Crise malienne : L’Union européenne aurait-elle pu intervenir ?

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« Pour déclencher une mission comme serval dans un cadre européen, l’Union européenne rencontrerait plusieurs difficultés. D’abord, il y a une question de disponibilité des forces des forces et la volonté de les engager. Le premier problème, dans l’Union européenne, c’est que les Européens ont de moins en moins de capacité de défense. (…)

 

 

« Par ailleurs, l’Union européenne est un tel promoteur de paix entre nous que certains des vingt-sept Etats membres sont des pacifistes tous azimuts qui ne se demandent pas si la préservation de la paix chez nous pourrait nécessaire d’intervenir au-dehors pour nous protéger et éviter le développement du terrorisme. (…)

 

 

« Ensuite, il y a une question de volonté de déclencher l’action, de se projeter à l’extérieur. Pour que la décision d’intervenir soit prise, il faut arriver à une analyse partagée que la cause est bonne. Vis-à-vis de la Libye, la réaction de l’Union européenne a été bien pire que pour le Mali, l’Union ayant décliné toute compétence dans cette crise qui s’est déclarée plus vite. Alors que la France, par la voix d’Alain Juppé, lors du conseil des affaires étrangères du 11 mars 2011, avait plaidé pour que l’Union européenne joue un rôle dans la résolution de la crise libyenne, vingt-six Etats membres ont dit non.

 

 

« Si l’analyse politique d’une pertinence de l’action arrive à être partagée, encore faut-il trouver des partenaires capables d’intervenir. Or celui qui, culturellement, est le plus proche d’une certaine vision de politique étrangère, à savoir le Royaume-Uni, est aussi celui qui réfute, la plupart du temps, la pertinence d’un cadre européen pour les questions de sécurité. (…) »

 

 

« Le Mali est-il un échec ? (…). L’Uion européenne n’est pas plus à blâmer que quiconque : même quand un gouvernement national a toutes les raisons de considérer qu’il y a un risque et qu’il faut prévenir un conflit, les décisions politiques d’agir, qui peuvent être coûteuses, se prennent en général au pied du mur. Pour l’Union européenne, c’est la même chose multipliée par vingt-sept. Ce qui est à blâmer, c’est le réflexe naturel et politique, devant des moyens limités, d’hésiter à faire des choses. »

 

Source : M. Jean-Louis Falconi, ambassadeur représentant de France auprès du Comité politique et de sécurité de l’Union européenne. 

SOURCE:  du   28 mai 2013.    

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