Edito : Les établissements catholiques ne doivent pas fermer !
La rentrée 2025-2026 est désormais compromise dans l’enseignement catholique. Une convention signée en 1972, garantissant un financement mixte des salaires enseignants, dont 80 % à la charge de l’État et 20 % par l’Église, est dénoncée depuis le 30 juin 2025 par le Gouvernement de Transition.

Une décision gravissime qui a contraint l’archidiocèse de Bamako à la fermeture systématique, pour une année scolaire, de douze établissements d’enseignement privé catholique avec son corolaire de licenciement en fin juillet 2025, de l’ensemble du personnel enseignant concerné.
Ces fermetures d’écoles vont toucher plus d’une dizaine de milliers d’élèves, du primaire au secondaire. Ces enfants vont-ils être sacrifiés pour rester dans la rue ? L’État malien devra forcément les réaffecter dans le public ou le privé. Ce, alors qu’il existe déjà une pléthore d’effectifs dans ces établissements. Le millier d’enseignants licenciés qui ne pourraient logiquement plus retrouver un emploi aussi facilement, tant le marché est saturé, va-t-il se résigner au chômage ? Que non !
Le comité diocésain du syndicat national des enseignants de l’enseignement privé catholique de Bamako, à l’instar des 5 autres diocèses du Mali, a décidé d’interpeller l’Etat. « Une mesure sévère susceptible de plonger de nombreuses familles dans la précarité. Il est douloureux et incompréhensible que nous pussions tous assister au licenciement de tous les enseignants de l’enseignement catholique du Mali pour des raisons économiques. Dans quelques semaines, ces hommes et femmes, piliers de la transmission du savoir, seront victimes d’une indifférence qui ne devrait plus avoir sa place dans une nation qui aspire tant en sa souveraineté, au progrès, à la justice et au respect de la dignité de ses filles et fils », s’est fortement indigné un syndicaliste.
L’ancien PM Modibo Sidibé, Mme SY Kadiatou Sow-ancienne ministre des Affaires étrangères, feu le Bâtonnier Me Magatte Sèye, le doyen Saouti Labass Haïdara-Fondateur et Directeur de Publication du célèbre quotidien l’Indépendant, l’actuel DG de l’EDM, Abdoulaye Djibril Diallo, comme d’autres Hauts cadres de notre pays, ont effectué leurs études secondaires aux Lycées Prospère et Notre Dame du Niger. Alors que de grands commis de l’Etat ont également fait leurs premiers pas au Cours Jeanne-d ‘Arc. Ces établissements ont été des centres d’excellence académique et d’éducation civique, accueillant des élèves de toutes confessions. Ils sont et demeurent incontestablement des références du système éducatif malien. Pour des raisons économiques, ces fleurons scolaires doivent-ils vraiment disparaître au Mali?
Il est une évidence : tout Etat qui sous-tend recouvrer sa pleine souveraineté a crucialement besoin de ressources humaines compétentes. Qui ne sont que l’émanation d’un enseignement de qualité. Le gouvernement de la Transition est donc vivement invité à considérer l’enseignement de sa jeunesse, au même titre que la sécurisation du territoire national, comme une priorité. A partir du moment où le développement humain commence par l’enseignement. Aucune raison ne saurait alors justifier sa négligence. Un peuple ignorant ne peut jamais compter dans le concert des nations émergentes !
Il est alors un devoir impérieux pour ’Etat malien de se ressaisir urgemment afin que l’expertise avérée du système éducatif de l’enseignement catholique dans notre pays ne disparaisse à jamais. En lieu et place de la dénonciation pure et simple de la convention qui le lie, depuis un demi-siècle avec l’Eglise catholique, il doit instamment proposer une solution alternative. De toute façon, le comité diocésain du syndicat national des enseignants de l’enseignement privé catholique de Bamako, à l’instar des 5 autres diocèses du Mali, interpelle fortement l’Etat malien. Que les anciens élèves des établissements catholiques, qui sont devenus des Hauts responsables du pays, se sentent également interpellés !
Gaoussou Madani Traoré
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