Mali- Turquie : Bamako lorgne le fameux drone TB2

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Les drones et blindés fabriqués en Turquie pourraient jouer un rôle important dans la lutte contre les groupes jihadistes. Une visite attendue du Premier ministre malien permettrait d’en définir les modalités d’acquisition.

La Turquie accorde un intérêt particulier au secteur de la défense. Et n’entend pas circonscrire ses ventes d’armes aux seuls roquettes, fusils ou chars d’assaut. Ses drones de combat sont jugés redoutables. Le modèle de drone TB2 de la société privée Bayraktar – dirigée par un des gendres du président – a caracolé en tête des commandes après ses succès vantés ces dernières années en Libye et en Azerbaïdjan. Les drones turcs ont été remarqués pour la première fois en 2019, après qu’Ankara a signé deux accords de défense avec le gouvernement libyen reconnu par l’ONU. Tripoli a alors lâché ces appareils sur la zone de conflit, freinant l’avancée des forces rebelles de l’est soutenues par les rivaux régionaux de la Turquie et ouvrant la voie à une transition progressive vers un processus électoral. La Turquie a continué d’asseoir la réputation de ses drones l’an dernier en aidant l’Azerbaïdjan à reprendre le contrôle de la plupart des territoires perdus face aux séparatistes arméniens il y a près de trente ans.

Efficace et bon marché

 Efficace et bon marché, le TB2 a infléchi le cours de trois conflits en 2020, détruisant chars, véhicules blindés, dépôts de munitions et systèmes de défense antiaérienne de forces adverses sur plusieurs théâtres d’opérations. Désormais, avec ce drone, la Turquie a davantage d’atouts dans sa manche quand il s’agit de négocier avec d’autres pays. Le Maroc et la Tunisie ont pris livraison de leurs premiers drones de combat turcs en septembre. L’Angola, à son tour, a récemment exprimé son intérêt pour ces avions sans pilote.

Ankara renforce ses liens avec Bamako qui pourrait avec elle nouer une coopération militaire. Le Mali, à l’instar d’autres pays africains aspire inclure dans sa flotte aérienne ces fameux drones. En septembre dernier, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, s’est entretenu au téléphone avec le chef de la transition, Assimi Goïta. Erdogan a déclaré que la Turquie serait toujours aux côtés du peuple ami et frère malien, et qu’il souhaitait l’instauration de la stabilité et de la sécurité ainsi que le développement économique au Mali. Le leader turc a indiqué qu’il voulait améliorer la coopération, notamment dans le domaine militaire, et qu’il était prêt à partager l’expérience de son pays dans la lutte contre le terrorisme. Le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga a saisi la balle au bond, puisqu’il a envisagé d’y effectuer une visite de travail. Rester à convenir d’une date.

Avancée turque au Sahel

« Ankara cherche à étendre sa sphère d’influence en Afrique, mais la Turquie est non seulement en concurrence avec les Etats occidentaux, mais aussi avec des Etats arabes. La rivalité qui a opposé l’Egypte, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis (EAU) d’une part, et la Turquie et le Qatar d’autre part, s’est transposée dans des régions en proie aux conflits, comme la corne de l’Afrique, ce qui y a souvent exacerbé l’instabilité. C’est toutefois l’avancée de la Turquie dans une autre région, le Sahel, qui a récemment inquiété les gouvernements occidentaux et du Golfe. Ceux-ci ont craint en effet que la présence de la Turquie ne menace leurs intérêts géopolitiques dans une région perçue par beaucoup comme un enjeu primordial dans la guerre contre les insurgés jihadistes » a expliqué Hannah Armstrong, politologue à Crisis Group.

Le Bayraktar TB2 est un drone de combat d’altitude de croisière moyenne et de longue autonomie développé à partir du Bayraktar TB1 par la compagnie turque Baykar. Sa phase de conception débute en 2012 et son premier vol est enregistré en 2014. Selçuk Bayraktar, diplômé du Massachusetts Institute of Technology et gendre du président Erdoğan, est le pionnier du développement des drones Bayraktar.

Fanfan

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