La levée des sanctions: Consolidation de la nation

13

Peu de périodes dans l’histoire de notre nation ont été plus difficiles que celle dans laquelle nous nous trouvons actuellement. La levée des sanctions contre notre pays doit être à la fois l’occasion de se réjouir et de réfléchir. Nous devons célébrer notre unité en affichant toujours notre riche diversité. En effet, la levée des sanctions contre notre pays doit être l’occasion de faire le point. Nous devons nous pencher sur le rôle que l’ensemble des citoyens est appelé à jouer au cours des deux voire quinze prochaines années. Cela exige que l’on prenne du recul et que l’on examine l’état de la Nation et sa place dans le monde, à plus long terme et dans une perspective plus vaste. Il est temps de prendre les décisions éclairées essentielles à la réussite de nos démarches pour un Mali stable et surtout de montrer la volonté politique nécessaire qui nous permettra de consolider notre nation.

Les motifs de satisfaction ne manquent pas : en général, nous pouvons espérer vivre plus longtemps que nos parents et, a fortiori, que nos lointains ancêtres. Par comparaison et malgré les crises que nous vivons, nous sommes mieux nourris, en meilleure santé, plus informés et nos perspectives d’avenir doivent être globalement plus favorables.

Cependant, tout est loin d’être parfait. Ces dernières années ont été ponctuées de conflits sanglants à travers le pays et de l’instabilité politique et sociale. La misère la plus noire côtoie l’opulence la plus extravagante et des inégalités criantes persistent au sein de notre pays. Les maladies, anciennes et nouvelles, risquent de compromettre des progrès accomplis à grand-peine. La biosphère, dont dépend notre survie à tous, subit les attaques et les outrages de l’activité humaine.

Le peuple Malien attend de ses dirigeants qu’ils identifient les grands problèmes du pays et agissent pour y remédier. Nous devons avancer avec rapidité et urgence dans nos approches politiques, mais aussi nous réunir autour de l’accord de paix afin d’obtenir des avancées significatives, car nous avons beaucoup à faire en cette période de périls et de possibilités. Il est nécessaire d’être audacieux dans nos actions et elles doivent être vitales. Et il n’y a pas meilleur moment que le présent pour agir hardiment afin d’alléger les souffrances de nos populations. Aussi, nous devons tous contribuer à résoudre nos problèmes de société. Encore faut-il que nous soyons tous fermement résolus à mener à bien notre mission commune. Nous devons nous pénétrer de la raison d’être des citoyens à part entière, nous rappeler pourquoi le Mali et pour qui notre Nation existe. Nous devons en outre nous demander le type de politiques de gouvernances que nos citoyens seront prêts à soutenir. Des réponses claires à ces questions sont nécessaires si nous voulons revitaliser notre action et la recentrer sur les tâches auxquelles il nous faudra nous atteler au cours des prochaines décennies. Ce sont précisément ces réponses que l’ensemble de la classe politique devra apporter.

Les événements passés offrent à nos gouvernants et la classe politique de notre pays une occasion unique de remodeler les politiques de gouvernance à l’image des composantes notre culture et de notre identité, d’en faire un véritable instrument de changement capable d’améliorer la vie des citoyens de notre Nation.

Notre objectif aujourd’hui doit être d’alimenter la réflexion et de stimuler le débat. Nous devons aborder les problèmes les plus pressants auxquels le peuple malien fait face et qui relèvent de la compétence de nous tous, proposer aux communautés des priorités à envisager et qui contiennent des solutions et des recommandations sur les mesures qui pourraient être prises au cours de ces vingt mois et plus pour faire renaître l’espoir et changer la vie.

Toutes ces propositions doivent s’inscrire dans le contexte de la consolidation de notre Nation et qui doivent transformer radicalement notre pays au cours de la deuxième phase de notre centenaire. Au lieu de laisser des millions de nos citoyens en marge de la société, la politique de la consolidation de la Nation doit devenir une force positive pour tout le peuple Malien : c’est là notre plus grand défi. Pour profiter à tout un chacun, elle doit certes s’appuyer sur les dynamiques économiques mais elle doit aller bien au-delà. Elle doit nous servir à bâtir ensemble un avenir meilleur pour le peuple malien entier, dans toute sa diversité. Il s’agit de redéfinir un nouveau contrat social au moyen des mécanismes de dialogue franc et permanent avec la population malienne dans le sens d’intégrer ses besoins réels dans les programmes politiques et économiques appropriés et de les exécuter concrètement en faveur de cette même population.

Il nous faut donc sortir des sentiers battus et repenser les moyens de gérer notre action commune et de servir l’intérêt général. Aucune communauté ne peut espérer venir à bout à lui seul de la plupart des problèmes auxquels nous devons faire face aujourd’hui. Pour mieux gouverner au niveau communal et mieux gouverner ensemble au niveau national, il faut un État certes fort mais décentralisé et doté d’institutions efficaces. Mais il faut aussi adapter aux nouvelles réalités de l’époque les institutions internationales, au travers desquelles les États gouvernent ensemble. Nous devons former des alliances pour le changement, non seulement avec les pays sous régionaux, qui sont nos interlocuteurs habituels, mais aussi avec les partenaires les plus divers. Cet esprit de vouloir participer au processus de mondialisation doit reposer sur notre volonté d’évoluer avec un monde changeant malgré l’imposition du schéma de pensée et le mode de vie sociale et économique très différents de nos valeurs.

Le plus important est que notre projet politique soit fondé sur une conviction profonde : que le citoyen soit la source et la finalité de l’action politique. Il est important que l’être humain soit au centre de tout ce que nous faisons. Il n’est pas d’aspiration plus noble, pas de responsabilité plus impérieuse que d’aider des hommes, des femmes et des enfants à vivre mieux. Ce n’est que lorsque chacun pourra jouir de ses fruits que notre politique de consolidation de la Nation aura réalisé tout son potentiel.

Mais il ne suffit pas d’évoquer l’avenir, il faut dès à présent se mettre à le forger. Puisse ces événements passés être l’occasion pour l’ensemble des citoyens de renouveler notre engagement à l’égard de notre nation et de ce que doit être notre mission. Et puissent nos gouvernants et la classe politique de notre pays témoigner de leur bonne foi en donnant immédiatement suite aux engagements pris face à notre Nation.

Nous sommes une nation qui vit à travers des symboles de nos valeurs et de notre culture telle que voulue par nos aïeux et pères fondateurs. La nation malienne possède un caractère unique bien à elle. C’est ce caractère qui a toujours façonné notre volonté de vivre ensemble, de bâtir une destinée commune. Nous devons tout faire pour préserver ce caractère unique et consolider ensemble notre avenir.

Que Dieu assiste notre pays et qu’iL bénisse nos efforts.

Cheick Boucadry Traoré

Commentaires via Facebook :

13 COMMENTAIRES

  1. IL YA DES GENS QUI PENSENT QUE MARCHER LE MUR ENTRE LES JAMBES C EST LA MEILLEURS MANIÈRE DE SUBSISTANCE. EUX ILS NE SONT JAMAIS D AUCUN COTÉ DU MUR, ILS SONT FAUX , BOUKAH

  2. Kinguiranke, je te l’ai dit la cedeao a perdu en crédibilité depuis qu’elle a fermé l’oeil sur le coup de force de Ado.
    la démocratie c’est comme un match de foot. Doit-on changer les règles en plein match?
    la cedeao ne peut plus être très fermé face aux coups de force.
    et puis une organisation c’est pas seulement les sanctions.la situation que le Mali vit depuis 10 ans, quelle aide militaire ou sécuritaire la cedeao nous apporte, dans un cadre Africain?
    tu fait un coup d’etat on sanctionne le pays, tu fixe une date pour les elections on te fout la paix et tout entre dans l’ordre.
    C’est tentant, non?
    Tout simplement parce que c’est pas encore la démocratie chez nous et la cedeao fait semblant. c’est pourquoi Faure n’est pas d’accord.il sait comment il est devenu président.il préfère que chacun dirige son pays en fonction des réalités du pays.
    Sinon une vraie démocratie il ya pas de coup d’etat.Tambo M’beki, jacob Zuma ont été viré de la présidence en plein mandat.Sans coup d’etat ni morts ni blessés
    IBK, paix à son âme n’a jamais accepté de démissionner….

  3. le Lycan: je felicite les Peuples Africains et pas les dirigents de la CEDEAO, je les ais toujours appele des sous-prefets de la Macronie et c’est ainsi.

  4. Not yet my friend and young blood Check B Traoré.

    This country faces a billion challenges .

    I like like him , CBT .He has a bright future in politics in this country. He just needs the help of Assimi (JRawling) Goita and his colonels.

    Cheik B. T , you can become a Change master for the country.

  5. Nous disons merci aux peuples Africains du Senegal, Mali, Guinee, Mauritanie, Cote d’Ivoire, Togo, Niger, Burkina-Faso, Benin, Gabon, Tchad, Algérie, Afrique du Sud! Leur lutte a donne une belle leçon aux petits sous-préfets Bazoum, Ouatarra, Sall, Nanan de la Macronie. Ils ont porte espoir sur ASSIMI-CHOGUEL-SADIO-DIOP-MAIGA et les ont soutenu pour leur patriotisme et leur lutte pour l’indépendance du Mali et de l’Afrique et ensemble ils sont gagne–ensemble nous avons gagne. La lutte continue car l’Imperialisme et le Colonialisme ne dorment pas et allons-nous unir comme une seule Afrique pour notre souverainite, notre indépendance et notre développement!

    • Mais toi la, tu aimes et détestes à la fois.
      Pas longtemps tu vouais ces dirigeants et la CEDEAO aux gémonies du diable, et maintenant tu les glorifies avec des remerciements chaleureux.
      I hope you mean what you say.

  6. ali tu sais que le general Moussa Diawara est en prison et que le general Mbemba Keita avec Fily Cissioko, Mahamadou Camara sont en prison et que l’Honorable Karim Keita celui qui gerait le budget des FAMA a l’Assemblee Nationale est en fuite avec lui Tieman Coulibaly a Abidjan. Alors poses-toi la question sur comment le Mali etait gere sous Boua le ventru IBK le Mande Zonkeba! Cette liste est non exhaustive des generaux, ministres et depute qui ont vole tout l’argent des FAMA et les ont laisse sans munitions et sans essence pour meme se deplacer. Honte a toi ali, honte a Boua le ventru IBK et Soumeylou dans leur tombe, honte a Karim (en fuite), Fily (en prison), Diawara (en prison), Mbemba )en prison), Tieman (en fuite) et Mahamadou (en prison).

  7. Cheick Boucadry Traoré (fils du général Moussa Traoré), que de divagations et de contradictions! Et dire que vous aussi voulez être président de notre cher Mali. Vous pensez vraiment que nous pouvons vivre plus longtemps que nos parents et ancêtres lointains. Quelle utopie pour des mangeurs d’organismes génétiquement modifiés(cultivés avec des engrais et des pesticides) et de produits Maggi, etc, d’oser espérer vivre plus longtemps que nos ancêtres qui mangeaient frais et natureĺ!
    Vivez vous vraiment au Mali pour oser dire que nous sommes mleux nourris et en meilleure santé? Pour oser tenir de tels propos qui frisent l’injure à l’endroit du commun des Maliens, vous montrez à suffisance que vous faites partie de “l’opulence la plus extravagante” qui côtoie ” la misère la plus noire.” Au nom de quel “nous” parlez vous?

    • et pourtant, Cheick Boucadry TraoréBonjour maniofestait avec les élevés et étudiants contre le régime son propre père.
      c’est rare pour être signalé.

  8. La cedeao se discrédite et se ridiculise depuis le coup d’Etat constitutionnel de ado en rci et conde en guinée.
    Seul le peuple Malien a souffert de cet embargo.le pouvoir d’achat des colonels et de Choguel n’a pas varié d’un pouce.
    Les avoirs de la junte confisqués. concrètement ça veut dire quoi? Assimi, Diaw, Camara, Kone, Wague, Choguel….n’ont même pas eu le temps de se faire la poche que les sanctions sont tombées comme un sourd muet qui manie le bâton sans la carotte .
    Faire souffrir les peuples la cedeao sait le faire.Le temps d’envoyer la cavalerie ,artillerie comme au libéria est révolu.
    Comme un coup d’etat n’est plus une ‘condamnation à mort’ au sein de la cedeao ,alors les militaires patriotes n’auront plus peur de balayer les democrates corrompus qui s’alignent bêtement à la france.
    Dans ce bras de faire avec le Mali, le BFA ou la Guinee c’est la cedeao qui pert en crédibilité.

  9. Si des militaires fuyards n’avaient pas abandonner les fronts avec armes pour venir foutre le bordel a bamako, le pays ne serait pas sous la coupe des sanctions qui sont d’ailleurs legitimes et legales.

    • au burkina où il y a un sentiment de patriotisme, pouvoir, opposition, société civile, tous unanimement ont plaidé pour ne pas sanctionner leur pays, mais au mali, le pays de certains apatrides, on est content de sanctions contre son propre.
      le paradoxe de ce grand, où l’intérêt personnel prime sur tout.

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here