Ibrahim Kébé : «La Françafrique utilise l’ONU comme couverture, tire l’Europe en Afrique, et contrôle au plus près les chefs d’Etat africains»

3

La rencontre «Debout sur la Françafrique» s’est tenue les 7 et 8 janvier 2017, à la Maison des Arts Kandioura Coulibaly (ex-Kora films), à Magnambougou (Bamako-Mali). Nous avons rencontré Ibrahima Kébé Tamaguidé, membre de Faso Kanu et de la commission scientifique de l’Espace de discussion et de mobilisation pour la patrie, intitulé Guara Kéné. 

Qui sont les organisateurs de la rencontre ?

Nous sommes nombreux. Les organisateurs sont Faso Kanu, Radio Action Impact, Antorola, RJA, UJPA, MNP, À Sera a Dan Nan, Méritocratie malienne, Jeunesse engagée pour un Mali nouveau, Ali24/SC, Le mouvement Wati-Sera, Mouvement citoyen Yeleen Mali, Association mère enfants, AMC, ADEG/MALI, Les Rasta, Africa-culture…

Qu’est-ce qui a incité les organisateurs à initier cette rencontre ?

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de notre lutte quotidienne contre les relations nocives franco-africaines, c’est-à-dire contre la Françafrique qui est une réalité véritablement criminelle contre les peuples africains de l’ancien pré carré français. Pour pérenniser la relation entre la France et ses anciennes colonies, dont la politique passe avant la morale, le premier Sommet France Afrique a été organisé dès 1973. Depuis, l’événement se renouvelle tous les deux ans. Cela permet aux Chefs d’Etat africains soumis à l’ancien colon, et à la France de réfléchir et de travailler pour financer davantage d’opérations françaises secrètes en Afrique, d’approvisionner la France qui a toujours un besoin vital des ressources de l’Afrique, de réaliser leurs ambitions dans tous les domaines, au dépens des peuples africains qui sont les premiers impactés par la Françafrique.

La Françafrique utilise l’ONU comme couverture, tire l’Europe en Afrique, et contrôle au plus près les chefs d’Etat africains. La sortie de cette politique caricaturale néocoloniale au profit d’une véritable coopération entre l’Afrique, la France et d’autres pays encore, ne peut se faire que par l’instauration d’une politique nouvelle basée sur la vérité, la justice, la liberté, le respect mutuel, qui seule engendrera le bonheur des Africains. Au lieu de cela, les Sommets, aujourd’hui sournoisement qualifiés «Afrique France», continuent de se tenir dans le même esprit. Bamako accueillera le 27ème, du  13 au 14 janvier 2017. Au Mali, en France, et ailleurs, de nombreuses organisations se lèvent une fois encore pour en dénoncer le système.

Quel a été le programme de la rencontre de janvier ?

Il est important de rappeler que la rencontre des 7 et 8 janvier 2017 a été précédée par la projection du film “Que fait la France en Afrique ?», suivie de débats, le samedi 24 décembre 2016, à la Maison des Arts Kandioura Coulibaly (ex-Kora films) à Bamako. Nous tenons à remercier le Doyen Diatrou Diakité, Prof. Issa N’diye, Prof. Yoro Diakité, Cheick Oumar Sissoko, Samba Tembely, Biton Coulibaly, et Oumar Keita, entre autres, d’avoir accepté d’être nos conférenciers en janvier. Nous avons organisé deux panels dont les thèmes sont, d’une part le 7 janvier «La Françafrique, subtile, hypocrite, encore plus criminelle», et d’autre part le 8 janvier, après la projection de «La raison d’Etat», les panelistes ont traité de «Comment rompre avec le cercle vicieux de la Françafrique.» Nous avons également projeté de nombreuses photos qui attestent de l’influence dévastatrice que la politique française a eu au Rwanda, au Congo et en Côte d’Ivoire. Le public a aussi pu assister à une excellente prestation musicale contre la Françafrique.

Quels ont été les objectifs de cette rencontre ?

Les objectifs de cette rencontre sont ceux qui alimentent notre lutte. Ils sont clairs. Nous dénonçons toujours la nocivité de la politique franco-africaine à travers sa famille reconstituée que sont la diplomatie, l’armée, le Fcfa, la dette publique, et les ONG. Il est important de faire connaître les rouages du système, son rôle dans la prédation économique et le pillage des richesses du Continent par les entreprises françaises emblématiques que sont  Bolloré, Total, AREVA, Bouygues, etc. Nous expliquons sans cesse ce que devraient être la démocratie, les élections, et les droits humains. Nous démontrons à chaque fois les effets délétères des médias qui véhiculent la propagande de la Françafrique. Nous faisons aussi ressortir les liens destructeurs entre la Minusma, l’opération Barkhane et la Françafrique.

Que signifie la Françafrique pour les gens moins initiés ?

Pour les gens, la Françafrique est un univers occulte pour la quête du pouvoir, pour les trafics en tout genre et leurs corollaires que sont la violence et la misère qui frappent les populations africaines. Ils savent que la Françafrique est la normalisation de la continuation politique, économique  et culturelle de la politique française coloniale qui a soumis tous nos peuples. Et ils savent aussi que la responsabilité de certaines de nos élites africaines corrompues et assoiffées de pouvoir est absolument engagée dans la pérennisation du système de la Françafrique.

L’heure est au bilan, n’est-ce pas ?

Nous sommes satisfaits du bilan de cette rencontre. La qualité des panelistes et des échanges avec le public ne peut que faire avancer notre lutte. Nous tenons à souligner le rôle courageux de certaines radios de la place avant et après nos activités. Les gens qui sont venus sont des patriotes qui ont besoin de mieux comprendre le fond et les formes de la Françafrique, car mieux comprendre le système que vous subissez, c’est être mieux armés pour le combattre.

Propos recueillis par Françoise WASSERVOGEL

PARTAGER

3 COMMENTAIRES

  1. S’il est vrai que nous devons travailler dure et même très dure pour la construction de notre pays, il n’est demeure pas moins que les conditions dans lesquelles s’exercent nos efforts auront un impact certain sur les fruits des efforts, en terme d’amélioration des conditions de vie de tous et de chacun.

    Il faut des conditions externes favorables pour que nous ayons l’intégralité des bénéfices de nos efforts ou que nos efforts soient rémunérés à leur juste valeur. Ceux qui combattent la “Françafrique” pensent que nos relations actuelles avec la France sont un handicap et nous maintiennent dans le sous développement. La Françafrique a de nombreuses conséquences: maintien au pouvoirs de dirigeants africains les plus aptes à soutenir et préserver les intérêts de la France, capables d’exécuter les ordres et instructions de la France sans hésitation ni murmure (comme un soldat recevant un ordre de sa hiérarchie).
    Les élites politiques des pays africains concernés ont une grande part de responsabilité: par ce qu’elles entretiennent et soutiennent la “françafrique”. Si nous devront nous plaindre c’est auprès de nos responsables élus, c’est à eux que nous devons demander des comptes !

    Combien de maliens comprennent ces aspects ?
    Il n’y a pas beaucoup; c’est vrai, mais des actions d’information et d’éducation de ce genre qui permettent de “démocratiser” des concepts aussi complexes que la Françafrique.

    En mettant sur le même plateau partisans et détracteurs de la Françafrique pour un débat contradictoire, les citoyens allaient avoir aspects d’éléments afin de se faire sa propre appréciation sur la Françafrique.

    Nous ne devons pas tout mettre sur le dos des autres, continuer d’accuser l’extérieur comme étant la source de toutes nos difficultés et nos souffrances.

    Demandons nous, qu’est ce que nos élus ont fait pour que nous puissions bénéficier des fruits de nos efforts ? Les décisions et actes pris par eux vont-ils toujours dans le sens de la sauvegarde des intérêts nationaux ?

    Comment faire pour rompre la Françafrique tout en restant hors de portée de la foudre des défenseurs du système ?
    C’est un combat de longue halène, qui ne peut pas être gagner sans alliance par un seul leader, sans le soutien de la population.

    Prendre le temps de réfléchir n’est pas une perte de temps et encore moins un divertissement.

  2. Ce n est pas des gens comme ce petit qui pourrait faire des choses, il tourne et tourne et apres il fera comme a fait son ami Etienne fakaba siissoko , des gens comme cheick oumar issa ndiaye, yoro diakité ont tous été des ministres et meme ont participé a des tels sommets , il n’ont rien fait et ça quand ils etaient plus jeunes qu aujourd’hui. Vous ne servez à rien , ous avez plutot a vous remttre à travailler mieux que ça en vous mettant avec des jeunes qui peuvent avoir la meme conviction que vous r comme tu l as fait avec feu Amadou Djikoroni, tu rodes et tu tu te gaves religieusement de leurs propos et pouf y a rien, sors de toi meme prend des initiatives et marche car tu n es rien pour primariser d autres gens, Kébé, le mal souffre de la pratique car toutes les theories qu incarnet tes vieux loups doivent etre simplement appliquées , tu nous ramenes a des années de lute et tu risque de finir comme eux dttache toi de ces loups qui sont entrain aujourd hui de façon indigne chercher a manger et criblés de dettes, ils ont jamais fait du bien ni pour des gens ni pour ce pays, ils sont renfermés sur eux memes, tu perds ton temps, tu veux militer pour prendre le pouvoir ou tu es un simple animateur qui chaque fois qu il veut soulager sa conscience nous fait vomir une ieologie petrifiée alors , je te dis cherche a etre modeste et sors des entrailles de la poliique des remerciement de tes dieux comme yoro cheick oumar et a moindre mesure Issa ndiaye car lui au moins il pose des analyses, alors sors des entrailles des salam alaykou merci a telle personne la lutte se fait dans l inderground des jeunes que tu maitrises car avec ce petit niveau que tuas tu penses que tu es deja pau sommet de la connaissance , tes connaissances ne sont que du gavage que tu as eu avec mariko et plus tard avec feu le grand amadou Traoré que je respecte . TU NE CONNAIS rien ,mets toi au travail en te mettant a la dimension de tes camarades qui sont nombreux et avec les quels tu peux faire une veritable contadiction et avancer o a besoin de prendre le pouvoir et évincer toutes les scories des années 91. L’intelligence n est pas ou plus de critiquer de façon stérile mais d avoir un plan pour prendre le pouvoir et prendre des decisions si non tu vas pourrir dans cette spirale
    Doumbia

  3. Moi je pense que les jeunes doivent travailler au lieu de passer tout leur temps a faire des conférences inutiles. C’est en travaillant pour avoir une économie solide qu’on peut s’émanciper. Comme le Mali seul ne peut rien contre cette France Afrique, ALORS il faut cesser de vous distraire et TRAVAILLER DUR.

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here