Industrie malienne du fer : La grande anarque (2ème partie) Des ménages maliens bientôt privés d’électricité

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La nouvelle industrie malienne du Fer a besoin de 18 MW d’électricité pour tourner en plein régime. La puissance de la Centrale hydroélectrique de Sotuba est de 5,7 MW et permettant de desservir les populations d’au moins deux communes du District.  Trouvez l’erreur !

Dans notre précédente livraison, nous évoquions «la Grande arnaque» qui caractérise la  création d’une unité Industrie dénommée «Industrie Malienne du Fer» («Le Combat»du mardi 28 juin 2011). Rien de mal à l’idée qu’une nouvelle unité s’installe au pays. Mais, il y a un hic.

Au non respect des critères de création d’une société de cette envergure (pas d’étude de faisabilité et environnementale, inexistence de matière première appropriée…), la  mise en service de la nouvelle entité privera une grande partie de la population d’électricité. Il se trouve que la société EDM S.A fait en ce moment objet d’intenses pressions politiques pour mettre la capacité demandée à disposition nonobstant les contraintes signalées.

18 MW en plein temps et au détriment des populations
Le gouvernement du Mali consent encore, à l’heure actuelle, d’énormes efforts afin de rendre l’électricité disponibles aux populations. Les populations d’abord! C’est bien pour elles que le président ATT s’est personnellement  impliqué  en vue de la résiliation du contrat de la société EDM avec le concessionnaire SAUR. Il n’est pas blâmable.

Les bénéfices de cet acte politique majeur se font ressentir aujourd’hui. Les délestages sont devenus un mauvais souvenir pour le Mali au contraire du Sénégal, de la Guinée et même de la Côte d’Ivoire, des pays aujourd’hui confrontés à des troubles sociaux en partie liés à un mauvais dessert de l’électricité.

Il existe cependant et malgré les prouesses du président de la République et de la société EDM elle-même, un important déficit d’électricité au Mali.

Selon les informations fournies par la société EDM S.A, les ménages constituent environ 86% de ses consommateurs. Les transports engrangent près de 10%, dont 88% et 9% pour les transports routiers et aériens respectivement. L’industrie consomme environ 3%, dont la moitié est constituée de la consommation des industries moins de 1%.

Ce sont les différentes centrales hydroélectriques et thermiques qui permettent d’approvisionner les consommateurs, parmi lesquels, rappelons-le, les ménages constituent 86%.

Une fonderie à l’image de celle annoncée par l’Industrie Malienne du Fer a besoin de 6MW pour tourner. Ce type d’industrie a horreur du refroidissement. Produisant des millions de calories, elle doit être perpétuellement sous tension et jamais en arrêt.

Et elle doit consommer  6MW, soit plus de l’équivalent de la production journalière de la Centrale hydroélectrique de Sotuba qui est de l’ordre de 5,7 MW. 6MW sont juste destinés au départ de l’usine. La société aura besoin de 12 MW supplémentaires pour assurer la production. En clair, le besoin de  l’industrie métallurgique en question  se chiffre 18 MW au total et en permanence. 

Et pour desservir de manière pérenne l’industrie en question, la société EDM S.A procédera indubitablement à d’importants délestages sur ses réseaux.

Auparavant, il lui faudra transporter l’électricité (Haute Tension), de ses centrales à Fougadou sur la route de Koulikoro (lieu d’implantation de l’usine), sur une distance 5 kilomètres en moyenne.

En somme, il est demandé à EDM S.A de renoncer à  son programme initial d’extension du réseau en faveur des ménages et autres industries, pour desservir la seule  société IMAFER. Rappelons que ces investissements supplémentaires seront de l’ordre de plusieurs centaines de millions  F CFA. 

A l’heure actuelle, nous apprend-on, la société Energie du Mali fait l’objet d’une grosse pression de la part des initiateurs de l’opération.

Qu’importe pour eux, les éventuels délestages auxquels EDM serait contrainte de procéder au niveau des ménages ! L’essentiel étant pour eux d’avoir leur jus

Tout ceci reste encore la partie visible de l’iceberg IMAFER.

La suite dans nos prochaines livraisons
B. Diarrassouba

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