Crise du Nord: La ville de Gao vit les conséquences désastreuses de l’insurrection

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Depuis la prise des armes des insurgés du MNLA, la ville de Gao n’a pas connu de combat au sens propre du terme, mais elle vit aujourd’hui un calvaire qui est directement lié à cette situation de belligérance.

 A Gao, la première des choses qui est remarquable aujourd’hui c’est que la vie est devenue très, très chère. Les prix des céréales et des denrées de première nécessité ont grimpé d’une manière vertigineuse. Le sac de 100 kg de riz provenant de l’étranger est à 40 000 FCFA, le gambiaca à plus de 47 500 F. Selon un commerçant venu de Gao que nous avons rencontré récemment, cette situation crée une malnutrition aigue au sein de la population, surtout au niveau des enfants. Les hôpitaux et les centres de références sont débordés. Ils reçoivent des malades provenant de tous les horizons. Car, plus au nord de Gao, il n’ya plus de médecin dans les centres de référence,  à Ménaka, Aguelhok et dans les zones nomades environnantes de la ville de Gao.

 En plus de cette situation de crise et de débordement, les populations endurent une autre psychose, celle des armes. En début de semaine,   l’armée a procédé à des frouilles dans certaines familles suspectes de la ville de Gao; ces fouilles ont fait découvrir d’importantes quantités d’armes de guerre dans beaucoup de familles touareg, même celles qui paraissent les plus loyales. Notamment  chez certains conseillers nationaux et certains hommes en uniforme. Ceux-ci, ayant appris que l’armée allait débarquer chez eux, ont préféré s’enfuir, abandonnant leurs maisons.

 A cette situation s’ajoute le cas épineux de certains éléments de Gandakoy (l’ex mouvement patriotique d’autodéfense) qui ont eu à recruter des combattants pour le MNLA. Ces combattants estiment qu’ils ont été trahis par leurs leaders, car on leur aurait dit qu’ils partent pour s’entrainer en brousse au compte du MPJK pour venir défendre leurs zones       .  A leur arrivée, ils se sont retrouvés en face d’une base du MNLA. Beaucoup d’entre eux ont préféré prendre la fuite et rejoindre Gao. Ce sont ceux-là qui ont révélé la supercherie. Le MPGK n’a jamais été un mouvement de libération ou une rébellion contre le gouvernement malien, il a toujours servi les populations du Nord dans le cadre d’une autodéfense. Ces populations sédentaires se voyaient martyrisées et dépossédées de leurs biens : véhicules, bétails, etc.

Aujourd’hui ce sont quelques leaders qui ont pris de l’argent pour vendre leurs combattants à l’ennemi. Ces différentes situations que la ville de Gao est entrain de vivre mettent mal à l’aise une grande partie de la population.

Espérons qu’il y aura une décrispation de la situation et que le Mali retrouvera son unité nationale, sa cohésion culturelle  et que le dialogue primera sur les armes.

 Notre démocratie est citée en exemple dans la sous région. En l’occurrence, elle n’a pas besoin d’un tel coup bas de la part d’une partie de sa population, mais de la cohabitation parfaite de tous les fils du pays.

M.Maïga

 

 

 

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