Edito : Les établissements catholiques ne doivent pas fermer !

La rentrée 2025-2026 est désormais compromise dans l’enseignement catholique. Une convention signée en 1972, garantissant un financement mixte des salaires enseignants, dont 80 % à la charge de l’État et 20 % par l’Église, est dénoncée depuis le 30 juin 2025 par le Gouvernement de Transition.

29 Août 2025 - 10:44
 3
Edito : Les établissements catholiques ne doivent pas fermer !

Une décision gravissime qui a contraint l’archidiocèse de Bamako à la fermeture systématique, pour une année scolaire, de douze établissements d’enseignement privé catholique avec son corolaire de  licenciement en  fin juillet 2025, de l’ensemble du personnel enseignant concerné.

Ces fermetures d’écoles vont  toucher  plus d’une dizaine de milliers d’élèves, du primaire au secondaire.  Ces enfants vont-ils être sacrifiés pour rester  dans la rue ? L’État malien devra forcément  les réaffecter dans le public ou le privé. Ce, alors qu’il existe déjà une pléthore  d’effectifs dans ces établissements.  Le millier  d’enseignants licenciés qui ne pourraient  logiquement  plus retrouver un emploi aussi facilement, tant le marché  est saturé, va-t-il se résigner au chômage ? Que non !

Le comité diocésain du syndicat national des enseignants de l’enseignement privé catholique de Bamako, à l’instar des 5 autres diocèses du Mali,  a décidé  d’interpeller  l’Etat. « Une mesure sévère susceptible de plonger de nombreuses familles dans la précarité. Il est douloureux et incompréhensible que nous pussions tous assister au licenciement de tous les enseignants de l’enseignement catholique du Mali pour  des raisons  économiques. Dans quelques semaines, ces hommes et femmes, piliers de la transmission du savoir, seront victimes d’une indifférence qui ne devrait plus avoir sa place dans une nation qui aspire tant en sa souveraineté, au progrès, à la justice et au respect de la dignité de ses filles et fils », s’est fortement indigné un syndicaliste.

 

L’ancien PM Modibo Sidibé,  Mme SY Kadiatou Sow-ancienne ministre des Affaires étrangères, feu le Bâtonnier Me Magatte  Sèye, le doyen Saouti Labass  Haïdara-Fondateur et Directeur de Publication  du célèbre quotidien l’Indépendant, l’actuel DG de l’EDM, Abdoulaye Djibril Diallo, comme d’autres Hauts cadres de notre pays, ont effectué leurs études secondaires aux  Lycées  Prospère et  Notre Dame du Niger. Alors que de grands commis de l’Etat ont également fait leurs premiers pas au Cours Jeanne-d ‘Arc. Ces établissements ont été des centres d’excellence académique et d’éducation civique, accueillant des élèves de toutes confessions. Ils sont et demeurent  incontestablement  des références du système éducatif malien. Pour des  raisons économiques, ces fleurons scolaires doivent-ils  vraiment disparaître au Mali?

Il  est une évidence : tout Etat qui sous-tend recouvrer sa pleine souveraineté a crucialement besoin de ressources humaines compétentes. Qui ne sont que l’émanation d’un enseignement de qualité.  Le gouvernement  de la Transition  est donc vivement invité  à considérer l’enseignement de sa jeunesse, au même titre que la sécurisation du territoire national, comme une priorité. A partir du moment où le  développement  humain  commence par l’enseignement. Aucune raison ne saurait alors  justifier  sa négligence.  Un peuple ignorant ne peut  jamais compter dans le concert des nations émergentes !

Il est alors un devoir impérieux  pour ’Etat  malien de se ressaisir urgemment afin que l’expertise avérée du système éducatif de l’enseignement catholique  dans notre pays ne disparaisse à jamais. En lieu et place de  la dénonciation pure et simple de la convention qui le lie, depuis un demi-siècle  avec l’Eglise catholique,  il doit instamment   proposer une solution alternative. De toute façon, le comité diocésain du syndicat national des enseignants de l’enseignement privé catholique de Bamako, à l’instar des 5 autres diocèses du Mali, interpelle fortement l’Etat malien. Que les anciens élèves des établissements catholiques, qui sont devenus des Hauts responsables du pays,  se sentent également interpellés !

 

Gaoussou Madani Traoré 

Quelle est votre réaction ?

Like Like 1
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Hmmm Hmmm 0
Triste Triste 0
Ouah Ouah 0