Edito : L’Assemblée Nationale sera-t-elle privée de ses grands animateurs ?

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Les résultats définitifs du premier tour des législatives 2020 ont été proclamés le jeudi 9 avril par l’institution habilitée à le faire, à savoir la Cour Constitutionnelle. Cette proclamation définitive des neuf sages de la Cour Constitutionnelle a fait 22 heureux, a  renvoyé certains  aller demander encore les électeurs le 19 avril, et a mis fin au rêve d’autres.

La nouvelle Assemblée qui profile à l’horizon sera malheureusement privée des grands animateurs et  grands défenseurs du peuple. A commencer par le bouillant Mamadou HawaGassama, le député de Yélimané. Bien qu’il soit analphabète, il n’en demeure pas moins le plus engagé pour la cause des démunis de son cercle et de tout le Mali. Gassama passe aujourd’hui pour être l’un des députés qui ont marqué d’une tache indélébile leur passage à l’hémicycle. Il a fait le choix de ne pas  être candidat à sa propre succession après plus de vingt ans passés à l’Assemblée Nationale. L’honorable Moussa Diarra, député RPM de la Commune IV du District de Bamako ne foulera pas, pour cette mandature, le sol de l’hémicycle en tant qu’élu. Il fut rejeté par sa propre formation politique, le RPM, pour ses prises de positions courageuses sur une question aussi cruciale comme celle de la présence des troupes françaises au Mali. Moussa Diarra avait été même qualifié de député singleton par IBK. Il n’a pas pu obtenir de son parti une nouvelle investiture, il est allé en indépendant. Incompris par les électeurs, il tomba les armes à la main dès le premier tour. Moussa Diarra va-t-il continuer son combat pour le Mali sous d’autres formes ?

Bafotigui Diallo, député du RPM, est élu en commune VI du District de Bamako. L’honorable Diallo ne reviendra pas lui aussi pour continuer son combat contre la corruption et la délinquance financière. Surnommé le député des paysans, l’honorable Diallo fait partie des députés qui ont révélé la mauvaise qualité des engrais importés par le Gouvernement et surtout la surfacturation qui avait été faite au sommet de l’Etat. Comme si cela ne suffisait pas, il a fourré le nez dans la rocambolesque affaire des tracteurs surfacturés. Ces actions ont été qualifiées à tort ou à raison par ces collègues députés de la Majorité de populistes. Harcelé par son parti, le RPM, il a fini par rendre le tablier en allant militer  au YELEMA. Ce parti n’ayant pas un solide encrage dans la commune de l’honorable Bafotigui Diallo, il tomba également au premier tour laissant les paysans orphelins.

Quant à l’enfant terrible de la politique malienne, en l’occurrence Oumar Mariko, il se démène comme un beau diable à Kolondiéba. Il n’est pas tombé d’abord comme les trois précédents, mais ses chances de gagner sont minimes, surtout qu’il a deux obstacles à surmonter : le grand écart qui le sépare de la liste concurrente, constituée de Sidiki N’Fa Konaté du RPM et de Daouda Moussa Koné de l’URD. Le deuxième obstacle serait la Cour Constitutionnelle, proche du pouvoir, elle rejetterait tous recours de Mariko. Et  même si l’autre camp venait à commettre une irrégularité, Mariko n’aurait pas de chance d’être entendu par la Cour. Donc l’honorable Mariko, le défenseur des sans voix, l’empêcheur de tourner en rond des autorités, sauf miracle, il  serait  absent de l’hémicycle.

Mariko, Diarra, Gassama comme Diallo doivent désormais inscrire leurs actions dans la société civile.

En somme, les réformes tant attendues seront les bienvenues pour permettre à certaines figures emblématiques de rester au-devant de la scène politique pour le bonheur du peuple. Parmi ces réformes, il y a la proportionnelle et surtout la constitution de la liste nationale par parti politique.

Youssouf Sissoko

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