21è anniversaire de l’AEEM / Sous le signe de la maturité syndicale

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27 octobre 1990-27 octobre 2011. L’Association des Elèves et Etudiants du Mali (AEEM) a vingt et un ans. Pour commémorer cet anniversaire, les leaders actuels de l’association ont organisé une série d’activités sous le thème « de la maturité syndicale » à la Maison de l’étudiant (Korofina Nord) le mercredi dernier: conférence débats sur l’association, matches de football entre nouveaux et anciens dirigeants de l’Aeem, etc. Cet anniversaire intervient aussi au moment où l’Université de Bamako (UB) est fermée et la dissolution de l’Aeem demandée par certains, car ne servant à rien. Pour avoir le cœur net sur ces difficultés auxquelles l’UB est confrontée et les critiques auxquelles fait face l’Aeem sur sa suppression, nous avons fait réagir d’une part, le secrétaire général de la coordination de l’Aeem, Hamadoun Traoré, et d’autre part, des anciens dirigeants de l’Aeem et d’autres invités de marque venus assister à la fête.

Quatre questions au secrétaire général de la coordination de l’Aeem, Hamadoun Traoré

Le Républicain: L’Aeem fête ses 21 ans ce mercredi 27 octobre 2011. Au même moment, l’Université de Bamako est fermée pour cause de grèves, d’insalubrité, de chevauchement des années, de la violence en son sein, etc. Est-ce que cela n’est pas un échec des étudiants?

Hamadoun Traoré: Je dirai que l’UB ne courait pas de problème. S’il y a eu des problèmes, ce ne sont pas ces problèmes qui sont à la base de la fermeture. Il faut reconnaître qu’il y avait des années qui se chevauchaient. Le moment où certains finissaient leur année, d’autres commençaient; le moment où certains étaient en examens, d’autres finissaient leurs examens. Donc, les autorités (le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et le rectorat) ont vu que ce n’était pas une bonne chose. Elles ont souhaité reprendre, c’est-à-dire, faire en sorte que les rentrées, les fermetures, les examens soient uniformisés. Ce qui a fait qu’elles ont été fermées. D’ailleurs, ce n’est pas toutes les facultés et grandes écoles qui sont fermées. Par exemple l’IPR de Katibougou n’est pas fermée. Donc, nous pouvons dire que l’Université ou l’Aeem en tant que telle, n’est pas à la base de la fermeture. L’Aeem, malgré tous les problèmes, a su jouer son rôle. Il faut reconnaître quand même que si on a perdu le temps, ce n’est pas dû aux sorties de l’Aeem. Même s’il y a eu des problèmes au sein de l’Aeem, c’est entre les membres de l’Aeem. Dans chaque organisation, association, regroupement, il y a des moments où il y aura vraiment des problèmes entre les membres : problème de leadership et de compréhension. Les autorités ont estimé qu’il fallait un nouveau départ. Et pendant le temps de fermeture, elles vont construire ou réhabiliter certains amphis, ce qui est d’ailleurs en cours.

Il y a une situation qui intrigue certains étudiants : certains auront leur année validée tandis que d’autres reprendront tout à zéro. Quelle est la position de l’Aeem par rapport à cette situation ?

Oui, ça intrique les étudiants. L’année sera validée pour les facultés qui ont fini leurs examens (IUG par exemple). Ce sont les aléas de la vie que de vivre cette situation.

Je voudrai que ceux qui n’ont pas eu leur année validée commencent déjà à penser qu’à partir de la rentrée prochaine que les études seront effectives. Et qu’il n’y aura plus de perturbations, d’années inachevées et tronquées. D’ailleurs, l’année prochaine sera même un exemple où ce serait même l’expérience pour chacun d’entre nous de voir si on peut faire une année sabbatique au cours de laquelle les études seulement seront au centre de nos préoccupations. Et au cours de la laquelle nous essayerons de faire tout pour pouvoir faire l’essentiel. L’essentiel, c’est l’école.

Pensez vous que depuis la fermeture des facultés vos préoccupations sont prises en compte par les autorités universitaires pour qu’à la rentrée prochaine, il n’y ait pas de retour à la case de départ : grèves, violences au sein de l’espace universitaire ?

Nous voulons que nos camarades soient dans les meilleures conditions d’études et de vie à l’Université et à travers les écoles fondamentales, secondaires, professionnelles et techniques. Il faut reconnaitre quand même que les 8% des étudiants qui vivaient aux Campus, auront la chance au retour de trouver les Campus en bon état. Je pense que c’est une de nos préoccupations qui a été résolue. Le manque de salles de classes est aussi un de nos problèmes. Nous pensons aussi que dans six ou sept mois, nous aurons la chance d’avoir les Campus Universitaires de Kabala avec 4000 places. En partie, ce serait les préoccupations de l’Aeem qui seront résolues. Et le plus important dont les étudiants ont tout le temps besoin, ce sont les bourses et les trousseaux. Nous savons qu’avec la bancarisation, le Cenou est en train de prendre toutes les dispositions pour qu’après la rentrée 2011-2012 on ne fasse pas un mois en classe sans qu’on ait nos trousseaux. Dès que nous arriverons à faire tout cela, l’Aeem ne fera qu’encourager ses militants à étudier pour qu’on puisse avoir un Mali de demain meilleur qui ne peut pas se faire sans les élèves et étudiants d’aujourd’hui. Parce que ce sont eux les adultes, les cadres qui doivent faire le Mali de demain.

Un moment, il y a un universitaire malien qui a demandé la dissolution de l’AEEM. Quelle est votre point de vue ?

L’Aeem est une association d’utilité publique, c’est un syndicat des élèves et étudiants. Si c’est possible de supprimer ou dissoudre l’UNTM ou tous les syndicats d’enseignants, de travailleurs, la dissolution de l’Aeem serait possible. Si on peut dissoudre toutes les associations, c’est possible que l’Aeem soit dissoute. Si on peut faire en sorte qu’il n y ait plus démocratie au Mali, l’Aeem sera dissoute. 

Hadama B. Fofana

 

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