Editorial : Le capital à reconstruire, la fierté à retrouver
[caption id="attachment_176763" align="alignleft" width="248"]
Adam Thiam[/caption]
Le retour entamé de l’aide budgétaire consentie par nos partenaires n’est ni la victoire de la majorité parlementaire ni la défaite de l’opposition. Plus que les soupirs d’autosatisfaction, la concession de nos partenaires relève de la magnanimité vis-à-vis d’un Etat qui aurait cessé d’exister le 13 avril 2012 si la Cedeao n’était pas venue à nos chevets, et le 11 janvier 2013 si la France n’avait pas envoyé ses soldats mourir à notre place. Sans l’héroïsme des Tchadiens en particulier, et en général des troupes aujourd’hui onusiennes, nous aurions eu l’humiliation d’un Etat Azawad avec pignon sur rue au nord du quatorzième parallèle, si les groupes armés ne voulaient pas pousser leur avantage plus au Sud. Alors, c’est à plus d’examen de conscience et à plus d’humilité que nous sommes invités. Car quoiqu’on dise, notre capital-confiance est entamé et il faut le reconstruire. Quoiqu’on dise, la fierté nationale a été malmenée. Quoiqu’on dise, c’est une année noire que le pays a vécue. Quoiqu’on dise, c’est d’abord le Président qui est atteint dans son honneur lui qui avait su jusque-là s’éloigner du procès de l’argent. Il n’y a pas d’alternative à l’examen de conscience et à l’humilité si nous voulons être le pays émergent que nous souhaitons et qui n’est pas du tout une lubie. Mais l’examen de conscience implique un devoir de vérité vis-à-vis de soi-même et des autres. Il ne sert à rien de s’en prendre à l’opposition. Elle n’a pas signé les contrats en question. Et si le problème n’est pas l’existence de tels contrats mais le fait que cela soit su alors le pays est en grand danger. Au demeurant, ce sont les contradictions internes et la frilosité du gouvernement laissant diffuser un rapport provisoire d’audit qui ont amplifié le scandale devant des citoyens abasourdis. L’année noire s’achève dans quelques semaines. Notre survie commande que nous l’accompagnions d’une pierre noire mais dans un seul élan : le Mali. Pas celui des incantations et de la poudre aux yeux mais celui absolument possible des leçons tirées, de la convivialité retrouvée et du bond en avant constaté et mesuré. Seul le pouvoir peut impulser une telle dynamique. Le reste n’a pas d’importance.
Adam Thiam
Adam Thiam[/caption]
Le retour entamé de l’aide budgétaire consentie par nos partenaires n’est ni la victoire de la majorité parlementaire ni la défaite de l’opposition. Plus que les soupirs d’autosatisfaction, la concession de nos partenaires relève de la magnanimité vis-à-vis d’un Etat qui aurait cessé d’exister le 13 avril 2012 si la Cedeao n’était pas venue à nos chevets, et le 11 janvier 2013 si la France n’avait pas envoyé ses soldats mourir à notre place. Sans l’héroïsme des Tchadiens en particulier, et en général des troupes aujourd’hui onusiennes, nous aurions eu l’humiliation d’un Etat Azawad avec pignon sur rue au nord du quatorzième parallèle, si les groupes armés ne voulaient pas pousser leur avantage plus au Sud. Alors, c’est à plus d’examen de conscience et à plus d’humilité que nous sommes invités. Car quoiqu’on dise, notre capital-confiance est entamé et il faut le reconstruire. Quoiqu’on dise, la fierté nationale a été malmenée. Quoiqu’on dise, c’est une année noire que le pays a vécue. Quoiqu’on dise, c’est d’abord le Président qui est atteint dans son honneur lui qui avait su jusque-là s’éloigner du procès de l’argent. Il n’y a pas d’alternative à l’examen de conscience et à l’humilité si nous voulons être le pays émergent que nous souhaitons et qui n’est pas du tout une lubie. Mais l’examen de conscience implique un devoir de vérité vis-à-vis de soi-même et des autres. Il ne sert à rien de s’en prendre à l’opposition. Elle n’a pas signé les contrats en question. Et si le problème n’est pas l’existence de tels contrats mais le fait que cela soit su alors le pays est en grand danger. Au demeurant, ce sont les contradictions internes et la frilosité du gouvernement laissant diffuser un rapport provisoire d’audit qui ont amplifié le scandale devant des citoyens abasourdis. L’année noire s’achève dans quelques semaines. Notre survie commande que nous l’accompagnions d’une pierre noire mais dans un seul élan : le Mali. Pas celui des incantations et de la poudre aux yeux mais celui absolument possible des leçons tirées, de la convivialité retrouvée et du bond en avant constaté et mesuré. Seul le pouvoir peut impulser une telle dynamique. Le reste n’a pas d’importance.
Adam Thiam Mots clés:
Articles Similaires
Edito : La nébuleuse doit être démasquée !
Le Pélican 1 Juillet 2026 - 11:10 1
Ligne éditoriale : Du succès populaire à la stratégie
Aujourd'hui-Mali 14 Mar 2026 - 08:27 0
Edito : Une coopération prudente avec les USA
Le Pélican 6 Fév 2026 - 11:48 4
Edito : Le Gouvernement doit empêcher l’inflation
Le Pélican 3 Avr 2026 - 11:18 2
Edito : Bamako-Alger : La raison l’emporte sur l’émotion
Le Pélican 16 Juillet 2026 - 09:43 5
De quoi je me mêle : ‘’Le lion expose sa tanière au péril’’
25 Mai 2026 - 09:56 4
-
Idrissa DoumbiaBien dit et bien vu. Cependant il faut compléter ce tableau en révélant à tout lecteur de faire son mea culpa: avant de regarder au niveau du sommet, qu'est ce que j'ai fait pour devenir meilleur cette période noir durant, période qui a commencé en réalité avant la date ci dessus indiquée.12 ansRépondreLike (0) -
Mamadou Guindonous avons besoin des lanternes comme Mr THIAM pour avancer.12 ansRépondreLike (0) -
Boubacar Abida MaigaEn fait nous avons un problème de leadership à tous les niveaux de décision. J'entends par leadership la capacité de nos dirigeants à nous mobiliser ( du directeur, du planton, l'ouvrier, l'entrepreneur, le commerçant , le banquier, le restaurateur etc..) autour des objectifs de sortie de crise. Les anciennes recettes de gouvernance sont dépassées, il faut en inventer des nouvelles . Le célèbre savant Einstein disait " c'est de la pure folie que de vouloir obtenir un résultat différent en agissant de la même manière" , le moment est venu pour nous de changer de paradigme sinon on va s’enliser d'avantage. Par leadership j' entends également la crédibilité de nos dirigeants c'est la source de l'influence, sans crédibilité les populations ne peuvent pas croire à leurs dirigeants à plus forte raison les suivre , il faut la vision stratégique bien partagée par rapport à ce que nous voulons accomplir , il faut également après un certain de mise en oeuvre des résultats tangibles, concrets, palpables par rapport à ce que nous avons décidés d'accomplir , avec les résultats visibles même les plus sceptiques vont commencer à croire . Sans résultats les discours ne vont rien servir.12 ansRépondreLike (0) -
Sory Ibrahim CamaraMerci Adam THIAM le Grand Editorialiste de notre époque. Nous seront toujours au rendez-vous de vous lire et comprendre l'actu Mali12 ansRépondreLike (0) -
HARBERThiam je souhaite que tu sois entendu J.ai écris 2 pages que je voulais poster mais je me suis dit c'est un coup d'épée dans l'eau. La mauvaise foie de certaines poliques ne présage rien de bon pour le Mali. Tout le monde cours pour aller là où il y a manger comme une meute de chiens qui se jette sur un os. Qu'Allah nous donne longue vie pour voir la suite. Amin :(12 ansRépondreLike (0) -
Ghandi LutherkingJuste un petit problème linguistique: le racisme de l'homme blanc envers l'homme noir veut que tout ce qui est "noir" soit mauvais, négatif. Ainsi on a: colère noire, journée noire, année noire, mouton noir, lieu ou place noire de monde, broyer du noir, pain noir, main noire, gueule noire Seuls les britanniques, à l'image de sa majesté la reine Elizabeth II d'Angleterre, n'utilisent pas le mot "noir" pour désigner le "mauvais". Ils préfèrent dire "dark" ou "bloody" ou "sad" Ceci est lié au respect que la couronne britannique voue à tous ses sujets même dans le cadre du Commonwealth dont font partis les états à population majoritairement noire. A part ça Adam THIAM vient de signer un article du genre qu'on aimerait voir/lire de plus en plus dans la presse malienne. Une seule hirondelle n'annonce pas l'hivernage mais ça donne espoir d'un début de saison de pluie. Car il faut bien le dire il y a la sécheresse intellectuelle sur le plan journalistique au Mali.12 ansRépondreLike (0)-
ousmaneIl existe bien autre qu'une secheresse jounalistique.Et pas seulement a ce niveau, dans presque tous les domaine qui nous a conduit a une secheresse MORALE et a un ocean de LAXISME ET OPPORTUNISME GENERALISE. Et cet ensemble donne Un peuple oasif.12 ansLike (0)
-