Lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme : Sensibilisation d’acteurs clés a l’obligation de vigilance

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Lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme
Des billet de Banque

L’implication effective des professions non financières désignées comme les avocats, les notaires, les comptables, les agences immobilières, les maisons de jeux, les marchands de pierres précieuses, est indispensable dans le combat contre de nouvelles menaces comme le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Ces deux fléaux, auxquels les pays de la sous-région doivent s’attaquer résolument, relèvent d’une question de sécurité en ces temps troubles dans l’espace ouest-africain. C’est pour mener la lutte contre ces nouvelles menaces qu’a été créé le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA).

Cet organisme organise en ce moment dans notre capitale, un atelier national de sensibilisation au profit justement des entreprises et professions non financières désignées (EPNFD). La rencontre s’est ouverte hier à l’hôtel Azalai Dunia.  La cérémonie d’ouverture présidée par Amadou Togola, conseiller technique au ministère de l’Economie et de Finances, s’est déroulée en présence du responsable principal des programmes du GIABA, Mme Stella Atakpah, du président de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) et correspondant national du GIABA au Mali, Modibo Sylla.

La session qui s’inscrit dans le programme d’activités 2014 du GIABA, entend sensibiliser les agents des EPNFD et les organismes d’autoréglementation sur les normes révisées du GAFI (Groupe d’action financière) et renforcer leur capacité à remplir leur rôle dans l’application effective de ces normes.

L’atelier de deux jours  devrait permettre à court et moyen terme, un accroissement du nombre de déclarations d’opérations suspectes transmises à la CENTIF par les EPNFD, une amélioration du régime de surveillance et de l’intégrité des EPNFD et une amélioration de la conformité des EPNFD aux recommandations révisées du GAFI au cours du 2ème cycle d’évaluation mutuelle.

Le président du CENTIF a souligné le rôle important du secteur des entreprises et professions non financières désignées dans le développement du pays et la création de la richesse nationale. Les études de typologies menées par le GIABA et le GAFI établissent que le secteur peut  présenter des vulnérabilités en matière de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. C’est pourquoi,  les différentes lois relatives à ces questions soumettent les EPNFD à des obligations de déclarations de soupçon. « Malgré cela, elles tardent à faire ces déclarations», note Modibo Sylla, en espérant que la présente session permettra de corriger cette insuffisance.

Pour la responsable des programmes du GIABA, la lutte contre la criminalité financière dont les formes les plus saillantes sont le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, est de nos jours une priorité majeure pour l’ensemble des pays, eu égard à l’interdépendance des économies et aux impacts socio-économiques et sécuritaires négatifs de ces fléaux. Cette lutte multisectorielle, a poursuivi Mme Stella Atakpah repose sur trois départements ministériels : ceux en charge des Finances, de la Sécurité et de la Justice. Mais elle repose aussi et singulièrement sur l’implication effective des acteurs clés que sont les assujetties, notamment les entreprises et professions non financières désignées c’est-à-dire les avocats, les notaires, les comptables, les agences immobilières, les casinos ou maisons de jeux, les marchands de pierres précieuses, etc.

Mme Stella Atakpah a relevé que le caractère informel des économies fortement basées sur des transactions en espèces crée  de réelles facilités pour le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme par le biais des entreprises et professions non financières désignées. Or, la plupart des EPNFD ne maîtrisent pas encore totalement les recommandations 10 et 11 du Groupe d’action financière (GAFI), relatives à l’obligation de vigilance à l’égard de la clientèle et la conservation des documents.

En février 2012, les recommandations du GAFI ont été révisées pour répondre aux menaces nouvelles, clarifier et renforcer les obligations existantes. Cette révision majeure exige que les EPNFD, à l’instar des pays et des institutions financières, prennent des mesures appropriées pour identifier, évaluer les risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme et mettre en place des mécanismes efficaces pour les atténuer.

Le GIABA, en sa qualité d’organisme régional de style GAFI, a donc la charge  de promouvoir ces nouveaux standards au niveau de l’ensemble des Etats membres. Ce qui permettra de mieux préparer le second cycle d’évaluation mutuelle qui doit démarrer au plus tard au premier semestre de l’année 2016, a précisé Mme Stella Atakpah.

Dans son assistance technique aux Etats membres, le GIABA a ainsi entamé une série de programmes de sensibilisation au profit des EPNFD dans certains Etats tels que le Mali, le Libéria, le Sénégal, le Nigéria et le Niger.

Pour Amadou Togola, le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme sont des menaces pour l’intégrité de notre système financier et constituent également une menace pour la stabilité, la paix et la sécurité nationale, régionale et mondiale. Face à ces menaces, toutes les parties prenantes de nos structures administratives, financières et économiques, de la société civile, des entreprises et professions financières et non financières doivent être associées aux activités de formation, d’éducation et de sensibilisation en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

F. NAPHO 

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2 COMMENTAIRES

  1. trop long,et la lecture est un opium pour les maliens, donc soyez ref……..peu de comments à cause du long texte…..

  2. Organiser précisément à Bamako
    et pile en ce moment, une discussion sur les ravages………….. du blanchiment d’argent, alors même que notre “frère Tomi” vient précisément de se faire coffrer pour Blanchiment aggravé” en France, je trouve qu’il fallait y penser! 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆

    Décidément, il y a des coincidences malheureuses! 😆 😆 😆

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