Ag Intazoume Moussa Dicko, Président du Mouvement Bellah pour la Justice et l’équité dans le Nord (MBJEN) : « Ladsous, le Représentant de Ba Ki-Moon, a viré à 180 degrés pour la CMA »

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La mobilisation des Maliens autour des principes : de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale, de la souveraineté de l’Etat du Mali, ainsi que de sa forme républicaine et de son caractère laïc ne fait plus de doute et ce de Nioro à Sikasso et de Kayes à Kidal. En témoignent entre autres : Les missions de persuasion de nos leaders religieux et notre société civile au niveau de nos amis et partenaires de l’Europe, à leurs propres frais, en vue de leur expliquer le problème malien ; la dernière sortie imposante de l’honorable Bajan AG Hamatou, petit fils de l’Amenocal Fihroun. Ce Chef traditionnel, aux noms des Chefferies coutumières des régions de Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal a organisé une marche de soutien aux principes ci-dessus cités et aux plus hautes autorités de notre pays. Au coude à coude, les litâmés du Nord avec leurs frères du Sud ont battu le pavé pour marquer d’un cachet indélébile leur attachement à un Mali un et indivisible. Il a rappelé l’évènement lors de la lecture de la déclaration d’adhésion à l’Accord des Chefferies traditionnelles des quatre régions du Nord, qu’il était chargé de rendre publique à l’occasion de la signature de l’Accord de paix et de réconciliation au Mali. A ceci il faut ajouter le point de presse, très mobilisateur, organisé par les ressortissants de la région de Kidal à Bamako et qui a eu un écho sonore au début de la semaine dernière.  Bref, la mobilisation du vendredi 15 mai 2015 du monde touareg et arabe du Mali autour de la signature de l’Accord a été l’apothéose pour tout observateur lucide et acquis pour la bonne cause. Ces deux groupes ne représentent pas plus de 2% des 16 Millions des maliens, mais sur les gradins de la salle de mille places du CICB et les places des salles annexes, les proportions entre Blancs et Noirs ont frôlé la parité. La démonstration des forces, notamment en ce jour de la signature suffit largement pour respecter l’esprit des engagements pris par la communauté internationale lors du paraphe du document qui vient d’être signer par tous les acteurs belligérants internes : L’Etat malien ; la Plateforme ; plus les signatures de la CMFPR2 et de la CPA (deux mouvements membres de la CMA). Voilà qui doit conforter la légitimité du présent accord et l’imposer à tous.

Je rappelle que le Mouvement Bellah pour la Justice et l’Equité dans le Nord (MBJEN) est membre de la CMFPR2.

Tout ça n’a pas l’air de suffire. Le représentant de Ban Ki-Moon demande d’ouvrir l’accord de façon illimitée à des signatures fantômes. A quel jeu joue le représentant de Ban Ki-Moon? Est-il en phase avec son Chef ? Suivons ses propos après la signature ? Je cite :« Il n’est pas question que l’on profite de l’Accord pour attaquer ceux qui l’entravent… ; le cessez-le-feu et ses mécanismes de gestion doivent donc rester en place et les parties devrons respecter leurs engagements à cet égard…: En raison de non signature par l’ensemble des acteurs, pensez à une mise en œuvre flexible de l’Accord ».

Le Représentant oublie qu’au paraphe du même Accord à Alger, le 1er mars 2015, IBK avait déclaré : « Il a été dit, entendu, convenu que cela mettait un terme à la négociation… ». Ajoutant : « Avant le paraphe il à été dit avec gravité, avec solennité… que tout celui-là, toute celle-là qui s’aviserait de ne pas parapher ou de ne pas signer l’Accord s’exposait… ».

Alors, le monde va-t-il à l’envers ? Pourquoi ce revirement à cent quatre vingt degrés devant l’opinion nationale et internationale ? Pourquoi la nouvelle ouverture illimitée de l’Accord à la signature pour des gens qui se plaisent dans l’illégalité ?  Bref, l’histoire retiendra.

Heureusement que le monde puissant ne passe pas par mille chemins pour constater ou analyser ; le Président IBK à été conforté dans ses rappels par le discours de la Représentante des Etats Unis d’Amérique à cette cérémonie. Elle dit ceci : « Le peuple du Mali ne doit plus attendre une paix qu’il mérite…».

Le représentant des Nations Unis est cependant un témoin de taille du casernement de l’armée malienne sur le sol malien, de la compromission de l’avenir de combien de générations par la fermeture de l’école à Kidal quatre ans durant, des razzias moyenâgeuses quotidiennes dans nos campagnes, villes et villages, des déplacements forcés des populations, entre autres. Que des droits des Maliens foulés sur sol malien par la faute des Nations Unis !

Avant le clou de l’évènement, on a assisté à un départ précipité de la plupart des chefs d’Etats venus participer à la cérémonie. Ce retour hâtif ne trouve-t-il pas ses raisons dans le manque de discernement du discours du représentant de Ban Ki-Moon ?

Proposition : que les Autorités françaises et maliennes, ou vice-versa, se rapprochent pour créer un nouveau partenariat bénéfique pour nos deux peuples, à l’image du partenariat entre la France et la Côte d’Ivoire du temps d’Houphouët, ou de celui d’entre la France et le Sénégal du temps de Senghor, en vue d’aboutir à une vie de paix durable et à un développement à hauteur de souhait. Les Maliens sont éprouvés; ils ne méritent pas tant de souffrance.

Vision du commun des mortels du rapprochement de la CMFPR2 avec la CMA

Le commun des mortels voit le rapprochement de la CMFPR2 (Coordination des Mouvements et Fronts Patriotiques de Résistance 2) avec la CMA (Coordination des Mouvements de l’Azawad) comme une cohabitation contre-nature ; car, pour tout le monde la CMFPR2 est supposée être nationaliste, républicaine ; par contre la CMA est par essence séparatiste…

Bref, cette analyse doit prendre en compte la malienneté de la CMA au même titre que la CMFPR2. De surcroit, la CMA négocie avec l’Etat Malien pour équilibrer l’Accord de paix et de réconciliation au Mali. Quoi de plus légitime que des Maliens, au sein de la CMFPR2, testent leur talent de persuasion et de vulgarisateurs en intégrant la CMA, dans le seul objectif de profiter du cadre qu’elle offre pour s’exprimer face à la communauté nationale et internationale, en vue de soulager les peines de nos populations d’une mauvaise gouvernance à l’origine des crises récurrentes ? Comment est-ce-que des Maliens dignes de ce nom, privés d’espace et de moyens d’expression par des critères discriminatoires pourraient-ils rester indifférents à tout ça ? En plus, une situation du genre, pour l’influencer positivement, on ne peut le faire que de l’intérieur.

D’autre part, il n’est un secret pour personne que Kidal est l’épicentre de toutes ces crises ; mais Kidal est malienne, c’est aussi et avant tout chez nous. Au jour d’aujourd’hui, Kidal est sous le contrôle de la CMA. Cette région n’est pas la propriété exclusive des seuls Ifoghas, Bellah, Idnane,  Eradianatane, Imghad, Arabe, Kounta ; elle est aussi celle des Diarra, Coulibaly, Doumbia, Maïga, Diallo, Sall, Fall… issus des mariages, de la cohabitation. Il n’existe pas au Mali de région plus métissée et plus intégrée que Kidal. Aucune famille blanche n’échappe au métissage avec les Noirs. Ce créneau reste dans cette région sous exploité pour pacifier ou amoindrir les tensions…

Les préalables pour une bonne cohabitation 

 L’Accord signé le 15 mai 2015 a le privilège de dessiner un Mali nouveau ; celui des Régions-Etats. Ce qui suppose une nouvelle forme de gestion des affaires des communautés à la base.

Pour une bonne cohabitation, c’est-à-dire, un bon vivre ensemble, il faut briser les mythes communautaires, pour permettre à ceux qui ne l’ont pas suffisamment fait, de s’épanouir en ce temps de démocratie. Ceci n’enlève rien au respect et à la reconnaissance des rapports traditionnels qui ont toujours existés entre les communautés et entre les individus…

Pour cela, une démarche pédagogique s’avère nécessaire, car nous venons de loin. Il faut déconstruire méthodologiquement les déséquilibres que le temps et l’Etat ont créées entre et au sein des communautés pour que celles défavorisées accèdent à l’émancipation et à l’épanouissement, sans avoir besoin d’utiliser la méthode forte… (Évoquer au besoin le cas du Brésil au temps de Lula De Silva 2003 – 2011. L’ouvrier Président est partie du social et durant ses 2 mandats (8 ans), pour déclencher l’éradication de la pauvreté de façon concrète au Brésil avec l’enrichissement véritable de 10% de ceux qui étaient extrêmement pauvres et l’émergence de plus de 30 millions d’autres à travers des prêts d’argent à des conditions raisonnables. C’est-à-dire des prêts à destination directe des cibles. Des prêts non charcutés en amont par ceux-là mêmes qui les donnent. Autrement dit, avec des taux qui aident à rembourser tout en s’enrichissant. C’est à dire encore, des taux sans soustraction de « sourafin » ni des 10% officieusement légalisés au Mali. Il a touché à tous les secteurs, y compris la quotation communautaire pour l’accès à l’Université au Brésil…).

AG Intazoumé Moussa Dicko : 66 76 85 23

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