Opinion : Applicabilité des lois au Mali : Incompréhensions et interprétations stupides

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Dans ce pays, l’information se noie dans la désinformation, véhiculée par des gens qui n’en savent rien et qui prennent leurs désirs pour une réalité. C’est un pays à terre. Mortellement blessé et inconscient de ses blessures qui risquent de l’emporter. Pays aux mille problèmes qui semblent ne jamais trouver une solution. Un pays où chaque solution ou tentative de solution crée encore mille problèmes. Une superstructure vermoulue. Une société divisée, marginalisée par le manque de vision et de voie à suivre. Des citoyens «ignoramment» plus gonflés que l’univers. Un pays de faisant semblant ou personne ne respecte personne, ni les Institutions, ni les Lois, ni les valeurs sociétales authentiques. Un pays qui vit ses tragédies au quotidien dans les familles et dans les rues.

L’exoplanète malienne est hors du système solaire, aucun télescope puissant, ni les anges au ciel ne sauraient la détecter. Elle est unique en son genre, blottie quelque part aux confins de la vie, à des milliards d’année-lumière. Aux dernières heures, étrangement sortis de leur mutisme, il y a des hommes politiques faisant des promesses de campagne rappelant les magies de David Copperfield, sans aucune base électorale. A qui les font-ils ? Evidemment, dans le vent, puisque c’est gratuit!

Si nous trouvons que c’est cette classe politique de 91 qui devrait diriger le pays, alors ne parlons plus d’âge, de changement générationnel, de la jeunesse. Laissons cette classe politique diriger encore jusqu’à ce que le pays disparaisse de la carte !

Parmi cette classe politique de 91, il y a des intègres, mais au moment des élections nous ne les voyons pas, préférant voter ces mêmes corrompus qui achètent des voix, comme du bétail. Parmi les militaires, il y a aussi des intègres, mais nous leur disons de rester dans les garnisons ou d’aller au front. C’est juste. Et pourquoi donc, nous ne disons pas aux religieux de rester dans les mosquées et églises ? Eux, ils se mêlent de la politique comme ils veulent, sous le manteau religieux. Plus encore, ils estiment que le moteur de la  politique malienne, c’est eux. Parce qu’ils se croient des hommes de Dieu.

Quel Dieu les a nommés ? Ils ne sont pas non plus des élus du peuple, mais ils ont la bouche partout, sauf dans la religion. A part quelques charabias lancés en arabe souvent pour électrifier les naïfs, leurs prêches sont centrés essentiellement sur la politique, l’argent, les hommes politiques dont ils deviennent amis ou avec lesquels ils se querellent des fois quand leurs sorties sont mal récompensées financièrement et ne conviennent pas à leurs personnes de soi-disant guides. Tous sans exception, dans un pays de misère, appelant leurs fidèles à aspirer au paradis, ils vivent eux- mêmes dans un luxe qui crève les yeux, avec plusieurs femmes sur fond de «moutaha». Quand le gouvernement veut intervenir dans le champ religieux, ils crient au scandale : «Restez là-bas, ici, c’est notre domaine à nous!»

Notre problème au Mali, c’est que nous voulons lutter contre la corruption en soutenant les mêmes corrompus, le même système qui est la cause produisant les mêmes effets. Parce que pour certains, ce sont des relations personnelles, des entrées, des parents ou amis, des possibilités de rejoindre le cercle restreint de la nomenclature. Nous ne voulons pas nous-mêmes nous défaire de nos très mauvaises habitudes d’abord, c’est-à-dire, dire du n’importe quoi sous prétexte de la liberté d’expression; faire du n’importe quoi, défier l’Etat, ses Lois et ses Institutions, être excessivement indisciplinés et grossiers en tous termes, sous prétexte de la démocratie.

Le Mali est un pays où l’on exige le retour des corrompus à la gestion publique, au motif d’une expérience politique. Expérience en quoi, s’il n’y a presque rien dans le pays depuis des années ?

Le plus étonnant est de voir certains vivant à l’étranger, dans des pays dits démocratiques, qui observent scrupuleusement les Lois du pays d’accueil, mais qui soutiennent curieusement cette anarchie démocratique au Mali. Ils ne peuvent pas se permettre de faire dans leurs pays d’accueil, ce à quoi les Maliens se livrent au Mali. Sinon, c’est la comparution dare-dare devant un juge dans le meilleur des cas, ou une balle dans la tête pour en finir. Sans oublier les titres de séjours qui peuvent être annulés, la déportation pure et simple. Là-bas ou ailleurs, la démocratie ne badine pas!

Nous n’avons rien compris parce que nous avons compris tout à l’envers. Nous confondons neige, nuage et coton. Même si la couleur peut être la même, la nature diffère. Dans d’autres pays, nous avons tendance à réduire la démocratie à l’éligibilité d’une personne,  d’origine étrangère, venue par immigration. Rien n’est plus faux ! Cette personne élue défend les intérêts de son pays d’accueil, non ceux de l’Afrique. S’il le faut, elle n’hériterait pas à écraser un pays africain ou à soutenir son écrasement par une armée étrangère. Obama est un exemple qui a participé à la chute de la Lybie et à la déstabilisation du Sahel.

L’Afrique gagne quoi ? Les Lois dans ces pays démocratiques sont très rigoureuses, les peines et les amendes assez lourdes pour les moindres infractions, ce qui permet le fonctionnement d’une justice plus ou moins indépendante. Une personne étrangère, indisciplinée comme au Mali, ayant foulé au pied les Textes, n’y a pas la chance de se faire élire. Elle rejoint la racaille !

Dans ces pays, la loi et son respect strict sont l’essence qui régit la vie sociale et le maillon qui pousse à l’éligibilité.

Au Mali, nous parlons de démocratie sans vouloir rien respecter ni écouter. Nous réduisons l’Etat à la personne d’un Président, élu n’importe comment, sans nous soucier de sa continuité. Nous soutenons une démocratie de pagaille inouïe! Mais, dès que nous arrivons dans d’autres pays, nous nous mettons subitement à observer leurs Lois ! Quand allons-nous changer nous-mêmes pour que le pays change à son tour ? Nous respectons les Lois des autres pays, et nous n’avons aucune envie de respecter celles du nôtre. En quelques mots, nous respectons la marâtre, pas la maman elle- même.

A écouter tout le monde à la fois, surtout au Mali, on ne saura plus qui écouter. « La démocratie, c’est la dictature de la Loi ». Sans cette dictature, il n’y pas de démocratie. Si la dictature est de mettre de l’ordre dans les esprits et les choses, alors soyons pour la dictature. Le bien-être collectif ne saurait être obtenu sur des instincts sauvages et barbares.

Sékou Kyassou Diallo. Alma Ata, Kazakhstan.

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