Fait divers : COUP DE FOLIE MEURTRIER

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    Suite à une banale dispute avec son frère aîné, Mahamadou Kouyaté l”a tué en lui fracassant le crâne.
    Les enquêteurs du 6è arrondissement de police de Korofina-Nord et la famille Kouyaté à Nafadji se posent la même question. Quelle folie meurtrier a pris Mahamadou Kouyaté, auteur de l”assassinat de son frère aîné de lait dans la nuit du 29 au 30 décembre dernier ?

    L”histoire a commencé dans la journée du 29 décembre pendant que les Maliens se préparaient à fêter l”Aïd El Kébir, la "fête du mouton". Mahamadou Kouyaté, enseignant de son Etat, vivait dans la même concession que son aîné frère, Bakary Kouyaté. Ce jour-là, il s”était levé un peu tardivement. Après s”être lavé et avalé quelques gorgées de bouillie, l”enseignant entreprit de sortir son engin à deux roues du magasin contigu à l”appartement occupé par son grand frère. Au cours de la manœuvre, la moto cogna Bakary qui était en pleine conversation avec une femme vivant dans la concession.

    TRES EN COLERE

    Le contact de l”engin a provoqué l”ire du frère aîné qui a estimé que son jeune frère lui a manqué d”égard. Une vive altercation éclatera entre les deux hommes. L”échange de propos peu amènes se termina lorsque l”enseignant, très en colère, décida de tourner le dos et de vaquer à ses affaires. Avant de partir, il lança à son frère aîné qu”à son retour, il faudra tirer tout cela au clair. Et il ajouta : "Sois prêt. Ce soir, nous allons tirer au clair tout ce qui nous oppose". L”autre frère répondit par une injure peu grave "maa langolo" (vaurien en bambara).

    Dans la famille, tout le monde savait qu”une entente parfaite ne régnait pas entre les deux frères. Mais personne n”a pris au sérieux la menace de l”enseignant. La vie continua son cours normal. Comme d”habitude au déjeuner, les épouses des deux frères partagèrent le même plat. Dans l”après-midi, elles lavèrent la vaisselle ensemble. Mêmes les enfants qui ont l”habitude de ces altercations entre leurs parents ont ignoré l”incident. Tout le monde attendait le retour à un climat familial apaisé comme par le passé. Mais c”était sans compter avec la haine qui a toujours rongé l”enseignant à l”égard de son parent. Ce sentiment de répulsion découlait du fait que le lien du sang, l”esprit de solidarité familiale l”obligeaient à entretenir et sa famille et celle de son frère aîné.

    Vers 18 heures, Mahamadou Kouyaté revint à la maison. Il fit entrer sa moto comme à l”accoutumée dans le magasin et s”engouffra dans sa chambre à coucher. Cette nuit là, il n”a pas partagé le plat avec son frère. Quand les enfants l”invitèrent à venir dîner, il répondit qu”il n”avait pas faim. Bakary, ses enfants et ses neveux mangèrent sans Mahamadou. A la fin du repas, le frère aîné regagna sa chambre. Il faisait très frais et personne ne voulait mettre le nez dehors. Les femmes s”étaient rassemblées dans le salon de l”épouse de Mahamadou et causaient de tout et de rien. Les écoliers apprenaient dans leurs leçons dans leurs chambres. Les adolescents plus âgés avaient rejoint leurs "grins".

    UN GROS BÂTON : Mahamadou Kouyaté s”arma d”un gros bâton sans éveiller le soupçon des femmes et des enfants. Il se glissa ensuite dans la chambre de Bakary. Avec son bâton, il lui fracassa le crâne, son bras gauche et sa jambe droite. Le frère aîné n”eut que le temps de gémir. Ses gémissement attirèrent l”attention des femmes qui accoururent dans la chambre. Elles découvrirent Bakary gisant dans une mare de sang et alertèrent à grands cris les voisins. Les hommes accoururent et mirent le blessé dans un taxi pour l”évacuer à l”hôpital. Il décédera quelques instants après son admission au service des urgences de l”hôpital Gabriel Touré.

    Son forfait accompli, le vindicatif Mahamadou était retourné se coucher dans sa chambre aussi tranquillement qu”un gros caillou dans le lit du fleuve. Il ne se leva que lorsque ceux qui avaient accompagné le blessé revinrent lui annoncer la mort de son frère. Nullement affecté par la triste nouvelle, il souhaita que l”affaire soit gérée au niveau de la famille. Les proches parents acceptèrent sa proposition. Ils se rendirent à l”hôpital le lendemain pour enlever le corps. Les responsables du CHU Gabriel Touré refusèrent la proposition de règlement à l”amiable et exigèrent une réquisition à docteur émise par une autorité compétente (police ou gendarmerie).

    Les oncles de la victime et de l”auteur du meurtre se présentèrent au 6è arrondissement. Ils demandèrent le document en se gardant d”expliquer les circonstances de la mort de Bakary. C”était sans compter avec les hommes du commissaire Baka Sissoko. Le chef P.J., l”inspecteur Seydou Coulibaly sur instruction de son commissaire, exigea une explication claire des circonstances de la mort de Bakary. Lorsqu”il reçut la vraie version sur les causes du décès, il ordonna de conduire le meurtrier au commissariat. Les oncles tentèrent de "négocier". La police campa sur ses positions et menaça d”établir contre eux un dossier pour tentative de corruption d”agents dans l”exercice de leurs fonctions. Enfin de compte, ils conduisirent le meurtrier à la police. Il reconnut rapidement être l”auteur de l”assassinat de son frère.

    Il est aujourd”hui entre les mains de la justice au tribunal de première instance de la Commune I. Comme Caïn, ses jours et ses nuits seront désormais meublés de remords et de chagrin.

    G. A. DICKO

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