L’argent-roi dans les élections : la bataille oubliée du projet de loi électorale

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I. L’AIGE OU L’ARBRE QUI CACHE LA FORET?
L’erreur gravissime serait de croire que l’AIGE conduirait automatiquement à des élections transparentes. Le leurre, c’est de s’imaginer que l’AIGE suffirait à elle seule pour régler les multiples maux de la gouvernance électorale au Mali.
De la même manière qu’une urne transparente ne fait pas l’élection transparente, l’AIGE en soi ne saurait aucunement accoucher d’élections transparentes, tant qu’on continue comme l’autruche qui s’enfouit la tête dans le sable, de se bercer d’illusion comme quoi l’administration d’Etat serait la seule tête de turc de la mal gouvernance électorale au Mali.
Telles qu’elles sont actuellement conçues, les réformes électorales paraissent donner la fâcheuse impression de harcèlement injuste de l’administration d’Etat, tout en perdant de vue que ce sont les politiciens et autres acteurs qu’on voit aujourd’hui la pourfendre en la traitant de tous les péchés d’Israël comme l’unique vecteur de manipulations électorales, sont en fait les vrais fauteurs de trouble électoral.
Il n’existe pas d’administration électorale manipulatrice sans politiciens tricheurs, corrupteurs et manipulateurs qui instrumentalisent impunément les pauvres agents de l’Etat.
Sans être assez naïf pour prétendre laver l’Administration d’Etat de tout soupçon en la matière, nous estimons cependant que les poches significatives de la fraude et de la corruption électorale sont également  et surtout à rechercher dans les états-majors de campagne des partis politiques et des candidats.
L’administration d’Etat a d’autant moins de prise sur ces déviances qu’elles sont bien souvent tolérées par les acteurs électoraux et cautionnées par une justice parfois complaisante sinon complice.
Au-delà de la quincaillerie d’une AIGE du reste institutionnellement mal montée, le projet de loi électorale aurait besoin de scanner afin de mieux traiter la pathologie du cancer de l’argent-roi et de la corruption politique qui gangrènent les organes vitaux des élections maliennes. (A SUIVRE : II. LES DISPOSITIONS ANTI-CORRUPTION DE LA LOI ELECTORALE SONT D’UNE RÉDACTION MALENCONTREUSE)
Dr Brahima FOMBA, Université des Sciences Juridiques et Politiques de Bamako (USJPB)

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