Le Pr Issa N’Diaye à la rentrée solennelle de l’Université des Lettres et des sciences humaines de Bamako : “L’enseignement privé n’apporte rien au système éducatif malien car il vit sur le dos de l’Etat”

0
2





C’est un amphithéâtre plein comme un œuf qui a abrité, le mardi 10 janvier, la rentrée solennelle de l’Université des Lettres et des sciences humaines de Bamako (ULSHB). C’était en présence des recteurs des Universités de Bamako, des enseignants-chercheurs et des étudiants. Dans son mot de bienvenue, le recteur de l’ULSHB, Pr. Djénéba Traoré, a déclaré que sa structure est née de la scission de l’Université de Bamako en quatre entités. Cette nouvelle entité  comprend trois établissements : la faculté des Lettres, des langues et des sciences du langage et la faculté des sciences humaines et des sciences de l’éducation et   l’Institut universitaire de technologie. L’ ambition de cette Université, a souligné le recteur, est de produire des cadres compétents capables de contribuer au développement socio-économique du Mali. 

Dans cette lancée, fera-t-elle savoir, les missions de l’ULSHB sont de   contribuer à la réhabilitation du système éducatif. Auparavant, elle a tenu à remercier le conférencier pour avoir accepté de développer le thème sur la crise du système universitaire malien et de proposer quelques solutions.  A cette occasion,  le Pr. Issa N’Diaye  a donné une conférence sur le thème "La crise du système universitaire malien : quelles alternatives" dans laquelle il a détaillé les enjeux, les contraintes et les perspectives de notre système éducatif.

Une heure durant, l’éminent professeur  a disséqué les maux dont souffre l’école malienne dans sa globalité.  Pour le conférencier, la crise actuelle de l’école remonte à  plusieurs années. Il notera que cette crise tire sa source de  l’acharnement terrifiant sur le système éducatif par le régime militaire. "Car, les dirigeants de l’époque pensaient que les enseignants étaient la source de leurs problèmes. Ceux qui ne réussissaient pas à l’école, étaient orientés vers le métier des armes. C’est pourquoi, les militaires nourrissaient une haine envers les enseignants et autres intellectuels". S’y ajoute l’application des programmes d’ajustement structurel qui ont largement contribué à désorienter  le système éducatif. Ce qui s’est traduit par le désengagement de l’Etat et la privatisation de l’école.

"Ce qui arrive aujourd’hui à l’école malienne a des explications scientifiques : il est le résultat de la mauvaise politique. Mais cela n’est pas une fatalité " a-t-il ajouté.  Poursuivant son exposé, le Pr Ndiaye a indiqué que le  Mali  joue la politique du pompier.

En effet, a-t-il poursuivi, "chaque fois que la situation chauffe, on se précipite pour trouver des solutions momentanées et  partielles à des problèmes de fond et on passe à côté de la plaque. Nous devons nous attaquer à la racine du mal et non au mal lui-même ".

Cette politique nous a amenés à un bilan catastrophique et il faut avoir le courage de  constater que le système a atteint ses limites, a  noté le professeur. 

 "On ne peut pas reformer  la seule Université sans  reformer le système politique, économique et social " a-t-il averti

Ramata TEMBELY

NB - L'auteur de cet article est seul responsable de son contenu.