Koro (1) : L''appel qu''il ne fallait pas passer

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    Elle avait fui son pays après un gros coup mais de sa planque, elle n”a pu s”empêcher d”utiliser le téléphone. Sa piste s”est ainsi réchauffée.

    La caissière de l”université de Ouagadougou, Assita Traoré née Diarra, a extrait des coffres de l”institution la somme de 30 millions de Fcfa. Après son forfait, elle a fui le Burkina Faso pour se retrouver à Koro dans la région de Mopti. Cette ville est proche de la frontière du Burkina Faso.

    Aide-comptable au rectorat de l”université de Ouagadougou, Assita Traoré née Diarra était chargée de la perception des frais d”inscription des étudiants et stagiaires. Ayant un goût prononcé pour le luxe et une vie de princesse, notre dame ne savait comment parvenir à tenir son train de vie. Ses moyens étaient limités et le coût de la vie devenait chaque jour plus chère au "pays des hommes intègres". Refusant de voir la réalité en face, l”aide-comptable de l”université décida un jour de franchir le pas vers l”illégalité.

    Décidée à fermer les yeux sur les moyens à utiliser pour s”offrir tout ce qu”elle désirait, elle ponctionna dans sa caisse la coquette somme de 30 millions Fcfa. Avec l”aide d”une amie, une de nos compatriotes, la caissière parvint à quitter son pays et à entrer sur le territoire malien. Son hôtesse qui se trouve à Koro, lui conseilla de se tenir tranquille en attendant que la tempête des recherches et des investigations, se calme. Elle était, en effet, activement recherchée par des agents lâchés à ses trousses par les autorités du Burkina-Faso.

    Assita Traoré se terra donc chez sa complice en attendant que les vagues soulevées par son coup audacieux, retombent. Chaque fois qu”elle voulait donner signe de vie à ses proches, son amie malienne l”en dissuadait. Elle la pressait de se montrer patiente. Un certain matin de ce mois de mars, Assita a outrepassé ces consignes, persuadée d”être sortie du collimateur des autorités burkinabé. La délinquante croyait avoir définitivement échappé aux poursuites. Elle utilisa le téléphone portable de son amie pour appeler un proche dans son pays. Les services de répression de la délinquance financière du Burkina Faso ont intercepté l”appel. Ils ont informé les autorités de notre pays de la présence sur notre sol d”une délinquante qui s”était enfuie après avoir siphonné des deniers publics.

    Le service Interpol de notre pays est entré en action. Les hommes du commissaire Sidi Haïdara, le chef du bureau central national de Interpol, ont bien exploité les données transmises par leurs collègues burkinabé. Les investigations leur permirent de découvrir que l”appel téléphonique de la voleuse avait été émis de Koro et à partir d”une puce désormais connue. La gendarmerie a alors été associée à l”enquête. La logeuse de Assita Traoré fut rapidement identifiée. Il ne restait plus qu”à mettre la main sur l”indélicate caissière. Elle a été arrêtée le même jour que sa logeuse.

    Conduite à la brigade territoriale de Koro, Assita Traoré a vite reconnu les faits. Elle a avoué au moment de son arrestation qu”elle ne possédait plus que 15 millions planqués dans une banque de Ouagadougou. Âgée de 41 ans, Assita est mariée et mère de 4 enfants. Depuis sa mise en examen au début du mois, elle ne cesse de prier les autorités maliennes de ne pas l”extrader vers son pays.

    Sera-t-elle entendue ? Difficile de répondre. Mais il est certain que les autorités du Faso feront tout pour que la voleuse réponde de son crime devant la justice de son pays.

    S. A. N”DJIM
    AMAP-Koro
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    Koro (2) : UNE ODEUR DE TRAFIC D”ENFANTS

    Douze talibés nigériens et leur maître coranique ont été interceptés par la gendarmerie de Koro et remis le 20 mars dernier à la direction régionale de la promotion de la femme, de l”enfant et de la famille de Mopti aux fins de rapatriement.
    Dans la journée du 19 mars dernier, la brigade de gendarmerie de Koro a interpellé Amadou Allaye, un marabout nigérien qui était accompagné de 12 talibés dont l”âge varie entre 9 et 20 ans. Les investigations de la gendarmerie ont révélé que ce marabout a effectué au cours des sept dernières années quatre voyages hors de notre pays. Au retour de deux séjours à l”extérieur, il était accompagné de quatre talibés. Ces enfants, selon lui, seraient retournés chez leurs parents après avoir terminé d”apprendre par cœur la Sainte parole de Dieu contenue dans le Coran.

    Amadou Allaye est lui-même étudiant auprès du grand marabout Amadou Bolly, de nationalité burkinabé installé à Bankass. Ce religieux se fait passer pour un Malien. En réalité il possède une fausse carte d”identité nationale. La gendarmerie estime que Bankass pourrait être au coeur d”un dispositif de trafic d”enfants nigériens, burkinabé et maliens en direction de la Côte d”Ivoire.

    La frontière Mali-Burkina en 5è Région est régulièrement traversée par des cortèges de talibés. Ils doivent travailler, nourrir et souvent enrichir des pseudo-détenteurs d”un savoir coranique.

    Les lecteurs de cette rubrique se rappellent qu”en 2001, dans une série d”articles titrés "Les esclaves de Ting" l”Essor rapportait l”histoire d”un certain Zoulouk Fil. Cet homme se faisait passer pour un démiurge alors qu”il n”était en réalité qu”un trafiquant d”enfants vers les plaines rizicoles de l”Office du Niger.

    S. A. N”DJIM
    AMAP-Koro

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