Téléphonie mobile : Orange-Mali brasse du fric et broie ses employés

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Fin 2015, l’opérateur téléphonique Orange Mali subissait un sévère coup médiatique suite à un boycott de plusieurs utilisateurs qui l’accusent d’arnaque. La société s’était alors mise presqu’en transe pour minimiser les effets. Dans la foulée, elle avait lancé de nouveaux produits avec des conditions présentées comme très attractives, mais aussi des promotions sur les recharges téléphoniques.  Mais la société n’a pas fini de dévoiler d’autres faces pour le moins hideuses.

Pour la nouvelle année, l’on peut dire qu’il n’y a pas de nouveauté à Orange Mali. Du moins, presque rien, si ce n’est  la cession de la gestion de  la direction technique à la société ERICSON. Les travailleurs de cette section avait reçu la nouvelle leur annonçant qu’Orange les licenciait à partir du 31 décembre 2015, et qu’Ericsson les reprenait le 1er janvier 2016. Sont concernés par la mesure, 94 employés, dits « intérimaires » et dont on se demande s’ils sont les employés de l’opérateur téléphonique ou des sociétés de placement. Une confusion totale orchestrée et entretenue par Orange Mali. Il suffit de suivre la procédure d’attraction de l’employé par Orange Mali à l’entrée jusqu’au traitement du même employé par une société de placement à la sortie. Actuellement par exemple, la Société recherche pour sa Direction du Service aux Clients – DT, Cinq (05) Techniciens Supervision Réseaux. Il y est bien mentionné : « Type de Contrat : Contrat d’intérim ». C’est là justement que beaucoup de travailleurs sont floués. Il faut préciser que l’une des caractéristiques fondamentales de l’intérimaire est l’exécution d’un travail temporaire. Or, à Orange Mali, ils sont nombreux à voir leur travail d’intérimaire durer une éternité. C’est le cas de l’un deux qui a fait 6 six ans dans la situation d’intérimaire.  A titre de justification, c’est une littérature malicieuse qui est parfois servie pour tromper car il lui est signifié qu’il a un Contrat à Durée Indéterminée mais …  pour des travaux temporaires à Orange. La contradiction est flagrante. Une façon de contourner la loi qui dispose que l’intérim a une durée maximale de 24 mois (2 ans). Mais l’autre réalité est qu’il ne s’agit nullement d’intérim car ces employés ne remplacent personne. La direction peut-elle simplement décliner les noms des personnes momentanément absentes et dont l’intérim est assuré par les fameux « intérimaires » ? Mais le subterfuge ne s’arrête pas là. A l’instar de l’annonce actuellement en cours, il est soigneusement écrit: « Les dossiers de candidature, ……….. , doivent parvenir au Département des Ressources Humaines Orange Mali SA ». C’est Orange Mali qui lance l’annonce, qui réalise les entretiens et  qui retient les candidats.  Seulement, au moment de signer les avenants, elle oriente les personnes retenues vers un cabinet de placement. Ce qui fait de ces dernières, des employés dudit cabinet qui répond légalement de leurs droits. Du coup, malgré les 8 Millions d’abonnés revendiquées, en fin de compte, Orange ne crée pas autant d’emplois qu’elle le laisse elle-même entendre. Surtout pas à la hauteur des attentes. A bien suivre le schéma, ce sont plutôt les cabinets qui peuvent revendiquer ce mérite. L’on se demande donc légitimement pourquoi Orange ne gère-t-elle pas elle-même ses emplois précaires d’autant plus qu’elle dispose elle-même d’une Direction des Ressources Humaines. En tout cas, une chose est bien claire. Cette trouvaille lui permet de se soustraire de nombreuses charges liées à ces postes. A Orange Mali en effet, le cumul des avantages accordés arrondissement substantiellement les revenus des employés.  Ce qui n’existe pas dans les sociétés de placement qui n’offrent par ailleurs ni primes, ni avancement. Dans cette situation, impossible de se plaindre à Orange qui n’hésite pas à vous renvoyer à votre cabinet de placement en vous indiquant que vous n’êtes pas son interlocuteur. Quant aux cabinets, ils rétorquent aux employés que leur traitement est convenu avec Orange. C’est ainsi par exemple que les cadres avec lesquels il a été convenu d’un salaire de308.000 FCFA ne se retrouvent qu’avec un revenu net de 240.000 au finish dans les cabinets.

La facturation  du répondeur, le lien de connivence entre Orange Mali et les cabinets, le nombre réel des employés de la société au regard des matricules, la différence de traitement entre les travailleurs de la société au Mali et ceux d’autres pays comme le Sénégal sont  autant de sujets explosifs qui peuvent agiter dans les jours à venir. Si le débat venait à prendre de l’ampleur, une autre « insurrection » contre Orange Mali a toutes les chances de balayer le système en place.

Idrissa DICKO

Source : VIVANEWS

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