IBK au pays de Jeanne d’Arc : Quand la France veut le Mali s’en ressent mieux

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Le président  Ibrahim Boubacar Keïta
Les présidents français François Hollande (gauche) et malien Ibrahim Boubacar Keita lors de sa cérémonie d’investiture à Bamako, le 19 septembre 2013
© Pool/AFP

Inutile de dire que l’ancienne métropole compte pour beaucoup dans le devenir du Mali. Ses gloussements sont souvent perçus comme des rappels d’allégeance qui, s’ils sont mal  décryptés, peuvent conduire à des mouvements d’humeur, hautement préjudiciables à la stabilité du pays. En invitant IBK à Paris, on peut aisément en déduire les bonnes dispositions qui sont celles de la grande France, enfin  visitée par la grâce, après plusieurs années en train de pouponner l’ancienne rébellion hostile au régime de Bamako.

Nul évènement ne peut prétendre égaler celui qui mettra à l’honneur le Mali, à l’occasion de la réunion de l’OCDE qui se tiendra cette semaine à Paris. Suprême honneur pour le président malien Ibrahim Boubacar Kéïta, qui savourera délicieusement des moments d’émotions fortes longtemps mis en berne par des considérations à connotation hautement privées. Comme l’affaire Tomi ou des prises de position  audacieuses face à une communauté internationale via la Minusma, et à partir desquelles, la France a semblé reconsidéré ses vues par rapport à son engagement aux côtés du Mali. Mais aujourd’hui, tout cela appartient au passé tant les rapports entre les deux pays semblent être au beau fixe. Pour le malien lambda, c’est tout ce qu’il entendait de la France,  d’où son étonnement et sa frustration au plus fort des discussions inter-maliennes d’Alger pendant lesquelles, les maliens avaient longtemps attendu un signal fort de l’ancienne métropole pour mettre un holà aux galipettes des anciens mouvements rebelles touaregs. La France ainsi aux côtés du Mali, c’est le gage d’un partenariat fécond, d’une assistance multiple et multidimensionnelle, d’un renforcement de certains axes de coopération aussi névralgiques que la défense et la sécurité. Mais le Mali dans les bonnes grâces de la France signifierait aussi, une relance économique et un développement social harmonieux, surtout en cette période post- crise où le défi de la reconstruction du pays et le désarmement moral des anciens belligérants demeurent une préoccupation majeure. A tous ces soucis, IBK, trouvera en cette réunion de l’OCDE à Paris, une aubaine afin de porter haut la voix du Mali et par ricochet, rappeler  les bailleurs de fonds à leurs obligations d’inscrire dans leurs priorités, le développement de son pays à travers une diligente relance économique. Avec cette réunion de Paris, c’est tout le Mali qui retient son souffle avant l’effervescence espérée qui verrait, in fine, une pluie de milliards gratifier un peuple meurtri par trois ans de guerre et de guéguerre entre fils du même pays. Et dont le seul point d’achoppement véritable demeurait les disparités régionales, fruits d’une mal-gouvernance et d’une vision politique approximative des régimes antérieurs. Ce faisant, Paris demeure un espoir, une espérance de vie meilleure, le couronnement d’une diplomatie opérante et d’un attachement fort à certaines valeurs que le Mali et la France ont en partage, à savoir, celles qui privilégient le bonheur partagé et  les droits humains au détriment des visés impérialistes. Pour peu qu’on y croit, l’intérêt de la France pour le Mali n’est pas aussi grand que l’assurance de ce dernier à avoir un allié sûr avec lequel il s’emploiera à bâtir encore plus fort les fondements matériels de son existence.

Amadou SANGHO

 

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