Rencontre entre le MESRS et l’AEEM sur la fermeture de l’université de Bamako : « Le vin est déjà tiré, nous allons boire ensemble », déclare le ministre.

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Si le gouvernement est le premier responsable vis-à-vis des gouvernés, celui-ci doit avoir des bonnes mesures politiques pour garantir un avenir meilleur à sa population. Pour celles du département de l’enseignent supérieur, les mesures sont souvent perçues sur des scènes d’opposition comme inopinées, mais elles feront toujours pour l’intérêt public.

Le samedi dernier la salle de réunion du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique a abrité une rencontre bilatérale le ministère du même nom et les membres du bureau de coordination de l’AEEM ainsi que les responsables de l’enseignement supérieur. L’objectif était de se concerter sur les mesures politiques sur la fermeture des structures universitaires. Cette rencontre se portait sur trois points essentiels qui ont été exposés par le ministre chargé du département, madame Siby Ginette Bellegarde.

Le premier comportait la fermeture des dortoirs. Cette fermeture demeure encore  difficile, alors que ces  dortoirs constituent un danger pour les étudiants. Il ne s’agit pas de dire aux étudiants de quitter les internats, mais parce qu’ils ne sont pas en bon état, mais d’améliorer les conditions de vie sur le campus. Et pour ce faire il faudrait d’abord déloger les occupants avant la date du 30 juillet de cette année.

Le second point pénétrait dans le cadre de la fermeture des facultés et grandes écoles pour les congés d’août – septembre. Si l’on se réfère à l’état d’évolution des cours, nous-nous rendons compte que seuls l’IUG, la FSJP et l’ISFRA ont atteint 60 à 80%. Et les autres sont en énorme retard qui ne leur  permet surtout pas de valider l’année universitaire en cours. A cela s’ajoute la situation actuelle de l’université qui ne laisse personne indifférente car tout le monde en est conscient de la mauvaise qualité du système, du manque de compétence de nos cadres formés, de l’insécurité et l’insalubrité des blocs pédagogiques et sociaux. Il s’agit d’organiser de sorte que tout le monde commence les cours ensemble et termine ensemble, de finaliser avec les questions de bancarisation et tout autre mesure permettant d’avoir une université à la hauteur des attentes. Tout comme le premier point, c’est la date du 30 juillet qui est fixée pour les arrêts. Il faut reconnaître que ces décisions font parties des recommandations du forum national sur l’éducation tenu en octobre 2008 qui représente la voix du peuple malien sur l’éducation.

Le dernier aspect se portait sur la scission de l’université de Bamako. Pour donner quatre fois plus de chance à gérer, le gouvernement a décidé de créer quatre équipes rectorales c’est à-dire au lieu d’un seul qui passe les 85% de ses heures à gérer les crises. L’occasion sera donnée à d’autres compétences pour mieux gérer la situation. Il ne s’agit pas de la création des nouvelles universités mais réorganiser autrement celle que nous avons déjà. Au lieu de plus 81 mille étudiants plus les bacheliers pour la seule UB, chaque université sera composée d’un nombre convenable d’étudiants à gérer, dans ce cas il sera mieux agréable que celle que nous avons aujourd’hui.

Pour monsieur Hamadoun Traoré le secrétaire général de l’AEEM « les inquiétudes sont graves ». Dans ses interventions, il n’a pas manqué de souligner que l’AEEM n’a pas été associée pour la prise de décision et qu’il ne « pense pas que ce soit le moment ». Il s’est aussi exprimé sur l’état actuel de l’UB actuel où d’autres ont même déjà évalué. La situation des bourses et trousseaux constitue également ses préoccupations.

Dans les réponses madame Siby Ginette Bellegarde a garantie le paiement des bourses, trousseaux et réquisitions pour chaque étudiant qui réponde aux critères pour cette année, mais aussi pour l’année prochaine. Elle rassure également qu’il n’y aura pas d’obstacle de valider les évaluations déjà effectuées en référence à la FSJP. Le Recteur de l’université de Bamako Pr Salif Berthé a fait part de la remarque du conseil des professeurs de la FLASH avant d’estimer que l’année ne sera aucunement validée.

Malgré les oppositions d’une part et les stratégies de se faire écouter d’autre part, la rencontre a été terminée sans incident. Et le ministre s’est exprimé en ses termes que : « Le vin est déjà tiré, nous allons boire ensemble ».C’est sur cette mise au point que les parties se sont quittées avec une pose déjeuner à l’appui.

MAMOUTOU TANGARA

 

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