Amadou Sidibé à propos de l’annulation de l’élection de la Chambre d’agriculture du Mandé : « Nous resterons vigilent quant à l’application de la décision de justice »

Le feuilleton de l’élection de la chambre d’agriculture de la commune du Mandé semble se décanté. Le bras fer entre le maire et le collectif des paysans tire à sa fin. Le tribunal de première instance de Kati saisi du dossier c’est prononcé et a annulé les élections organisées par le sous préfet et reconnait le bureau de Amadou Sidibé. Nous l’avons pour en savoir davantage. Lisez 

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Le Prétoire : M. Sidibé, le tribunal de première instance de Kati vient de rendre son verdict dans l’affaire qui vous oppose au maire de la Commune du Mandé, relative à l’organisation des élections de la Chambre communale d’agriculture. Comment en est-on arrivé là ?

Amadou Sidibé : je commence par remercier le président du tribunal de Kati qui a été très courageux dans sa prise de décision. En disant cela je pèse mes mots. On en est arrivé là, la l’entêtement du maire de la commune du Mandé Mamourou Keïta qui apparemment était en mission commandée pour saboter les élections. Après la convocation du collège électoral par le ministre Tréta du 15 au 30 septembre 2015. Ainsi, nous avons organisé dans les 25 villages de la communes des assemblées générales pour désigner les représentants des villages à savoir 4 délégués par village, un pour l’agriculture, un pour la pêche, un pour l’agroforesterie  et un pour l’élevage. Nous avons envoyé les mandats de ces délégués  au maire du Mandé, le 1 octobre 2015 par voie d’huissier. On s’attendait ce que le maire organise les élections a une date de son choix. Au lieu de cela e maire à commencer à envoyer des formulaires d’inscriptions post datés, à partir du 1er  au 10 octobre. Ce qui est une date de forclusion.  Ainsi on apprend que le 10 octobre, il allait organiser des élections pour la commune à la mairie. Ce qu’il a fait réellement en ce jour en nous tenant loin de ça malgré les mandats des 25 villages. Lors de cette assemblée, il y avait que 11 villages sur les 25. Il s’est avéré que même ces 11 villages étaient faux. La sous préfet de Kalaban Koro qui était venu en retard n’a pas vérifié les mandats des soit disant délégués. Ce faisant ce sont 14 villages qui sont exclus comme si la commune du Mandé ne comptait que 11 villages. Nous avons fait  notre élection le 7 octobre en respectant toutes les dispositions de la loi sous l’œil vigilent d’un huissier. On a désigné nos représentants et établis un procès verbal en quatre exemplaires que nous avons adressé au maire de la commune, au sous préfet  de Kalaban-coro, à la commission d’organisation et au préfet de Kati. Tout bonnement on attendait à ce qu’on soit appelé car on a la légalité et la légitimité, on a respecté la loi. Que ne fut notre surprise, le sous préfet de Kati nous informe qu’il a reçu l’autorisation de certaines autorités d’annuler notre liste, parce que notre liste fait ombrage et ne répondait pas à ce qu’elles voulaient. Je crois que c’est la direction actuelle de l’Apcam qui est au manœuvre de cette mascarade. Mais pour qui connait les tendances actuelles dans les villages, comprend aisément que depuis 5 ans ce bureau est décrié. Donc, le préfet a tenu les élections le 14 novembre on est exclu bien sur. On a intenté une action en justice pour l’annulation de cette liste, car c’est fait sur la base de faux. C’est ce jugement qui a eu lieu, le 23 novembre dernier et nous avons gagné car les chefs de villages présents ont dit devant le juge que les mandats présentés  par le maire sont faux et que c’est à nous qu’ils avaient donné mandat. Le juge n’a pas hésité en demandant l’annulation de la liste du maire et de facto les élections. Au passage je vais vous dire qu’il y a une requête sur le bureau du juge d’instruction pour faux et usage de faux et blanc seing concernant le maire de la commune du Mandé et le bureau frauduleux mis en place.

Après l’annulation des élections dans la commune du Mandé, qu’attendez-vous de la commission d’organisation ?

J’attends de la commission que force reste à la loi, car le juge s’est rendu compte que c’est un faux qui a été utilisé pour organiser les élections. J’attends que la loi soit respectée et je sais qu’il y a beaucoup de pression au niveau du département et au niveau de l’Apcam, de la chambre sortante qui veut rester au pouvoir, malgré les scandales des engrais et des tracteurs. En tant que légaliste, j’attends à ce que l’administration applique la décision de justice qui veut qu’on annule les élections et qu’elles soient organiser avec le bureau légitime.

Peut-on dire que vous avez le soutien des populations du Mandé ?

Je viens de vous dire que sur j’ai les mandats de 25 villages de 4 membres qui sont issus de tous les secteurs d’activité de l’agriculture. Le jour du jugement par exemple, ce sont l’ensemble des chefs de villages qui ce sont transportés au tribunal de Kati. Cela veut tout dire. Alors la légitimité de mon bureau dans la commune n’est plus à prouver. Je suis persuader que même si je pars en élections communales avec le maire le je battrais sans crier gare. Imaginez-vous qu’il est désavoué par ses propres parents. C’est une honte. Je suis en mission de ces populations qui ne veulent que le changement dans la gestion des affaires agricoles de la commune. Le pouvoir public doit être sensible à ce discours. Nous restons vigilent et nous ne baissons pas la garde.

Propos recueillis par Harber MAIGA

 

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