Réponse de l’Afrique à l’Occident : Pas question d’exécuter le mandat d’arrêt contre Kadhafi : Afrique, mon Afrique

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L’Union Africaine «décide que les états membres ne coopéreront pas à l’exécution du mandat d’arrêt» contre le colonel Kadhafi et demande au Conseil de sécurité de «mettre en œuvre les dispositions en vue d’annuler le processus de la CPI sur la Libye». C’est la décision issue, vendredi dernier, du 17e sommet ordinaire à Malabo sur la question Libyenne. Bienvenue dans les « Savanes Ancestrales »

Réunis à Malabo en Guinée équatoriale à l’issue du 17e sommet ordinaire de l’Union africaine (UA), les chefs d’Etat et de gouvernement ont décidé de ne pas exécuter le mandat international lancé par la Cour pénale internationale contre le leader libyen Mouammar Kadhafi. C’est le moins ce que l’opinion publique africaine attendait de ses dirigeants.

Occasion pour le continent de dénoncer ce drôle de justice. Dans le communiqué issu du sommet en effet, l’Union se dit «préoccupée par la manière dont le procureur de la Cour pénale internationale gère la situation en Libye, affaire déférée auprès de la CPI par le Conseil de sécurité des Nations unies». Et le président de la commission de l’Union Africaine, le Gabonais Jean Ping de poursuivre à la faveur de la  conférence de presse de clôture: «Nous sommes contre l’impunité. Nous sommes pour la lutte contre l’impunité. 31 pays africains font partie de la Cour pénale internationale mais nous sommes contre la manière dont elle fonctionne… Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Luis Moreno- Ocampo «ne condamne que des Africains, il ne juge que des Africains. En Afghanistan, au Pakistan, à Gaza, en Tchétchénie… Au Sri Lanka Il n’y a qu’en Afrique qu’il y a des problèmes ? C’est la question qu’on se pose»… Il existe trois tribunaux internationaux (Yougoslavie, Rwanda…) Vous les voyez (les magistrats) à la télé comme Ocampo. Vous les voyez en train de parader. On lui dit de lire le droit, pas de faire la politique…  Comme l’a dit un dirigeant: Ocampo, it’s a joke (Ocampo c’est une blague)».

Une opposition à prendre au sérieux

C’est certainement l’une des rares fois que les dirigeants du continent lèvent le ton (à raison) face à l’Occident. Un geste apprécié à sa juste valeur en Afrique. L’on peut dire à partir de cet instant, que commence la véritable décolonisation du continent. Enfin, la prise de conscience

Cette réaction signe en outre la baisse de l’influence occidentale et le début de la vraie résistance, voire de la dignité retrouvée des Africains.

Il faudra peut-être  s’attendre à un coup de force de la part de l’Europe de Sarkozy de Cameron, principaux instigateurs du mandat de la CPI. Ce, dans le seul but maintenir leur zone d’influence, à savoir, leurs anciennes colonies. Une attitude qui se traduira sans doute par un affrontement directe armée.

Et pour cause, cette résolution du 17ème sommet de l’Union est de nature à fournir la légitimité aux Etats et à tous groupes armés susceptibles de s’opposer à l’exécution du fameux mandat de la CPI. En clair, les Etats proches de la Libye ont désormais la caution de l’Union Africaine. Ce ne sont pas les pays de la sous-région sahélienne frappés de plein fouet par la crise libyenne (Tchad, Niger, Mali), et même au-delà de cette sphère (Yémen, Soudan, entre autres) qui se priveront d’une telle bénédiction.  Et s’il est vrai que c’est au sol, rien qu’au sol (pas les bombardements aériens), que l’on obtiendra le départ de Kadhafi, alors la bataille risquera d’être rude. Il faudra plus que la technologie pour remporter la victoire décisive.
Enfin la résolution de l’U.A constitue la meilleure leçon que le reste du contient pouvait donner à la Ligue Arabe, celle par qui tout est arrivé, un véritable dindon de la farce Occidentale.
B.S. Diarra

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