Mémorandum pour un fichier électoral biométrique : L’URD se désolidarise et se divise

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L’Union pour la République et la Démocratie (URD) vient de se donner de nouvelles frayeurs, de mettre à nu ses divergences internes et de prouver le manque de maturité de certains de ses animateurs et responsables. Après avoir signé avec 31 autres partis politiques un mémorandum récusant le RACE, le parti de Soumaïla Cissé bat en retraite.

«Le parti de la poignée de mains», l’Union pour la République et la Démocratie, vient d’effrayer ses militants et certains de ses cadres en mettant à nu les divergences qui perdurent en son sein. En effet, moins d’une semaine après qu’un de ses représentants ait signé avec ceux des trente un autres partis politiques un mémorandum exigeant un fichier électoral biométrique et fiable issu du seul RAVEC (Recensement Administratif à Vocation d’Etat-Civil), le parti parrainé par Soumaïla Cissé revient sur sa décision. On se rappelle qu’outre ces trente un partis politiques, c’est la quasi-totalité de la classe politique qui a mis en cause la fiabilité et la transparence du RACE (Recensement Administratif à Caractère Electoral) retenu par le Gouvernement pour l’élaboration du fichier électoral pour les élections de 2012. Nageant à contre-courant de leurs représentants à la réunion de la plate-forme des 32 partis politiques, auteurs du mémorandum, les responsables de l’URD ont sans doute jugé incohérent et contradictoire d’appartenir à la majorité gouvernementale et parlementaire et de lutter, dans le même temps, contre la volonté du président de la République qui a disqualifié le RAVEC au profit du RACE pour la confection du nouveau fichier électoral.

L’URD passe pour être l’une des trois plus grandes formations politiques de la place, et n’a jamais caché sa volonté de se présenter aux prochaines élections, notamment à la présidentielle. Au cours des différentes réunions de la classe politique et de l’administration, ce parti n’a pas manqué de partager les inquiétudes des autres formations politiques quant à l’intention du Gouvernement de choisir le RACE. Il a également été mis au courant des conclusions de la Commission des experts appelés à se prononcer sur la question. C’est pourquoi, sa première décision de signer le mémorandum réclamant un fichier électoral biométrique fiable, n’a pas étonné outre mesure les nombreux observateurs de la scène politique. Lesquels s’attendaient en conséquence au retrait de l’URD de l’action gouvernementale. Mais apparemment, c’est l’éventualité de ce retrait qui serait devenu obligatoire, qui a fait se rétracter les amis de Soumaïla Cissé, montrant du coup que tous ses responsables ne partagent pas le même point de vue. En effet, de l’avis de plusieurs sources, certains cadres du parti jugent plus opportun de quitter le Gouvernement afin de préparer plus sérieusement les élections à venir. Pour eux, le maintien du parti dans le Gouvernement le rend complice des troubles qui ne manqueront pas d’être causés par des élections mal préparées, sujettes à caution, et qui se dérouleront dans une situation de fraudes et de corruption généralisées. Au contraire de ceux-ci, beaucoup d’autres cadres pensent qu’il serait nettement mieux pour certains de ses responsables de participer à l’action gouvernementale, une participation qui génère des avantages certains, en nature et en liquide, pour le parti. Selon eux, en effet, l’apport de leurs Ministres et d’autres hauts fonctionnaires pourraient se révéler très important dans le financement des campagnes électorales, qui ont déjà officieusement commencé, et la mobilisation d’un électorat réputé plus intéressé par les dividendes que par les programmes de société et de Gouvernement.

En somme, sont opposés au sein du parti, ceux qui veulent des élections propres, quitte à perdre les privilèges qu’apporte le pouvoir, et les autres qui, justement, s’accrochent à ces privilèges, qu’ils seront contraints d’ailleurs de perdre une fois que ces élections se seront déroulées selon le bon vouloir et les véritables desseins inavoués des autorités en place.

A noter que les deux autres grandes formations, l’Adema-PASJ et le RPM, plus réalistes, mais qui ne pensent pas moins que le fichier électoral imposé par ATT et ses amis est vicié et facteur potentiel de troubles sociopolitiques, se sont, dès le début, abstenus d’adhérer au mémorandum.
Cheick TANDINA

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