Egalité homme-femme en politique : Les avantages d’un parlement respectueux du genre au cœur des échanges

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Promouvoir le genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives et une forte volonté politique de prendre les Objectifs du Développement Durable à bras le corps

« La participation des femmes au parlement : état des lieux, enjeux et défis ; mesures difficultés et bonnes pratiques ailleurs dans le monde » ; tels sont entre autres, les thématiques abordées au cours d’un atelier de deux jours qui s’est déroulé le 27 et 28 février dernier dans la salle Aoua Keita de l’Assemblée nationale.

Une initiative de l’Assemblée nationale, en collaboration avec l’Union interparlementaire (UIP), en faveur d’une centaine de participants composés de parlementaires, de journalistes et de membres d’organisations féminines visant à les sensibiliser sur l’importance, et les avantages de l’égalité entre homme et femme  dans la politique.

Dans son mot d’ouverture de la rencontre, le président de l’Assemblée Nationale, l’honorable Issiaka Sidibé s’est réjoui de la tenue de la rencontre dans la salle qui porte le nom de la première femme député du Mali. Il a ensuite rappelé que la place de la femme ne doit en aucun cas être marginale au sein d’un parlement.  Car, « il ne pourrait donc y avoir de vraie démocratie sans l’implication pleine et effective des femmes qui constituent…plus de la moitié de notre population » a-t-il souligné.

Selon le président de l’Assemblée national, le rôle de femme en politique, notamment au sein du parlement doit être apprécié à sa juste valeur. « Il ne doit en aucun cas être marginal » dira-t-il. Pour Issiaka Sidibé, cette vérité convient mieux à la femme malienne, qui selon lui « est obligée » d’être une actrice de la scène politique, car connaissant mieux que quiconque les vrais problèmes de notre société.

Pourtant, au Mali, leur représentation à l’Assemblée nationale est marginale, depuis la législative de la République soudanaise avec deux femmes députés. Une situation qui n’a pas évolué 30 ans, au moment de la mise en place de la première législature de la 3eme République en 1992. Aujourd’hui encore, dira l’honorable Sidibé, la donne n’a pas changé. « Sur 147 députés qui siègent à l’hémicycle, seulement 14 sont des femmes. Situation sur la normalité de laquelle s’interroge Issiaka Sidibé. C’est pourquoi, il a rappelé l’urgence de l’émergence de plus en plus de femmes sur la scène politique parlementaire. A en croire l’honorable Diakité, ce challenge  peut être relevé, à travers notamment, l’identification des goulots qui empêchent les femmes d’accéder au parlement et d’y trouver les solutions idoines et les appliquer. Toute chose qui passe forcement par la volonté politique de passer de la théorie à la pratique comme stipulée dans la Loi fondamentale du Mali.

Il a par ailleurs indiqué qu’en la matière, l’Assemblée nationale a été pionnière, et le restera. Avant de terminer en rappelant « nous ne pouvons nullement nous dérober lorsqu’il s’agit de prendre des initiatives, à l’échelle nationale pour atteindre les 169 cibles liées aux ODD ».

De son coté, la représentante de l’IUP, Brigitte Filion, a d’abord rappelé que légalité est loin d’être atteinte quant on se réfère sur les chiffres. « Moins d’un parlementaire sur quatre dans le monde est aujourd’hui une femme, soit moins de 24,2% ».

La représentante de l’UIP se fonde sur deux baromètres pour espérer. Le premier est lié au fait que 4 chambres parlementaires dans le monde ont atteint les 50% ou plus de leur parlement. Il s’agit des Chambres basses du Rwanda, de Cuba, de la Bolivie et la Chambre haute d’Antiguai-et Barbuda. Plus du quart du parlementaire ont moins de 30%. La seconde est liée aux études qui prouvent que la politique qui marche le mieux est lorsqu’on cherche à atteindre l égalité en politique.

Malgré ce chiffre, Brigitte  s’est dite optimiste pour le Mali. « Le Mali dispose des atouts indéniables pour la réussite de cette entreprise. La loi de 2015 instituant des mesures pour promouvoir le genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives et une forte volonté politique de prendre les Objectifs du Développement Durable (ODD) à bras le corps.  Cet engagement se fonde sur un lien très fort  avec les questions de genre » a-t-indiqué. Avant de rappeler « il est clair que la participation active des femmes, à tous les niveaux et dans tous les secteurs, a un rôle essentiel à jouer pour l’atteinte de tous les ODD ».

Mohamed Naman Keita

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