Surveillance des décès maternels, néonatals et le monitorage des produits de santé de la reproduction : Une nouvelle stratégie à travers le téléphone mobile

Pour asseoir une politique active de suivi, d’intervention, de prévention et de riposte efficace contre la mortalité maternelle et néonatale, le ministère de la santé vient de lancer, un projet visant à introduire « l’utilisation de la téléphonie mobile pour la surveillance des décès maternels, néonatals et le monitorage des produits de santé de la reproduction ». L’initiative testée efficace dans certains pays de la sous-région, a vu le jour au Mali en 2010, avant d’être lancée pour sa phase opérationnelle le lundi 5 septembre 2011 par le ministre de la santé, Mme Diallo Madeleine Ba, en présence du représentant de l’UNFPA, Makane Kane. Ce projet qui vise une large couverture au plan national, concerne en premier  lieu  les régions de Koulikoro et de Ségou.

Le Mali, à l’instar de certains pays de la sous-région, veut faire utiliser le téléphone mobile dans la surveillance des décès maternels, néonatals et le monitorage des produits de santé de la reproduction.

L’initiative qui vise à couvrir toute l’étendue du territoire national entre dans sa phase opérationnelle dans les régions de Koulikoro et de Ségou.

Selon le ministre de la santé, Mme Diallo Madeleine Ba, ces deux régions ont été choisies en raison du nombre de décès maternels enregistrés en 2009 à ces deux niveaux. C’est pourquoi, dans la région de Koulikoro, 156 villages (à travers leurs relais communautaires), 35 CSCOM (à travers les gérants de dépôts de vente de médicaments) et 9 districts sanitaires sont concernés par le projet. A Ségou, 152 villages, 40 CSCOM et 8 districts sanitaires seront pris en compte.

Dans le fonctionnement du projet, il est prévu que les acteurs concernés soient dotés d’un téléphone mobile (cellulaire) en vue de collecter et de transmettre en temps réel, les données sur les décès maternels, néonatals et les produits de santé de la reproduction.

Le principe tel que expliqué est simple et fiable. L’agent de collecte des données dans la communauté sera chargé d’envoyer un SMS (un message formaté à travers le téléphone) pour informer sur les cas de décès de femmes en âge de reproduction (entre 15 et 49), les cas de décès néonatals et sur la disponibilité des produits de santé de la reproduction, dont les méthodes contraceptives.

Ces informations seront analysées à chaque niveau du système de santé par le système national d’information sanitaire avant leur envoi à l’échelon supérieur hiérarchique.

Avec les 500 téléphones mobiles remis par l’UNFPA au gouvernement malien pour les besoins de monitoring en santé maternelle, notre pays devra être en mesure de pallier le manque d’informations extemporanée et spécifique à chaque région, district et aire de santé.

 

Selon le ministre de la santé, ce projet permettra aux acteurs de la santé maternelle de disposer en temps réel de données pour asseoir une stratégie adéquate de lutte contre le fléau.  

 

Après avoir estimé que la continuité et le passage à échelle de ce projet dépendront de son niveau de réussite, Mme Diallo Madeleine Ba a assuré que des démarches de sensibilisation resteront engagées auprès des partenaires financiers potentiels en vue d’étendre le taux de couverture de ce projet et de pérenniser ses résultats. 

Le ratio de mortalité maternelle qui est de 464 pour 100 000 naissances (autrement dit, une femme en couches meurt toutes les 3 heures)  et celui de la mortalité néonatale qui est de 46 pour 1000 (soit 70 nouveau-nés perdent la vie tous les jours) plaideront en faveur de notre pays auprès de ses partenaires. D’ores et déjà, l’UNFPA – à travers son représentant- a assuré que son organisation « est prête à accompagner l’extension des zones d’intervention du projet au Mali dès l’année prochaine 2012 ».

 

A l’en croire, le Mali avec ces chiffres est en déphasage avec les estimations de l’OMS qui placent le taux de décès enregistrés à plus de 800 pour 100 000 naissances vivantes. 

S’agissant du bien fondé de ce projet, Makane Kane a d’abord tenu à préciser que cette nouvelle stratégie de collecte de données ne vise en aucun cas à remplacer celles existantes, mais plutôt à les compléter. Il a aussi ajouté qu’elle fournit des indicateurs avancés et fiables qui puissent induire une réaction prompte des décideurs à, par exemple, rendre disponibles les produits de planification familiale, contribuant ainsi à réduire la mortalité maternelle.

Il faut rappeler que le projet est rendu possible grâce à Orange-Mali et à l’Agence nationale de télémédecine (ANTIM).

 

Markatié Daou

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