Face au flou qui entoure le financement des routes : Le Procureur saisit pour faire la lumière sur 1920 milliards de Francs CFA

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Classé parmi les priorités du président IBK, le colossal budget du programme de réalisation, de réhabilitation et d’entretien routier fait polémique entre les décideurs. Fidèle à sa vision et à son engagement, l’Association Malienne Pour la Lutte Contre la Corruption et la Délinquance Financière-AMLCDF a saisi le Procureur Mahamadou Kassogué. La gestion de ce dossier ultrasensible est fortement attendue par le peuple malien (constamment victime de supercherie).

Au cours de ses vœux de nouvel an 2020, le chef de l’Etat Ibrahim Boubacar Keita réaffirmait la poursuite du Programme d’Urgences Présidentiel. A ses dires ‘’ le gouvernement mettra en œuvre un ensemble de mesures et d’actions au bénéfice des populations particulièrement vulnérables dans les domaines de : la santé, du désenclavement, de l’éducation, de l’accès à l’eau, à l’électricité et à l’emploi’’. Entre cette volonté affichée du président IBK et sa concrétisation, coule un océan à cause de ceux en qui le président a jeté son dévolu et qui sont entrain de patauger au grand désarroi de la population malienne. Cette même population, à travers la désormais célèbre AMLCDF (Association Malienne de Lutte Contre la Délinquance Financière) a saisi la justice à travers une dénonciation auprès du Procureur de la république près le tribunal de grande instance de la Commune III du District de Bamako, chargé du pôle économique et financier. Dans une correspondance en date du 9 avril dernier dont nous avons pu avoir copie, la plaignante (AMLCDF) a d’abord fait la genèse du front de contestation contre les routes en mauvais état qui est née dans la capitale des Askias où la jeunesse a manifesté de façon vigoureuse tout son mécontentement. Un acte patriotique contagieux qui a pris toutes les régions du Mali ainsi que le district de Bamako. La grève générale lancée par les associations de la société civile pour protester contre les routes en mauvais état et contre l’insécurité, a poussé le gouvernement à réagir. C’est ainsi que le ministre de l’énergie et de l’eau d’alors MalickAlhousseini, au cours d’une conférence d’information sur le projet de Taoussa a tenu des propos accablants. ‘’En mars 2016, s’est ténue à Bamako une concertation sectorielle, ça veut dire que le ministre en charge des routes et les partenaires techniques et financiers se sont rencontrés rien que sur les routes des régions du Nord. Et ils ont fait un point détaillé de tous les projets. Il y a Mopti- Douentza- Hombori- Gao. En ce qui concerne ce projet, je vous le dis, le coût de financement c’est 146 milliards de franc CFA. Le financement est bouclé et les études entièrement réalisées avec les bailleurs de fonds qui sont la BID (Banque Islamique de Développement) à travers le fonds arabe, la BAD (Banque Africaine de Développement) et l’Union Européenne. Il a même qualifié les frontistes d’ennemis du développement de Gao. A l’image de la route Sevaré- Gao, MalickAlhousseini dira que le financement de la route Gao- Bourem- Taoussa était également bouclé ainsi que celui de la route Bourem- Anefis- Kidal, et concernant ce dernier à ses dires, les études sont réalisées et le financement bouclé, ce projet a juste besoin de sécurité pour le début des travaux’’. Le héros circonstanciel du gouvernement de l’époque ira loin en affirmant solennellement que la route Kidal- Frontière de l’Algérie était en phase d’étude au même titre que la route Ansongo- Menaka- Anderaboukane- Frontière du Niger et la route Koro- Douentza- Tombouctou, le tout cumulé totalisant la faramineuse somme de 1920 milliards de Francs CFA.

Aussi, le ministre des infrastructures et de l’équipement, Traoré ZeinabouDiop, au cours d’une question orale à l’Assemblée Nationale le jeudi 20 juin 2019, a solennellement déclaré ce qui suit : «Cette année, les ressources de l’entretien routier s’élèvent à 12 milliards de Francs CFA répartis sur différents tronçons. Pour Sevare- Gao nous avons en 2017 injecté 1 600 000 000 F CFA et les travaux ont été exécutés par le Génie Militaire, en 2018 c’étaient 834 000 000 F CFA et les travaux ont été exécutés par le groupement d’entreprises : SOGETRAP et EDS- CG. Cette année (c’est-à-dire 2019) nous avons prévu 1 151 000 000 F CFA. Au niveau des dégradations, ce que nous pouvons dire, c’est qu’une route est entretenue à différents niveaux. Mais aujourd’hui, quand l’entretien routier arrive à un certain niveau, nous préférons reprendre carrément la route parce que ça ne sert plus à rien d’injecter des fonds. Les élus de la nation deviendront aphones lorsque le ministre Traoré Zeinabou Diop affirmera qu’elle n’a pas connaissance des 1000 milliards de Francs CFA, battant en brèche, les allégations du ministre Malick Alhousseini. Elle ira loin ‘’ le financement de la route Sevare- Gao n’est pas acquis et nous sommes en train de mettre la pression pour justement que cela soit’’.

Face à cette cacophonie et dans son souci de lutter vertement contre la corruption et la délinquance financière, l’AMLCDF a saisi le Procureur de la République près le tribunal de grande instance de la Commune III du District de Bamako, chargé du pôle économique et financier afin qu’il mène des investigations sur l’exécution des travaux d’entretien de la RN16. Pour les soldats de la lutte contre la corruption et la délinquance financière (regroupés autour de l’AMLCDF) de sérieux doutes planent sur l’exécution de ces travaux par le Génie Militaire et Presta- Mali (qui ne figurait nulle part sur la liste des prestataires de l’Ageroute, qu’elle n’existerait non plus sur la liste des entreprises éliminées.

La balle est dans le camp de l’incorruptible Procureur Mahamadou Kassogué pour faire la lumière et toute la lumière sur cette affaire.

Oumar Baba TRAORE

 

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