Grand débat économique : L’or ne brille pas pour tous les Maliens

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mine or
Une mine d’or (photo archives)

Vu la place qu’occupe le Mali sur le continent africain et dans les espaces UEMOA et CEDEAO, les retombées minières, surtout de l’or ne sont pas visibles sur le développement économique du Mali “, a laissé entendre le Pr. Abdoulaye Niang, universitaire, Directeur du Centre de Recherche et d’Etudes Stratégiques (Sènè). C’était au cours de l’enregistrement de la 5ème édition du Grand Débat Economique organisé samedi dernier par l’Association Forum des journalistes à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali. En face de lui, Dr. Boubou Cissé, Ministre des Mines. Le thème retenu était : ” La place de l’or dans l’économie nationale “.

L’Association Forum des journalistes a procédé le samedi 14 novembre 2015, à l’enregistrement de la 5ème édition de son émission Grand Débat Economique. C’était sur le thème : ” La place de l’or dans l’économie nationale “. Au cours des débats, plusieurs autres sous thèmes ont été abordés. Entre autres on peut citer l’état des lieux des mines d’or au Mali ; Qu’est-ce que l’or apporte dans l’économie malienne ; le cours de l’or et ses déférents changements ; les enjeux environnementaux de l’exploitation de l’or ; le contexte des journées minières est-il une possibilité de renégocier les contrats miniers ; comment le Mali prépare l’après mine ?, etc.  Aujourd’hui, aux dires du Ministre des Mines, il y a une dizaine de mines d’or en exploitation au Mali à travers trois zones aurifères, à savoir Kayes, Sikasso et Koulikoro. Ces trois zones d’or minières font du Mali, le premier pays producteur d’or dans l’espace UEMOA, 2ème parmi les pays de la CEDEAO et troisième en Afrique.

Cette statistique donnée par le premier responsable du département des Mines fera dire le Pr. Abdoulaye Niang que ces places honorables qu’occupent le Mali ne reflètent sur le développement économique du pays. Un paradoxe donc entre les développements économique et humain. En un mot, ce qui veut dire que l’or ne brille pas pour tous les Maliens.

Ce paradoxe n’est pas n’est pas commun au Mali seulement mais il est général et global pour beaucoup de pays. Le secteur connait une période difficile actuellement. Car, le secteur des mines a connu une chute vertigineuse des prix au cours des dernières années. Ce qui a d’ailleurs joué sur les fiscalités. Pour le moment, le gouvernement du Mali se bat pour aider les sociétés minières à se réajuster. Et la mine de Finkola, à Kénièba, détenue par une société canadienne, rentrera bientôt en exploitation. Des mines souterraines qui ont demandé beaucoup d’investissements, seront exploitées à Sadiola très prochainement. Aussi, des recherches minières continuent dans d’autres localités dont le nord du pays.

Aux dires du Ministre, les opérateurs économiques maliens ont intérêt à se lancer dans les petites mines dont les procédures sont moins lourdes et les financements facilement mobilisables.

Avec l’élaboration de la nouvelle politique minière, l’espoir est permis dans le secteur minier, a souligné le Ministre des Mines, Dr. Boubou Cissé.

Parlant de l’école des mines, le Ministre dira que n’eut été le report du Conseil des Ministres, le projet de création de l’école des mines serait adopté car les fonds sont mobilisés. Et les mines permettront très prochainement de stabiliser le taux de croissance au Mali.

Le Ministre des Mines, Dr. Boubou Cissé, a salué cette initiative des journalistes qui mérite d’être encouragée.

” Nous ne serons jamais la société civile du gouvernement qualifiée d’institutionnelle et d’alimentaire “, a martelé le Pr. Abdoulaye Niang.

L’objectif de ce débat, initiative d’un groupe de journalistes et de communicateurs réunis au sein de l’Association Forum de la Presse, est de donner la parole aux professionnels de l’économie pour décrypter, critiquer mais aussi proposer dans un débat franc et direct, les questions liées au développement économique. Cela, pour renforcer le niveau d’information des citoyens et de contribuer à la citoyenneté. Cette émission est organisée en partenariat avec la CCIM, l’APBEF, le journaldupeuple, etc.

 

Youssouf Sangaré

 

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