Un cap franchi dans la violence

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Un cap a été franchi, le lundi dernier, dans la violence contre les manifestants au Mali. En effet, dans l’espoir de se faire entendre, les personnes en situation de handicap, qui manifestaient devant la Primature, ont été matraquées et gazées par les forces de l’ordre.

C’est une première dans l’histoire du Mali que les forces de l’ordre usent du gaz lacrymogène et des matraques pour stopper des manifestants composés d’aveugles, de paralytiques, de boiteux et d’autres personnes en situation de handicap. Même si ce n’est pas une première que le pouvoir actuel empêche ou réprime les manifestations dans le sang. Ainsi, l’Opposition malienne et la société civile ont été, plusieurs fois,  empêchées de manifester dans la ville de Bamako. Du 2 juin 2018 à aujourd’hui, au moins quatre manifestations de l’Opposition ont été réprimées dans le sang : le 2 juin 2018, la marche organisée par l’opposition et la Société civile pour exiger la transparence et la crédibilité de l’élection présidentielle du 29 juillet, a été réprimée dans le sang à Bamako. Bilan : une trentaine de manifestants avaient été blessés ; le 16 novembre 2018, le meeting du FSD et de la COFOP a été dispersé par les forces de l’ordre à l’aide de gaz lacrymogènes. Il y a eu des blessés dont un député et des interpellations ; le 8 décembre 2018, la marche de l’opposition a été de nouveau réprimée. Il y a eu également des blessés et des interpellations. Le 15 décembre 2018, le rassemblement de l’opposition a été carrément empêché par les forces de l’ordreLe 11 décembre 2018, 51 Organisations de défense de droits humains et Association de victimes ont été empêchées de marcher pacifiquement contre le projet de loi d’entente nationale à Bamako. L’État sécuritaire et autoritaire est décidément l’arme ultime du pouvoir en place. Quel pays triste est devenu le Mali. D’un côté, la contestation sociale s’élargit, de l’autre le pouvoir n’a plus que la répression comme réponse.

Madiassa Kaba Diakité

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