Sommet de la CEDEAO : Des divergences sur les sanctions contre le Mali

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À la suite de leur sommet, les présidents des États membres de la Cedeao condamnent fermement le « putsch des militaires », et demandent « le rétablissement immédiat du président Ibrahim Boubacar Keita » au pouvoir. Pourtant, l’union affichée du communiqué de l’organisation régionale ouest-africaine cache certaines divergences.

D’Après plusieurs sources, certaines divergences se sont fait ressentir notamment, au niveau des sanctions économiques annoncées par la Cedeao. Pendant le sommet virtuel, deux positions différentes ont été défendues : d’abord celle en faveur de sanctions très fermes, soutenue notamment par la Guinée et la Côte d’Ivoire, qui a déjà commencé à appliquer les dites sanctions économiques. Le président Alassane Ouattara aurait également évoqué la question de la Cour pénale internationale contre les putschistes. L’objectif de cette position très stricte est de décourager toute tentative de coup d’État, au Mali et ailleurs.
Et si cet objectif est défendu par tous les membres de la Cedeao, d’autres ont plaidé pour des mesures plus modérées. Le Burkina Faso et le Sénégal ont exprimé leur crainte de compliquer encore plus la situation en asphyxiant économiquement le Mali par des sanctions trop sévères.
D’autres enjeux ont compté dans la balance : l’impact sur la lutte contre les groupes armés, comme la question du carburant pour les militaires, a été posée. Le Burkina Faso, qui partage 1 300 km de frontières avec le Mali, s’inquiète de l’approvisionnement de l’armée malienne pour combattre les groupes armés. Alors, pour éviter que la lutte contre le terrorisme ne soit mise à mal par des sanctions économiques, le pétrole n’est pas concerné par l’arrêt des transactions économiques et la fermeture des frontières avec notre pays.

Et ce n’est pas la seule exception : il en est de même pour les produits de première nécessité, pour l’électricité, pour les médicaments et autres équipements de lutte contre le Covid-19.
Selon Umaro Sissoco Embaló, président bissau-guinéen, le coup d’État est condamnable. Néanmoins, il  insiste aussi pour condamner tous les coups d’État sans exception, en particulier les velléités de troisième mandat. En effet, pour le président bissau-guinéen, les projets de troisième mandat anticonstitutionnel sont aussi des coups d’État. Ce qui sous-entend que s’il faut condamner le Conseil National pour le Salut du Peuple (CNSP) pour le putsch contre IBK, il faut également condamner Alpha Condé et Alassane Dramane Ouattara pour leur projet de troisième mandat.

Quant à Roch Marc Christian Kaboré, président burkinabè, celui-ci juge illusoire, voire utopique, la demande de la CEDEAO de rétablir IBK dans ses fonctions de président de la République. À l’en croire, sur le plan diplomatique, c’est infaisable ; militairement, c’est aventureux et constitue politiquement une agression contre la souveraineté du peuple malien. Il a proposé plutôt d’aider le peuple malien à tourner cette page de son histoire en mettant rapidement en place des institutions dans l’intérêt du peuple malien et de toute la sous-région. À l’en croire, cela vaut mieux que des sanctions trop sévères pour le peuple malien.

Pour sa part, Macky Sall, président de la république sénégalaise, a invité à un allègement des sanctions, notamment économiques et commerciales, contre le peuple malien. Le Nigéria aussi bien que le Togo se sont également montrés plus  flexibles sur le régime des sanctions. Un autre sommet de la Cedeao doit se tenir la semaine prochaine.

Mémé Sanogo

 

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