Éducation : Les PARTIS Proposent

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Les délégués de cinq formations politiques ont, dans un forum, expliqué ce qu”ils feraient dans ce domaine crucial.

Dans notre pays, les partis politiques n”ont pas souvent l”occasion (ou ne manifestent pas le besoin) de se retrouver pour confronter leurs idées sur un sujet précis. Il faut donc saluer l”initiative du Programme de partenariat pour le renforcement des partis politiques (PPRPP) et du National democratic institut, qui ont regroupé des formations politiques pour confronter leurs idées sur le thème crucial de l”éducation. Cette première rencontre réunissait les représentants de cinq partis : l”ADEMA, la CDS, le CNID, le RPM et l”URD.

Les débats ont été introduits par les représentants des deux organismes initiateurs du forum, Augustin Cissé, le coordinateur du PPRPP, et Mme Sophia Moestrup, administratrice des programmes francophones en Afrique centrale et occidentale au NDI. Chaque parti avait droit à un temps de parole de 10 minutes au cours desquelles il devait présenter ses propositions sur le thème "quelle éducation pour le Mali du 21è siècle".

Le forum, premier du genre, fut également l”occasion de définir les règles qui encadreront toutes les rencontres à venir. Par exemple, l”interdiction pour les militants de porter des habits et d”arborer des banderoles à l”effigie de leur parti ou pour les délégués des partis de tenir des propos provocateurs. Il apparaît, en effet, nécessaire de "favoriser le respect mutuel entre participants, la sérénité des débats et de donner à tous les partis politiques les chances égales de succès au cours de chaque forum".

Tous les partis s’accordent sur le fait que l’éducation est un facteur essentiel du développement, donc un secteur dont il faut augmenter le budget. Ils ont une position commune sur la nécessité d”augmenter le taux de scolarisation, de construire davantage d”infrastructures et de doter les structures de formation en matériel adéquat. Ils prônent tous une meilleure formation des professeurs et l”amélioration de leurs conditions de vie.

Ceci posé, chaque délégué a présenté les propositions spécifiques de son parti. Ainsi, l’ADEMA qui allouerait 40% du budget d”État à l’éducation, préconise d”instaurer l’école fondamentale obligatoire jusqu’en 9è et de mieux orienter les élèves du secondaire. 70% de ces élèves seraient ainsi dirigés vers des écoles de formation professionnelle et technique offrant des opportunités d”emploi plus sûres.

La CDS qui envisage l’homme comme principal acteur du développement, souhaite, entres autres, appuyer la décentralisation de l’école, améliorer la qualité de l’enseignement, et redéfinir le rôle de l’enseignement privé. Le parti du "Mogotigiya" entend mettre l”accent sur le mérite des élèves qui seraient encouragés à travers, par exemple, la création de pôles d’excellence dans tous les ordres d’enseignement.

Le CNID favoriserait les démunis en distribuant gratuitement, par exemple, des manuels scolaires aux plus pauvres. Ce parti soutient le développement des langues nationales dans l’éducation et préconise d”enseigner davantage l’art, la culture, le civisme. Il est favorable au sport ainsi qu”à l’utilisation des TIC à l’école. Le "parti du soleil levant" insiste sur la passerelle à instaurer entre l’école et l”entreprise et sur le développement d”une formation professionnelle répondant directement aux besoins des entreprises et des jeunes.

"Une meilleure orientation axée sur le dialogue avec le secteur privé pour connaître la demande" est prônée par le RPM qui veut un pays adapté à la mondialisation, qui oeuvrerait pour l”équité entre hommes et femmes en favorisant la scolarisation des filles. D”autres propositions du RPM sont relatives à la réorganisation des écoles privées et communautaires et à l’augmentation du budget alloué à la recherche dans le supérieur.

L’URD quant à elle propose la création d’une direction nationale de la prospective pour adapter la formation à la demande du marché de l”emploi et l”octroi de crédits aux étudiants qui rembourseraient en travaillant après leurs études. Une innovation qui nécessiterait un accompagnement des banques. Le transfert réel des ressources de l”éducation aux collectivités locales, des mesures incitatives pour la scolarisation des filles, l’instauration de cantines gratuites sont d’autres idées avancées par l”URD. Ces propositions sont complétées par la création d’espaces de concertation entre acteurs du système pédagogique, élèves et parents, le développement de l’informatique et des méthodes de formation rapides, ainsi que la reconnaissance du mérite.

Hélène JEANMOUGIN

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