Equation Kidal : Le chantage de la France

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Le général Yamoussa Camara, ancien ministre de la Défense et des anciens Combattants, revient dans son livre « Présumé coupable. Ma part de vérité » sur l’équation de Kidal. L’auteur dénonce un paternaliste du Blanc.

Cette sortie de l’ancien ministre de la Défense et des anciens Combattants permet d’édifier davantage sur les jeux troubles entrepris en 2013 par la France afin de confier la ville de Kidal au mouvement national pour la Libération de l’Azawad (Mnla) et empêcher l’Armée malienne d’y mettre les pieds sans conditions. Morceaux choisis pour découvrir un autre visage du « partenaire-sauveur ».

‘’Le commandant des opérations envisageait la reconquête de Kidal, le talon d’Achille du partenaire-sauveur. Nous avions une bonne lecture du rapport des forces. L’opération aurait pu réussir. Les préparatifs allaient bon train. Une nuit, vers 22 heures, le colonel Battestti (attaché de Défense à l’ambassade de France à Bamako) me réveille : vous me pardonnerez un appel si tardif mais Paris déclare avoir décelé, des mouvements de troupes en direction de Kidal. Je répondis de rassurer que nous gardons nos positions et que nous n’irons pas au-delà. Une demi-heure plus tard, le même attaché de rappeler : « Paris est formel : des colonnes ont été observées. Si elles ne sont pas stoppées, la conférence internationale pour le soutien et le développement du Mali prévue le 15 mai 2013, à Bruxelles sous la présidence conjointe de l’UE et de la France sera annulée. En plus, la promesse de vous livrer certains équipements déclassés de l’armée française ne serait pas tenue ». On ne saurait être plus direct dans le chantage. Ainsi se révèle le véritable dessein de nos « amis Français » : protéger vaille que vaille leurs amis Touaregs, les hommes bleus comme ils les appellent. J’ai alors ordonné au CEMGA de tout arrêter et j’ai rendu compte à qui de droit. Même après que l’armée nationale a été tolérée à Kidal, des tracasseries étaient continuellement rapportées. Le commandant de régiment subissait brimades et objurgations de toutes sortes.

Il s’en plaignait au ministre de la Défense que j’étais. C’est dans cette atmosphère délétère que je pris l’initiative d’un échange amical avec mon homologue français. Les propos que j’ai tenus ce jour-là devant le cabinet du ministre, qui n’était d’ailleurs pas sur place, ont-ils été travestis ? A tout le moins, ils furent jugés discourtois et même conflictuels. Les interlocuteurs en furent visiblement heurtés”.

CD

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