L’Ambassadeur des Pays-Bas, son excellence Maarten A. Brouwer : «Il importe d’avoir des élections rapidement pour donner une légitimité renforcée au gouvernement malien »

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Comme il est de coutume depuis la fin du 19e siècle, les Pays-Bas célèbrent ce mardi 30 avril, la Fête de la Reine. A cet effet, de nombreuses activités vont ponctuer cette journée de fête. Il existe une très forte communauté néerlandaise au Mali et l’axe Amsterdam-Bamako, est plus que jamais au beau fixe. C’est dans ce cadre, que l’Ambassadeur des Pays-Bas au Mali, Maarten A. Brouwer nous a accordé une interview exclusive dans laquelle il évoque le sens de cette journée, de la Hollande sous divers aspects, sa place au sein de l’Union Européenne et la coopération qu’elle entretient avec le Mali. Il se prononce également sur la double crise sécuritaire et politico-institutionnelle que traverse notre pays ainsi que les perspectives qui se dessinent pour lui permettre de renouer avec la paix et la démocratie.

Son Excellence Maarten A; Brouwer, répondant aux questions de notre directeur de publication, Saouti Haidara , dans son bureau au siège de l'Indépendant
Son Excellence Maarten A; Brouwer, répondant aux questions de notre directeur de publication, Saouti Haidara , dans son bureau au siège de l’Indépendant

L‘Indépendant : Votre pays célèbre sa fête nationale le 30 avril. Que recouvre cette date ?

Maarten A. Brouwer : C’est la date d’anniversaire de la reine Juliana, la mère de la reine actuelle, la reine Béatrix. Au moment de l’abdication de la reine Juliana et l’entrée en fonction de la reine Béatrix, celle-ci a décidé de rendre hommage à sa mère en commémorant cette date. Ainsi notre  fête nationale intervient au printemps, quand il fait beau, que le pays est vert et beaucoup de festivités peuvent être organisées.

Quel est le rôle que joue la Monarchie dans le champ institutionnel hollandais ?

C’est un rôle important et cela me donne l’occasion de rappeler ici quelques faits historiques. Il y a la fête de la reine le 30 avril mais, cette année, c’est une célébration assez spéciale parce qu’elle coïncide  avec l’intronisation du nouveau roi, Willem Alexander. Nous célébrons aussi les 200 ans de démocratie au Pays-Bas. C’est en 1813, soit 2 ans après l’avènement au pouvoir de Napoléon, que nous avons introduit la démocratie. C’est durant cette période que nous avons décidé du contenu de la Constitution et  du rôle constitutionnel des différents pouvoirs. Pendant  cette période, le rôle de  la reine a changé.

Actuellement, son rôle dans la politique est limité mais il reste important comme symbole d’unité des Pays-Bas. C’est un rôle qui n’est pas seulement cérémoniel. Par exemple, pour les missions comme le commerce à l’extérieur, on utilise la reine pour nouer des contacts avec le milieu des affaires dans les autres pays. Aussi, chaque année, lors de l’ouverture de l’année budgétaire, le 3e mardi de septembre c’est la reine qui lit le programme du gouvernement pour l’année à venir.

Votre pays répond à quatre appellations : Pays-Bas, Hollande, Netherlands, Nederland. D’où lui vient cette spécificité ?

Le mot Netherlands ou Nederland veut dire Pays-Bas en français. C’est la traduction exacte. Netherlands signifie Pays-Bas. Dans l’Ouest du pays, nous sommes sous le niveau de la mer. Et, dans l’Est, le niveau est plus haut que celui de la mer. Quand on utilise le mot Hollande, c’est seulement la partie située à l’Ouest des Pays-Bas ; le Centre et l’Est des Pays-Bas sont des zones plus élevées que le niveau de la mer. C’est pour cela que notre lutte contre l’eau et la mer est bien connue dans le monde. C’est le symbole des Pays-Bas. Nous avons beaucoup d’expérience pour préserver toute la région de l’Ouest des Pays-Bas de la menace de la mer.

Quelle est la place des Pays-Bas au sein de l’Union Européenne ?

Les Pays-Bas jouent un rôle important au sein de l’Union Européenne. Les Pays-Bas sont avec la Belgique, le Luxembourg, la France, l’Allemagne et l’Italie l’un des six pays fondateurs de l’Union Européenne. Il y a naturellement l’Allemagne, la Grande Bretagne, l’Italie, la France, qui sont les quatre grandes puissances de l’Union Européenne. Viennent ensuite l’Espagne, les Pays-Bas. Nous sommes dans le groupe des moyens.

Puis arrivent les autres pays avec une économie plus limitée. Donc nous sommes un pays fondateur de l’Union Européenne. C’est important politiquement. Nous sommes un pays avec une économie relativement forte mais pas la plus grande. Nous avons une économie très ouverte grâce notamment au Port de Rotterdam. Avec notre système judiciaire, notre participation dans le domaine bancaire en Europe est l’une des plus élevées.

Sur quoi repose fondamentalement l’économie néerlandaise ?

Nous sommes le deuxième exportateur de produits agricoles dans le monde après les Etats-Unis. Nous sommes un pays avec un secteur des Technologies de l’Information et de la Communication très développé, nous avons un secteur de services très important également parce que lié à notre position de pays tourné vers l’extérieur. L’économie des Pays-Bas est en effet,  une économie très ouverte. Nous gagnons 70% de notre produit national à l’extérieur. L’importation occupe plus de 65% de notre économie. A ce titre, le secteur du commerce joue un rôle très important et l’assistance d’un système juridique performant accorde encore plus de garantie à ce secteur.

Notre participation dans le secteur logistique est aussi très importante. Elle est aussi liée à notre position géographique stratégique avec notamment le Port de Rotterdam et l’aéroport de Schiphol. Il y a beaucoup de produits qui arrivent par ces infrastructures et nous devons les transporter dans de nombreux pays européens. Mais le secteur par lequel nous brillons vraiment au sein de la communauté internationale est le secteur bancaire. C’est un secteur développé grâce au commerce qui est un domaine où nous avons excellé depuis le 7e siècle, lequel représente notre siècle d’or. Il était nécessaire de faciliter le commerce à travers le système bancaire. Nous n’avons pas la plus grande banque du monde mais nous avons certainement l’un des systèmes bancaires le plus important dans le monde et il joue un grand rôle dans notre économie.

Quand on parle des Pays-Bas, il y a aussi la cité mythique de la Haye qui attire l’attention si on doit revenir sur le plan historique. Comment pouvez-vous expliquer le choix porté sur la Haye pour être le centre de la justice internationale d’abord par la CIJ ensuite la CPI aujourd’hui?  

Cette question me donne l’opportunité de parler d’une autre fête qu’on célèbre chez nous cette année. On célèbre aussi la 100ème année de l’établissement de la Cour Internationale de la Haye en 1913. Pourquoi la Haye ? Parce qu’à cette époque les Pays-Bas n’étaient pas l’un des pouvoirs les plus forts du monde et de l’Europe. Deuxièmement, les Néerlandais voulaient rester neutres dans cette période de la première guerre mondiale. Troisièmement, c’était un pays accessible à tout le monde et avec une base légale et idéologique parce qu’il possède un statut juridique fort. C’est dans ce contexte que nous avons été choisis pour accueillir la Cour Internationale de la justice à La Haye. Après d’autres  d’institutions  se sont ajoutées à la C J I: la Cour pénale internationale (CPI) suivie d’une Cour pour la médiation à La Haye. Ainsi, La Haye est devenue comme le centre de la justice internationale. Nous sommes très fiers de cela ce n’est pas seulement en terme de bonne image, mais c’est aussi lié à un intérêt profond des Pays-Bas. Pour nous, être un pays dirigé par des règles, des procédures, un système de la justice, une crédibilité au niveau international, c’est vraiment important pour l’intérêt intrinsèque des Pays-Bas.

A quand remonte l’établissement des relations entre la Hollande et le Mali et sur quoi porte la coopération entre les deux Etats ?

Nous avons établi des relations diplomatiques avec le Mali quelques années après son indépendance. Durant les premières années, ces relations fonctionnaient à travers notre ambassade à Dakar. C’est vers les années 80 que nous avons ouvert une ambassade ici à Bamako. Notre coopération dans le domaine du développement a commencé dans les années 70. C’était par solidarité lors d’une période difficile dans le Sahel en raison de la sécheresse. C’était une raison pour les Pays-Bas de s’engager au Mali pour l’assistance humanitaire et pour trouver une solution plus durable pour la sécurité alimentaire. C’est ainsi que nous avons commencé notre coopération avec l’Office du Niger.

Quand on compare la situation de l’Office du Niger dans les années 80 où il se produisait 60.000T de riz à celle d’aujourd’hui où il produit près de 674 000t de riz par an, soit une progression de l’ordre de 110%, la différence est remarquable. C’est surtout grâce aux producteurs, aux techniciens et à l’appui des Pays-Bas que ce résultat a été atteint ainsi que  le concours des autres bailleurs. Maintenant, à l’Office du Niger, il y a une coopération pour une diversification des produits comme les pommes de terre, les tomates, les oignons pendant la contre-saison. Le nombre d’hectares à l’Office du Niger est de 111 000 hectares. Vers la fin des années 80, il y avait des développements politiques ici au Mali et  nous avons coopéré  dans le domaine de la protection des droits de l’homme. Là, c’était un élément plutôt politique de notre programme. A la fin des années 90 jusqu’à 2000, nous avons aussi participé dans le secteur du coton,  pour améliorer le système de production et pour promouvoir les revenus des paysans.

Dans les années 2000 jusqu’à 2006, nous avons aidé à développer cette filière avec des conditions en ce qui concerne le financement du secteur du coton. Durant cette période, il y avait une croissance économique annuelle au Mali qui oscillait entre 4, 5 et 6 %. C’est une très bonne chose d’avoir une bonne croissance économique et une stabilisation renforcée et durable mais  la population doit tirer profit de cette croissance. Raison pour laquelle nous nous sommes engagés dans les secteurs sociaux de base à travers la promotion de l’éducation et la santé car ce sont les seuls gages pour traduire cette croissance économique en accès au développement  pour les populations.

L’année passée, nous avons dû dire au gouvernement, après une période de 10 ans dans le secteur de l’éducation, que nous allons quitter ce secteur. Nous étions très fiers du degré d’accès à l’éducation mais beaucoup reste à faire par rapport à la qualité de la formation. Cette question est discutée par le Mali  en concertation avec les autres partenaires. Ce que nous pouvons observer, c’est que la coopération a évolué, d’abord avec l’agriculture, la sécurité alimentaire. Vers les années 80, elle a intégré le domaine des droits de l’homme et plus tard celui des services sociaux. Ce sont donc les besoins au Mali qui guident nos domaines d’intervention.

En dehors de la coopération au développement, il y a, semble-t-il, des ONG néerlandaises, qui coopèrent au Mali. Avez-vous une idée de leur nombre et de ce qu’elles apportent ?

Il y a l’ONG ICCO qui intervient dans le domaine de l’agriculture à Sikasso pour renforcer la contribution du secteur privé. Nous avons aussi Oxfam Novib, qui est une organisation néerlandaise, partie du groupe Oxfam, qui travaille à Kayes pour le moment. Les ONG’s interviennent également dans le domaine de la formation professionnelle et les médias. Plan International s’occupe du bien-être des enfants. Toujours dans le domaine de l’agriculture, dans le cadre d’un partenariat avec l’Office du Niger et d’autres institutions, beaucoup de Maliens ont été formés à l’université de Wageningen qui est un centre d’expertise pour l’agriculture tropicale.

Y a-t-il des entreprises hollandaises qui sont présentes au Mali ?

C’est encore un volet très faible. Nous souhaitons vraiment renforcer la présence du secteur privé néerlandais au Mali. Il y a deux entreprises pour le moment à savoir Mali Biocarburant qui produit à Koulikoro et un bureau de conseil établi ici et qui intervient dans le domaine du commerce. Mais c’est surtout au niveau du secteur agricole qu’on intervient. Un exemple de commerce réussi entre les deux pays, ce sont les produits néerlandais qui arrivent au Mali. Dans le domaine des mangues également, nous avons une coopération en ce sens qu’il existe un projet pour améliorer la qualité de stockage de mangues au Mali en collaboration avec un très grand groupe de supermarché en Hollande.

Excellence, comment avez-vous vécu l’occupation du nord du Mali et le coup d’Etat militaire qui en a résulté et quelle analyse faites-vous de la situation actuelle que traverse le Mali ?

J’avoue que c’est une question assez délicate. Pour nous, la sécurité dans le nord avant janvier 2012, s’était considérablement affaiblie, ce qui a d’ailleurs conduit à une baisse du tourisme car, pendant dans cette période c’était très difficile d’aller dans cette zone. Notre conseil de voyage lançait des signaux négatifs pour le déplacement au nord. Mais l’attaque lancée par le MNLA, le 12 janvier 2012, a été une surprise pour nous. Si l’on analyse la situation actuellement, nous pouvons constater que la gouvernance du pays était relativement faible en raison d’une transition politique en cours avant les élections. Je pense que depuis la période de 2005, on assiste à une croissance de la présence des groupes rebelles dans le nord et des activités criminelles et aussi un mélange des deux. C’est une situation dangereuse parce qu’il y a une base de l’économie criminelle qui est assez importante pour inciter les groupes rebelles à s’établir vraiment dans le nord, et c’est un risque. En même temps, il y avait des accords passés avec les groupes rebelles entrainant un retrait de l’armée et, si celle-ci se retire, la gendarmerie et la police aussi se retirent. Il n’y avait plus une présence de l’Etat dans le nord pour assurer la stabilité et la sécurité dans cette partie.  Nous avions espéré  qu’il était possible pour le Mali d’avoir une transition en avril 2012 du pouvoir pacifique.  Au même moment, il y avait aussi une transition mouvementée du pouvoir au Sénégal. Nous avions cru que ce serait plus pacifique ici qu’au Sénégal. Mais ce fut l’inverse. La période qui suivit le coup d’Etat était difficile et instable et nous avons eu beaucoup de communication avec la communauté néerlandaise établie ici.  Nous avons estimé qu’il était possible de rester ici même si les conseils de voyage étaient négatifs. Nous avons aussi recommandé aux Néerlandais dont la présence n’était pas nécessaire qu’il valait mieux qu’ils repartent. Mais la plupart d’entre eux sont restés ici même après l’intervention française à Konna. Pour moi, c’est une indication que la communauté néerlandaise a bien trouvé ses marques au Mali.

L’analyse que l’on doit faire actuellement c’est une réflexion profonde sur la démocratie. De 1991 à nos jours, les Maliens  doivent revoir leur modèle démocratique. Le constat est que peut être que le pays n’a pas réalisé l’objectif de cette expérience démocratique. Je crois que c’est maintenant que le Mali peut repenser et refonder le modèle de sa démocratie. Et je dis que cela ne dépend pas uniquement des élections, bien qu’elles soient une étape importante dans le processus. C’est aussi l’occasion d’analyser la question de la relation entre le gouvernement et la population.

Le rôle de la société civile, le rôle du secteur privé, la coopération entre le secteur public et le secteur privé et la séparation des deux. Il faut comprendre aussi que les besoins de Gao et Kidal ne sont pas les mêmes qu’à Sikasso ou à Kayes. Il est nécessaire aussi de revoir le système de la décentralisation. Parce qu’on a une décentralisation assez forte au niveau politique avec des élus et des collectivités au niveau des cercles mais les ressources financières sont encore décidées et orientées vers le niveau central. Donc, même au niveau local on doit renforcer le rôle des collectivités. J’espère que nous pourrons donner la possibilité pour les communautés de se rencontrer, de discuter, de dialoguer, de se réconcilier et d’exprimer quels sont leurs besoins pour vivre bien ensemble et le gouvernement doit les satisfaire. Donc, ce n’est pas une discussion au niveau central ni avec des groupes armés ou non armés, on doit chercher les solutions au niveau de communautés aussi bien celles du nord que du sud. Parce que l’instabilité ne concerne pas uniquement le nord. On doit vraiment donner l’opportunité aux communautés d’exprimer leurs besoins et le gouvernement doit être disposé à les satisfaire.

Et ce sont des points essentiels pour chaque démocratie. C’est aussi la même chose aux Pays-Bas. Comme je l’ai dit tantôt, il faut repenser le modèle démocratique parce que la démocratie de 1813 en Hollande, ce n’est pas la démocratie d’aujourd’hui. On doit lutter pour la démocratie et participer dans ce processus. Si une grande partie de la population ne veut pas participer dans ce processus, c’est très difficile d’arriver à un bon fonctionnement de cette démocratie. Il faut éviter aussi les ruptures dans les relations entre le gouvernement et la population. Ces ruptures peuvent concerner aussi bien le nord que le sud du pays. On a besoin d’un gouvernement avec une légitimité obtenue grâce à l’implication de la population. Ce ne sont pas seulement les élections qui vont donner cette légitimité, ce sont aussi les activités du gouvernement.

Comment voyez-vous, Excellence, les perspectives à court terme pour le Mali ?

Cette sortie de crise va prendre du temps. Ce n’est pas une affaire de deux ou trois mois et après on retrouve la même situation qu’avant. Je me réjouis du choix de la date de juillet pour la présidentielle mais je pense qu’il y a deux choses très importantes qu’il ne faut pas perdre de vue. La première, c’est la participation des électeurs. On doit réaliser un taux de participation plus élevé qu’avant. 30 % ne suffisent pas. Si l’élection présidentielle peut avoir un taux de participation de 50%, cela va nous réjouir. Parce qu’on a besoin d’une légitimité forte.

Une participation forte aux élections  exige le retour des réfugiés et le retour de l’administration dans toutes les régions. On a besoin d’un plan pour cela. L’autre élément, c’est de communiquer très rapidement les résultats. Plus la période entre l’élection et l’annonce des résultats va durer, moins seront crédibles ces résultats pour la population. Donc, l’expérience sénégalaise est inspiratrice avec un système de communication très rapide.

L’élection présidentielle peut donner une légitimité renforcée au gouvernement pour s’attaquer à ces questions de réconciliation. Je pense aussi qu’avec ces élections et les développements des derniers mois, les bailleurs peuvent reprendre la coopération; pour nous, c’est une reprise graduelle avec notamment un accompagnement  plus renforcé et cela a permis aux ONG et au gouvernement de continuer en 2012 à fournir des services de base J’espère aussi que l’analyse et les prévisions du FMI pourront se réaliser, c’est-à-dire qu’au niveau macro-économique, il y aura une croissance certes modeste mais qui pourra donner des possibilités et permettre au pays de sortir de cette crise.

L’implication des médias privés qui donnent les résultats au fur et à mesure qu’ils sont disponibles dans les bureaux de vote, sans attendre que le ministère de l’intérieur les annonce officiellement ?

Il faut aussi impliquer les médias qui sont une partie importante de la société. Il y a un rôle que les médias doivent jouer, qui n’est pas seulement de donner des consignes de vote pour les candidats mais ils doivent observer une neutralité au niveau de la communication des résultats. C’est un défi  pour les médias et pour le gouvernement de travailler ensemble dans ce domaine.

Pour la tenue de ces élections, le Mali a besoin  de l’accompagnement technique et financier de tous ses partenaires. Allez-vous l’assister dans ce processus ? 

La simple réponse, c’est oui. Le pays seul ne peut pas créer une base financière suffisante pour tenir des élections. Nous avons besoin d’une coopération entre tous les bailleurs pour assister le Mali et son gouvernement. Mais, en principe, ce n’est pas une surprise d’avoir des élections. Le gouvernement est en mesure de préparer les élections et réserver le budget pour ces échéances.

Dans le passé, j’ai eu comme l’impression que le Mali a  trop compté sur les bailleurs pour financer des élections. La démocratie, c’est d’abord celle des Maliens, ce n’est pas celle des Néerlandais, des Américains et des Français. Ce sont les ressources maliennes qui devraient être mises à profit pour ces élections. Maintenant, ce sont des circonstances exceptionnelles. Je pense que c’est une bonne chose pour participer au financement. Mais, on doit aussi réfléchir sur ce financement dans une manière structurée. Ne pas compter uniquement sur l’assistance extérieure.

Mettre de l’argent d’année en année pour préparer les élections au bout de 5 ans ?

Oui, par exemple.

 

          Réalisée par la Rédaction 

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2 COMMENTAIRES

  1. Merci a vous et c’est affirmatif, mais le seul probleme comment faire de bonnes elections dans la cacophonie actuelle ❓ .

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