fois, n’a pas tenu ses promesses : aussi Kidian a uspendu les activités de mise en oeuvre de son plan d’action en attendant que le C.E trouve une solution à ce problème.

Cette volonté manifeste de contrarier Kidian dans l’accomplissement des missions à lui confiées n’est ni plus ni moins qu’une tentative d’humiliation, un manque de considération ou un refus de collaborer avec les anciens sportifs du club dont le comportement a servi pourtant d’exemples aux anciens sportifs des autres clubs de Bamako.

Non respect des textes du club

Quant au fonctionnement du club, il est difficile aujourd’hui, voire impossible, de trouver la version finale propre, des textes de fonctionnement et d’organisation du Djoliba A. C (Statuts et Règlement Intérieur) malgré les recommandations de la dernière Assemblée Générale de Mars 2009, la périodicité ou la fréquence des réunions et autres A.G n’est pas respectée.

Certes le CE se réunit souvent 1 ou 2 fois par mois, mais on constate l’absence de beaucoup de membres.

 De mars 2009 à juin 2011, soit plus de deux ans, aucune Assemblée générale ordinaire ou extraordinaire n’a été convoquée. Alors que les statuts prévoient la convocation d’une Assemblée générale ordinaire tous les six mois (Art 12) et d’Assemblée générale extraordinaire si nécessaire. Or, de 2009 à 2011, le club a connu beaucoup de remous : affaire Kidian, affaire Touré Aboubacar, carrousel des entraîneurs, la violence (entre les supporters, contre les arbitres) et récemment le hooliganisme et le vandalisme, toutes choses qui justifient amplement la convocation d’Assemblée générale extraordinaire dans un club bien géré..

Les différentes Commissions, considérées comme des " ateliers de production " de l’entreprise club ne fonctionnent guère (Marketing-Finances) ou ne jouent pas convenablement leurs rôles comme le Bureau du Comité Central des Supporters, où certains éléments, au lieu de s’investir pour la sensibilisation et l’éducation des supporters ou pour le soutien, l’appui moral et matériel aux sportifs, prétendent se substituer à la hiérarchie du club en proposant tel ou tel entraîneur, s’ingèrent dans les prérogatives de ce dernier, semant la zizanie entre les joueurs et leurs entraîneurs. versant ainsi dans la démagogie et le populisme.

Ce qui est réel, palpable et dramatique, c’est la lente et inexorable dégradation des performances de l’équipe 1

Aussi les vrais supporteurs, dont l’amour pour le club ne souffre  d’aucune contestation, doivent ouvrir les yeux et prendre leurs responsabilités pour se défaire de ces éléments nocifs qui, au lieu de servir le Djoliba, se servent du Djoliba pour leurs intérêts privés.

Il est clair pour tout le peuple du Djoliba A C que la gestion du club est assurée par un triumvirat comprenant le Président, le Secrétaire général et le Trésorier, qui constitue un bureau dans le bureau.

Malgré la braderie des joueurs qui dure toujours et qui est effectuée dans l’opacité la plus complète, la persistance des tensions de trésorerie au Djoliba, est toujours inexpliquée car en réalité inexplicable.

Ce qui est réel, palpable et dramatique c’est la lente et inexorable dégradation des performances de l’équipe 1 de football, la vitrine du club et le cheminement médiocre, depuis, des équipes de jeunes dans les compétitions locales.

Au cours des saisons 2009-2010-2011, l’équipe l de football du Djoliba n’a rien gagné ni au plan national, ni au plan continental. Il lui restait à gagner la Coupe du Mali pour sauver une saison 2010-2011 à tous points calamiteuse et là aussi, ce fut un échec cuisant dont les raisons fondamentales sont imputables non pas à l’entraîneur, mais au Staff et son pilotage à vue. Il est évident que les résultats techniques enregistrés pendant ces deux dernières saisons par les équipes de football du Djoliba A.C, toutes catégories confondues, n’auront pas été à la hauteur des ambitions affichées par les membres et sympathisants du club.

 L’ambiance délétère, qui existe depuis longtemps au sein du club, aurait dû inciter les Présidents d’honneur et autres sages à s’investir franchement dans la recherche d’une solution de sauvetage du Djoliba. Aussi, face à leur indifférence ou leur silence assourdissant, l’organisation d’une Assemblée générale extraordinaire est plus que jamais d’actualité.

Il importe que le Président Karounga Kéïta présente un bilan à mi-parcours de son programme devant une Assemblée Générale du club.

Cette longue agonie du Djoliba inquiète les anciens sportifs qui appellent à un sursaut chez tout le peuple du Djoliba A.C. Il est temps de réagir et d’entreprendre une oeuvre de sauvetage de notre club qui passe forcément par une unité d’action.

Nous anciens sportifs, sommes prêts pour une action concertée, générale pour le progrès du Djoliba Athletic Club avec toutes les composantes du Club et principalement :

Les membres d’honneur, dont le silence assourdissant, est assimilable à une démission. Les membres du. Bureau qui, sacrifiant l’intérêt général à une amitié sans nom, se complaisent dans une approbation tacite de la mort du Grand Djoliba Les supporteurs pris en otage par ceux des leurs qui se servent sur le dos du Djoliba, doivent maintenant ouvrir les yeux et agir pour le salut de leur club.

On ne construit pas un grand club en privant des générations successives d’acteurs de l’initiative et de la responsabilité

Halte aux fossoyeurs du Djoliba!

 

Commentaires via Facebook :

PARTAGER