Yes we can, maintenant ou jamais!

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Le commun des mortels est plus ou moins profane en matière de droits, et surtout de procédure judiciaire. S’agissant de cette affaire Bakary Togola, il y a lieu de se rappeler de prime abord, qu’il est question de deniers publics, de fonds de l’Etat, de près de dix milliards de FCFA qui ont été détournés (et non d’un simple délit d’escroquerie, d’abus de confiance comme ça se passe fréquemment entre individus ou groupe d’individus, dans les commerces).

Les poursuites engagées contre lui, son arrestation et l’instruction du dossier visent d’abord à établir les faits allégués et le comment de leur commission. Ensuite à dire si ces faits sont constitutifs d’infractions pénales ; quelles infractions et qui en sont les auteurs et complices ?

En deuxième lieu, il y a lieu de se convaincre, qu’aucun juge n’oserait – avant de s’assurer de la pertinence des éléments de droits et de preuves en sa faveur – s’attaquer à un tel dinosaure, qu’est devenu l’homme de Niamana, habile à se métamorphoser et à prendre la couleur des pouvoirs successifs, devenant l’ami à la fois du président et de ses tombeurs, sans se gêner.

En troisième lieu la démocratie permet à tout individu, dès l’entame de la procédure judiciaire, de se faire assister par un ou des avocats. Bakary Togola en a plus que les moyens, et ce n’est pas pour se tirer d’affaire qu’il va lésiner. Que ce puissant homme devienne locataire du gnouf est assez significatif de la force des présomptions qui pèsent sur lui.

Quatrièmement, IBK doit maintenant ou jamais, et au risque de perdre tout crédit, prouver à la face des Maliens et du monde, de l’opinion nationale et internationale, qu’il peut (YES WE CAN), après avoir échoué à faire de l’an 2014, l’année de lutte contre la corruption. Le défi dans cette affaire est triple : la réalité d’une justice qui ne connait pas d’intouchable finira par imposer le changement de comportement chez les Maliens et à la longue vaincre la corruption ; ensuite, seule une justice bien rendue au nom du peuple malien peut redonner confiance au pouvoir d’IBK (étant réélu, le Président IBK n’a pas besoin d’un troisième mandat) ; et enfin, le Mali, doit tout mettre en œuvre pour renforcer sa gouvernance, en terme de démocratie et de bonne gestion. Cet objectif peut-il être atteint sans une bonne justice ? Le juge Kassogué n’a donc qu’une armée d’alliés qui rament tous dans la même direction. Et il avait bien raison de préciser qu’il a la bénédiction du ministre et des hautes autorités. Car sans volonté politique que valent les institutions ?

B. Daou

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