De quoi je me mêle / Au secours, Assarid est vivant!

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Les Maliens  doivent  réapprendre à s’aimer. Un connaisseur de notre société préfère dire « apprendre plutôt que réapprendre,  car  notre culture serait  celle de l’orgueil bidon et de la haine sourde. Il prend deux exemples de sagesse populaire bamanan. Le premier, pour rester dans la métaphore des plantations, est pour lui le fondement de la « gouvernance-manioc » : « si je dis queue et tu réponds manioc, tu iras le croquer dans l’au-delà ».

 Le second modélise  le  mépris des générations futures : «ce que tu trouves, c’est ça ta part ». Est-ce pourquoi, un ancien député et  ministre de la République -sa pick-up a été vue en train de rôder sur les lieux du crime-  que j’ai régulièrement invité à ma table a fait enlever mon mouton la  veille de la tabaski, arrachant au fiston le sanglot hystérique de ceux qui n’ont désormais  plus rien à attendre de la vie? Est-ce aussi pourquoi un chef de parti, ancien député, ministre et leader estudiantin, a  éteint son téléphone la veille et le jour de la fête, obtenu que son épouse et ses enfants fassent de même, et affiché sur sa porte fermée à double tour la mention « chiens méchants » ? Non, il faut qu’on s’aime.

Et Assarid Ag Imbarkawane sera d’accord avec moi. Le vice-président du parlement qui a encore cinq bonnes décennies devant lui,  a dû entendre, de son pèlerinage sur les lieux saints de l’Islam, toutes ces trois versions sur son compte : foudroyé par son cœur à la première rakat ; réduit en bouillie par un camion sans freins ; piétiné par les pèlerins nigérians.

Heureusement que certains dénonçant « un complot politique » obtinrent  que le questeur lui parlât. Encore que même là, il y avait des sceptiques : «  ce pouvait bien être un enregistrement laissé sur son répondeur » juste pour nier qu’il ne peut plus être candidat ou aider Dioncounda Traoré, un autre revenant. Or, je ne veux pas me mêler des affaires de Gao, mais  il paraît qu’Assarid est sur le chemin du retour. Qu’il attrape seulement celui qui dit partout « au secours, il est vivant» !

Adam Thiam  

 

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